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FB/ Life after Hell

Sujet: FB/ Life after Hell   Sam 19 Sep - 23:42
Rachel Parker
Admin - Londres
Rachel Parker
Messages : 112 Points : 120 Date de naissance : 05/10/1982 Age : 38 Localisation : Londres Métier : chirurgien pédiatrique et chef de service
Statut : enfin divorcée, et enfin officiellement en couple avec l'amour de ma vie


Life after Hell
Rachel & Frank

Fin décembre 2018 - Caserne-appartement de Frank Turner

Cette soirée avait été riche en émotions, et pas de belles, malheureusement. Rachel était désormais dans une détresse palpable, mais voir celle de Frank dans les yeux azurs de l’ancien flic était bien plus douloureux encore. Il avait laissé parler son instinct dans un moment dramatique, sans doute fou d’inquiétude. La pédiatre ne pouvait jurer qu’à sa place elle n’aurait pas fait pareil. Avec des « si », on referait le monde. Elle réalisa alors soudain que si son bien-aimé avait pu, fort heureusement, épargner l’ordure qui lui avait fait tant de mal, cela voulait dire qu’il était lui aussi en convalescence à l’hôpital. Le Dr Davis avait vu suffisamment de cas arriver aux urgences pour savoir que les secours ne prenaient pas la peine d’envoyer dans deux établissements hospitaliers différents victime et agresseur. Prise d’une panique incontrôlable, l’américaine était incapable de garder son sang-froid et voulait absolument quitter les lieux au plus vite. C’était sans compter sur Frank et une équipe médicale bien décidés à lui faire entendre raison, de gré ou de force. Tout se passa tellement vite, et même si elle fut choquer d’entendre l’homme de sa vie lui crier dessus, elle n’eut guère le temps de réagir outre mesure que l’injection de l’infirmière la mit KO.

Les heures qui suivirent furent à l’image des jours suivants. Rachel refusait de parler de ce qui s’était passé, malgré les relances des policiers. Tout ce qu’elle voulait, c’était quitter l’hôpital. Personne ne parvenait à lui faire entendre raison sur quoi que ce soit. Elle ne se sentait pas en sécurité dans cet endroit qui, pourtant à une époque, avait été le seul où elle voulait être. A présent de l’autre côté de la barrière, les choses avaient changé et elle n’aspirait qu’à une seule chose, une seule idée, aller là où personne ne viendrait l’emmerder à lui parler de ce qu’elle ne voulait pas évoquer, et surtout pas ces foutus flics ou Maxwell. Ce dernier avait d’ailleurs tenté d’éloigner Frank, puisque l’ancien flic nouvellement homme d’affaires s’était montré assez peu discret et avait donc, involontairement, fait remonter la nouvelle de son retour au riche entrepreneur. Rachel était parvenue à faire partir la soi-disant sécurité devant sa porte. Si elle détestait être une victime, elle détestait encore plus que tout le monde connaisse sa vie en détail, mais avec tout ça, il semblait évident que le personnel de l’hôpital se doutait désormais de quelque chose. La chirurgienne n’avait qu’une hâte, foutre le camp. Dans cette chambre d’hôpital, avec les allées et venues incessantes du personnel qui en plus la connaissait de près ou de loin, la pédiatre avait l’impression de vivre un nouvel Enfer. Elle avait même songé à démissionner, mais elle avait finalement décidé de se donner le temps de la réflexion.

Le jour tant attendu était arrivé, le médecin en charge de son dossier lui avait dit, après une énième demande, qu’elle pouvait partir quand bon lui semblait. Ni une ni deux, Rachel s’empressa de prévenir Frank, lui demandant s’il était toujours d’accord de l’avoir chez lui. De son point de vue, la pédiatre restait persuadée qu’elle n’attirait que des ennuis à celui quelle aimait et était même prête à s’éloigner de lui si ça pouvait lui assurer une meilleure qualité de vie. La sienne, quant à elle, n’avait plus la moindre importance pour elle. Elle se sentait comme une coquille vide et n’avait plus guère d’aspiration autre qu’être tranquille. Elle avait même honte d’imposer sa présence à Frank, elle avait l’impression de profiter de sa gentillesse et en culpabilisait, mais se gardait bien de dire quoi que ce soit, de peur de voir éclater une dispute.

Après un trajet silencieux et qui parut plus long qu’il ne l’était vraiment, les deux amoureux arrivèrent à la caserne. Rachel avait l’impression que la vie défilait en accéléré et qu’elle-même était au ralenti. Etait-ce encore l’effet des médicaments ? La brunette n’avait pas vraiment la force de se poser la question. Elle se tenait là, debout dans le salon, sans vraiment se rappeler être arrivée jusque là, le regard perdu dans le vide. Les contusions sur son visage s’étaient un peu estompées, mais il restait quelques bleus. La chirurgienne ne se sentait plus à sa place ici, ni nulle part d’ailleurs. Cet appartement, elle avait l’impression de ne l’avoir plus vu depuis une éternité. Cela ne faisait que quelques jours pourtant. Toujours emmitouflée dans son épais manteau, l’américaine finit par s’asseoir sur le canapé.


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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Ven 30 Oct - 0:30
Frank Turner
Admin - Londres
Frank Turner
Messages : 118 Points : 102 Localisation : Hammersmith, une ancienne caserne de pompier Métier : Flic, à la tête de l'USM (Unité Spéciale des Mineurs)une unité de la police œuvrant pour la protection des mineurs
Statut : Père d'un petit garçon de 9 ans. En couple avec Rachel Parker


Lifeafter hell

Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça



Un jour de plus, non pas au paradis, mais en enfer. Ce matin, il avait quitté la caserne. La nuit fut courte, comme les précédentes. « Trois ou quatre heures de sommeil suffisent ! » se disait-il sans cesse pour s'en convaincre. Pour dire vrai, depuis ce fameux 31 décembre, Frank ne parvenait pas à trouver le sommeil. Toujours aux aguets, il gardait son portable à portée de main. De vieux réflexes en somme ! Il se leva donc le matin, quitta la caserne pour échapper aux douloureux silences. Bowie n'était plus là, Dylan non plus. Et les autres ? Quels autres ? Frank pensait égoïstement être le seul à souffrir et s'interdisait d'amener les autres avec lui, dans cet insipide cercle non-vertueux de souffrance.

Il donnait quelques nouvelles à Dylan, cherchait les bons mots, pour lui faire savoir à quel point il s'en sortait et qu'il gérait comme toujours. Dylan n'avait pas à subir tout ça. Là, il n'était plus question de fierté mal placée pour Frank, mais bel et bien d'inquiétude. Si la franchise avait trahi ses mots, nul doute que le jeune Turner se serait ramené aussitôt pour voler au secours de son frère. Cependant, avait-il besoin d'être secouru ? La victime dans tout ça, ce n'était pas lui, mais bien Rachel. Lui était coupable, coupable d'impuissance et en juge partial qu'il était, il avait décidé de s'infliger une grosse peine, histoire de se rappeler tous les jours ce qu'il n'avait pas fait.

Le matin, il quittait donc la caserne. Il marchait encore et encore sans savoir où allait. Il s'était même acheté un potomètre, histoire de quantifier sa peine. Au début, il tournait à cinq kilomètres, puis à dix, puis quinze pour enfin attendre le seuil des vingt-cinq kilomètres par jour. Mais ça n'était pas assez, il lui en fallait encore plus. Il avait donc opté à nouveau pour la salle de sport. Jour après jour, il y passait le plus clair de son temps. Une à une, il squattait chaque machine et toujours dans l'excès, il ne se ménageait pas. Se vider la tête était sa priorité, mais jamais il ne parvenait à atteindre son but sans cesse obsédé par Rachel et ce désespoir qu'il ne pouvait contrer.

À plusieurs reprises, il s'était rendu à l'hôpital. Ici, on le connaissait comme le loup blanc, mais les regards divergeaient en fonction des personnes. Certaines se montraient conciliantes et tentaient un petit sourire, là où d'autres l'observaient comme l'on observe un indésirable et changeaient de couloir. Ces mêmes couloirs que Frank devait prendre en toute discrétion pour se rendre jusqu'à la chambre de Rachel. Ô, diable l'ordonnance restrictive. S'il devait avoir des ennuis, il les acceptait volontiers, mais si au préalable, il parvenait à voir Rachel, tout cela n'aurait pas été vain. Par chance, Rachel, qui avait encore assez d'audace pour faire entendre sa voix, était parvenue à faire renvoyer l'armoire à glace qui gardait jalousement sa porte. L'homme au service de Maxwell était grassement payé pour faire ce travail. Il faut dire que l'homme d'affaires se donnait les moyens pour tenir à distance son rival et continuait par sadisme à lui mettre des bâtons dans les roues.

Mais puisque de toute évidence, à défaut d'avoir des « si » notre histoire, est ostensiblement peuplée de « mais, malgré tout, les deux amants maudits ne purent se voir que très peu de temps. Une frustration supplémentaire pour Frank qui délaissa la salle de sport au profil de quelques cafés, puis des bars, puis des pubs. Que l'on se rassure, il ne buvait pas comme un trou, il se contentait d'abord d'un café, puis d'une bière et d'un verre de Whisky avec deux glaçons. Une habitude qui se répétait chaque jour, l'enfermant un peu plus dans un quotidien chargé en culpabilité et en impuissance.

Puis comme si une quelconque force divine avait entendu ses prières, Frank reçu enfin un message de Rachel. Elle allait sortir de l'enfer hospitalier et lui demandait si elle pouvait revenir à la caserne. La question ne se posait même pas. En un rien de temps et après avoir tout rangé, l'ancien flic retrouva le GOSH. Les papiers signés, il escorta la pédiatre jusqu'à la voiture, puis jusqu'à la caserne. Le trajet fut long, car silencieux. Ni l'un ni l'autre ne savait quoi dire, alors ni l'un ni l'autre ne s'embarrassa à faire la conversation. Frank récupéra toutefois les affaires de Rachel « - ... Je vais les monter à l'étage ! » laissa-t-il entendre presque timidement en quittant le grand salon pour rejoindre les escaliers. Que pouvait-il ajouter ? Il se sentait mal, mais bête, car avant, il n'avait aucun verrou, aucune hésitation, aucun malaise en compagnie de Rachel et maintenant, c'est à peine s'il osait croiser son regard. Il déposa le sac dans sa chambre et puisqu'il fallait y retourner, il y retourna, descendant prudemment les marches pour ne pas brusquer la jeune femme qui avait pris place sur le canapé.

« - Je vais faire du thé. Tu en veux ? » proposa-t-il en bon anglais qu'il n'était pas. Il prit donc la direction de la cuisine et commença à sortir tout ce qu'il fallait, l'eau, le sucre, les tasses, les sachets de thé, mais avant même de commencer la préparation, il quitta la cuisine pour rejoindre le salon, puis il s'assit avec précaution sur le canapé à côté de Rachel « - Je suis désolé Rachel, vraiment désolé ! » Avec douceur, il lui attrapa les mains. « - J'aurais dû être avec toi, à l'hôpital, là-bas ! J'aurais dû insister et te forcer à venir au cinéma avec nous. J'aurais dû... » Cependant, il ne pouvait continuer, il lui fallait une pause. « - J'aurai dû, mais je n'ai rien fait. Putain, je me sens tellement désarmé. Je suis censé protéger les autres et regarde, je n'ai même pas été foutu de protéger la femme que j'aime. »




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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Ven 30 Oct - 17:55
Rachel Parker
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Life after Hell
Rachel & Frank

Fin décembre 2018 - Caserne-appartement de Frank Turner

Enfin, ils étaient rentrés à la caserne. Enfin, Rachel pouvait se sentir chez elle, sans l’angoisse de devoir parler à des inconnus, ou pire, à des gens qu’elle connaissait. La seule personne que son esprit tolérait à ses côtés était Frank, et là-bas, dans sa chambre d’hôpital, c’était tout sauf rassurant.
Toujours silencieuse, la chirurgienne était entrée, suivant sagement le maître des lieux qui, galamment, portait ses affaires. Il était monté les déposer dans leur chambre et était revenu. Pour l’américaine, c’était comme si le temps s’était suspendu. Le regard perdu dans le vague, elle avait l’impression que tout tournait autour d’elle dans la pièce, sans qu’elle ne bouge. Elle finit par s’asseoir et Frank proposa du thé. Elle se contenta de hocher la tête, les yeux toujours perdu dans un vide incertain. Puis, l’homme de sa vie était revenu, plus rapidement qu’elle ne l’aurait cru. L’espace d’une seconde, elle se demanda si elle planait complètement pour que le temps passe soudain aussi vite. Il s’était assis auprès d’elle et lui avait pris les mains. Des mains qui tremblaient au moindre contact. Rachel n’osait pas le regarder mais elle sentit les larmes menacer de s’échapper de ses yeux en entendant le son de sa voix.

- Arrête, je t'en prie, commença-t-elle dans un murmure inaudible tant sa gorge était serrée.

Mais il continuait, il s’en voulait, la pédiatre pouvait l’entendre au son de sa voir et à la teneur de ses propos. Elle secoua la tête en levant enfin les yeux vers lui, des yeux brillants de larmes.

- Arrête Frank, finit-elle par articuler.

Parler lui demandait un tel effort à chaque fois, son coeur sa gorge étaient oppressés par une appréhension dont elle n’avait pas l’habitude, surtout en présence de Frank.

- Je refuse de t’entendre dire ça, je ne peux pas te laisser dire ça… Je veux que tu arrêtes de penser ce genre choses. Ce qui… est arrivé n’est pas de ta faute, tu m’entends ?

L’émotion faisait rouler les larmes sur ses joues et sa voix se faisait tremblante.

- Tu m’as sauvé la vie, Frank, sans toi, je…

Elle ferma les yeux le temps de déglutir, difficilement, avec peine.

- S’il te plaît, je te le demande, arrête de t’en vouloir parce que, crois-moi, si quelqu’un n’a pas à le faire, c'est toi. Tu as fait ce que tu pouvais, je le sais.

La brunette essaya de resserrer l’étreinte de ses mains dans celles de celui qu’elle aimait, mais ses forces n’étaient pas bien présentes et elle tremblait beaucoup.

- Ecoute-moi, s’il te plaît. Je ne veux plus jamais parler de ce qui s’est passé, tu comprends ? Ni à toi, ni à tes collègues ou anciens collègues, plutôt. Dis-leur de me foutre la paix, je n’irai pas les voir, déclara-t-elle d’un ton aussi décidé que possible en articulant chaque mot. C’est… c’est au-dessus de mes forces, je ne veux pas revivre tout ça. Je veux oublier, le plus vite possible.

S’il était une personne et une seule en qui elle avait confiance, c’était bien lui. Elle savait qu’il pouvait la comprendre, qu’il ferait ce qu’elle demandait. Elle l’espérait du moins.

- C’est moi qui te présente mes excuses. A cause de moi, tu n’as pas pu passer autant de temps que tu voulais avec Bowie. Je m’en veux tu sais, j’ai l’impression d’attirer la malchance et de ce fait, te l’imposer. Ta vie serait tellement mieux sans moi. Je t’aime tant, je veux que tu sois heureux. Peut-être le serais-tu davantage si je partais ?

C’était ce qu’elle pensait depuis un moment sans jamais avoir osé le lui dire. Mais aujourd’hui, ça sortait. Le bien-être de Frank était ce qui lui importait le plus, et force était de constater qu’elle n’était pas capable de le rendre heureux de par sa simple volonté. C’était un dur constat, d’autant qu’elle voulait de toutes ses forces que ça marche entre eux, elle l’aimait à la folie, d’une passion dévorante, mais l’avenir semblait si incertain maintenant. Tout paraissait si sombre à Rachel, elle n’entrevoyait que des ténèbres, et la lumière que représentait Frank lui paraissait si lointaine, alors qu’il était là, juste à coté d’elle. Elle en venait à se demander ce qu’elle avait bien pu faire pour mériter tout ça.



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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Sam 31 Oct - 15:31
Frank Turner
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Life after hell

Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça


Brusquement, leur monde s'était arrêté de tourner. Force est de constater qu'ils partageaient tout, même la souffrance. Frank s'en voulait et quoi que l'on dise, quoi que l'on fasse, rien ne pourrait changer cet état de fait. Il avait failli, il n'était rien de plus qu'un raté, une merde, qui brisait instantanément tout ce qu'il touchait. Lui avait-on lancé une malédiction ? C'était à se demander au vu de toutes ces choses négatives qui lui arrivaient. Était-ce le karma ? N'avait-il pas sauvé assez de jeunes en perdition ? Avait-il loupé quelque chose ? Que devait-il faire ? Était-il condamné à vivre ainsi jusqu'à la fin ?

STOP ! Il hurlait intérieurement pour que cesse cet interrogatoire sans but. Il était à bout, éreinté, fatigué, dépassé. Sa défaillance se lisait dans l'azur de son regard et dans chacun de ses mots. Il opta donc pour quelques choses, susceptibles d'occuper un tant soit peu son esprit et en bon anglais d'adoption qu'il était, il se prépara une tasse de thé, à défaut de s'enfiler une bonne bouteille. L'idée lui avait pourtant traversé l'esprit. Peut-être que de boire comme un trou l'aiderait à oublier, pour un temps, toute cette culpabilité. Il garda l'idée dans un coin de sa tête, avant de reporter toute son attention sur Rachel, seule, le regard perdu, hagard, posé sur ce qui lui semblait être un horizon incertain. Elle n'était plus là, elle n'était qu'une coquille vide, qu'un fantôme, un semblant de vie, tout comme lui. Ainsi, il ne reconnaissait plus cette femme formidable dont il était éperdument amoureux.

Toutefois, il délaissa bien vite le thé, pour la proximité avec Rachel, qui ne parlait plus, elle restait là silencieuse et cela tuait Frank à petit feu. Il devait le lui dire, lui faire savoir à nouveau à quel point il était mauvais, à quel point il avait merdé, à quel point il se sentait coupable.

« - Rachel... » continuait-il alors qu'elle le suppliait déjà d'arrêter dans un murmure qui se mura en semblant d'articulation. « - Mais c'est vrai... comment pourrais-je me regarder dans un miroir après ça ? » Toutefois, elle continua à mobiliser ses dernières ressources pour le contrer. Il était conscient de l'effort que cela lui demandait. Des victimes de viol, il en avait malheureusement côtoyé assez pour savoir à quel point, il était difficile pour elles, de parler et quel effort cela représentait que d'aligner plusieurs mots afin de constituer une phrase. Rachel était allée au-delà de cet effort, certes sa voix tremblait encore, mais sa conviction quant à l'innocence de Frank, était inébranlable. L'ancien flic devait l'accepter elle ne le tenait pas pour responsable bien au contraire.

« - Non, non, non Rachel ! » dit-il en se rapprochant davantage. Il aurait tant voulu la prendre dans ses bras, mais c'était encore trop tôt, il ne pouvait lui imposer un contact physique, il le savait. Le fait de déjà lui prendre la main, était un grand pas en avant, mais il devrait se montrer patient à l'avenir.

« - Je .... Tu as raison, je vais arrêter de m'en vouloir. » En était-il convaincu ? Sur l'instant oui, mais nul doute que lorsqu'il ne sera plus à ses côtés, la culpabilité reprendra de plus belle. « - Mon amour... » commençait-il en sentant la main de Rachel trembler dans la sienne. « - On ne va plus en parler, je suis d'accord ! » Mais la procédure n'était pas ainsi faite et Frank le savait. Fatalement, il y aurait un procès et Rachel serait appelé à témoigner. Elle était un témoin précieux dans cette sombre affaire et pour cause, elle avait survécu au monstre. « - Personne ne te fera le moindre mal, je te le promets. » Il n'eut pas la force de lui faire savoir qu'elle ne pouvait s'exempter d'un voir de plus plusieurs témoignages. Au pire du pire, il tenterait de gagner du temps, de faire jouer le peu de relation qu'il lui restait encore. La priorité, c'était Rachel et personne d'autre

La tempête semblait être passée, bien qu'il soit encore trop tôt pour parler d'accalmie. Frank poussa un long soupir avant d'entendre à nouveau la voix de celle qu'il se plaisait à appeler Docteur Cupcake. Les mots de Rachel étaient durs, au moins autant que les siens à son encontre. « - Non Rachel, je t'interdis de dire ça ! C'est des conneries. Arrête ! » La fin de l'intervention de Rachel acheva d'ébranler Frank qui se leva aussitôt « - Arrête putain ! Comment peux-tu penser ça ? ! Donc on en est là ? Tu vas te sacrifier pour mon bonheur ? Donc on abandonne, on arrête de se battre ? Tu crois vraiment que je serais plus heureux si tu partais ? » Il osa, tout en restant debout, la regarder droit dans les yeux « - Tu sais quoi ? Crois-ce que tu veux ! Je vais me coucher ! » Et sans rien ajouter, à bout, les yeux brillants sous l'émotion, il quitta cette pièce où il avait partagé tant de bons moments, pour regagner l'étage et leur chambre. Ce soir, il n'avait pas envie de lutter, ce soir, il acceptait de rendre les armes.




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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Lun 9 Nov - 15:28
Rachel Parker
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Rachel & Frank

Fin décembre 2018 - Caserne-appartement de Frank Turner

Qui aurait pu croire qu’avoir une discussion avec Frank pouvait s’avérer aussi difficile ? Cependant, ce n’était pas n’importe quelle discussion. Rachel était au plus mal et entendait celui qu’elle aimait, celui qui l’avait sauvée, se rabaisser inutilement, et ça la faisait souffrir encore davantage. Cela l’obligea à sortir de sa carapace de silence pour manifester son mécontentement. La pédiatre ne pouvait accepter que l’homme qu’elle aimait se dénigre de la sorte alors que si elle était encore en vie, c’était grâce à lui. Elle le supplia d’arrêter, mais son murmure s’était évanoui dans les airs et elle avait dû à son tour prendre la parole, aussi douloureux que ce soit pour elle, pour lui faire entendre ce qu’elle pensait. Et ce qu’elle pensait, c’était qu’il n’y était absolument pour rien dans son malheur, bien au contraire.

- Ce n’est pas toi qui m’as fait du mal. Tu m’as sauvée, Frank ! répéta-t-elle malgré la pression qu’elle ressentait sur sa gorge comme un étranglement. Sans toi, cet homme m’aurait découpée en morceaux !

Les larmes avaient envahi ses yeux dont la couleur chocolat s’était assombrie en repensant à l’horreur qu’elle avait vécue. Ce type lui avait mené la vie dure, l’avait frappée, blessée et ôté toute dignité. Elle se sentait si mal en y repensant, entendant à nouveau le son de sa voix pernicieuse, l’impression de sentir son odeur à nouveau, et ses odieuses mains sur elle. Elle ferma les yeux, laissant ainsi rouler une larme de long de sa joue devenue bleue à cause de la fracture de sa pommette. Ses mains tremblantes dans celles de Frank, elle le suppliait d’arrêter de se flageller pour une chose qu’il n’avait pas commise, et plus encore, lui demander de faire en sorte que plus personne ne la force à parler de cette nuit en enfer. Il semblait d’accord, et ça la rassura, lui enlevant un poids. Elle hocha la tête en déglutissant difficilement. La chirurgienne continua son monologue, lui faisant part de son ressenti, cette impression qu’elle avait que sa présence n’attirait que des ennuis à Frank. Et visiblement, ce constat qu’elle avait fait ne lui avait pas plu du tout. Il réagit vivement en se levant d’un bond, provoquant un sursaut chez Rachel qui ne s’y attendait pas. Elle sentit son coeur se serrer en le voyant s’énerver. Elle n’osait plus le regarder, elle l’avait blessé en parlant de la sorte et s’en voulait terriblement. Puis, il était monté se coucher. Rachel retira son manteau et s’emmitoufla dans le plaid du salon, s’effondrant en larmes. Elle mit un temps fou à s’endormir, mais se laissa bercer par l’odeur de Frank qui était sur le plaid, jusqu’à ce que finalement, Morphée accepte de l’accueillir en son royaume.

***

Quelques jours plus tard.

Le regard rivé sur le plan de travail, Rachel était concentrée sur sa tâche. Mais toute la concentration du monde ne venait pas à bout des tremblements de ses mains, et alors qu’elle essayait de suturer la peau d’une banane qu’elle avait déjà eu toutes les peines du monde à inciser en ligne droite correctement, force était de constater que la chirurgienne de talent avait disparu.

- Merde, fait chier, j’en ai ma claque ! cria-t-elle en balançant rageusement le tout dans l’évier.

Elle regarda ses mains, paumes tournées vers elle, avant de frapper frénétiquement trois coups sur le plan de travail. Elle qui espérait pouvoir retrouver son travail rapidement pour essayer d’oublier toute cette histoire, c’était râpé. Bon, de toute façon, elle n’était pas encore prête à affronter le monde extérieur et voir des gens, mais savoir qu’elle était toujours capable de faire son métier l’aurait rassurée. Eh non, même ça, elle n’en était plus capable. Elle se laissa glisser au sol, repliant ses jambes contre elle-même, la tête enfouie dans ses bras.

J’y arrive toujours pas, ça veut dire que j’y arriverai jamais.

Rachel, à part Frank, n’avait que son travail qui l’aidait à se sentir mieux. Et donner des instructions par mail, ça allait bien cinq minutes. Elle voulait se sentir utile, mais là, au vu de ses capacités amoindries, c’était plutôt compromis. La pédiatre était épuisée, elle ne dormait pas assez, assaillie par des cauchemars plus vrais que nature, par ses angoisses qui la prenaient aussi bien le jour que la nuit, cette peur de parler à quelqu'un d'autre que Frank. Chaque fois que le téléphone sonnait et que Frank n'était pas là pour répondre, elle partait dans une autre pièce en attendant que la sonnerie d'arrête. Si le facteur sonnait à la porte, elle faisait pareil. Ce n'était plus vivable.


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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Mar 10 Nov - 0:44
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Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça



Il était en colère contre lui, en colère contre les autres, contre le monde entier et en colère contre Rachel qui venait de laisser entendre une alternative qui le blessa suffisamment pour le faire sortir de ses gonds. Comment pouvait-elle entrevoir de quitter sa vie de la sorte ? Pourquoi ce sacrifie ? Au nom de quoi ? Espérait-elle congédier une quelconque malédiction en agissant de la sorte ? Et où était donc passée Rachel, cette femme merveilleuse, altruiste jusqu'au bout des ongles, combattive et forte ? Allait-elle un jour revenir ? Frank, malgré le fait que la pédiatre l'ait rassuré sur sa non-culpabilité, ne parvenait à passer outre. Il fallait un coupable et il était de surcroît le meilleur des suspects.

« - Je vais me coucher » avait-il donc laissé entendre, la voix étreinte par l'émotion et l'impuissance. Deux à deux, il monta les marches qui grincèrent sous son poids. Il aurait voulu tout bazarder, balancé tout ce qui était à portée de main contre le mur et défoncer un à un les placards. Il aurait voulu hurler son désespoir, faire entendre sa colère et sa peine, mais n'en fit rien pour préserver Rachel qui demeurait encore en état de choc. Il se laissa donc tomber sur son lit, le regard rivé sur le plafond, puis commença à pleurer encore et encore, tellement qu'il ne pouvait plus s'arrêter. Il savait pertinemment qu'il en avait besoin, que de toute façon et fort heureusement, personne ne le regardait. Il continua donc à pleurer toutes les larmes de son corps jusqu'à ce que Morphée daigne enfin venir le chercher.

Peu importe à quel point nous sommes résistants. Un traumatisme laisse toujours une cicatrice. Cela nous suit partout jusque chez nous, dans notre propre intimité. Ça change nos vies à jamais, qu'on l'accepte ou qu'on le refuse. Les traumatismes perturbent tout le monde, mais n'est-ce pas leur but ? La douleur, la peur et tout le reste... Peut-être que traverser tout ça nous fait aller de l'avant, nous poussent. Alors peut-être que nous devons être un peu amochés avant d'enfin être à la hauteur.


Deux semaines plus tard

La vie, avait-elle repris son cours ? Sans surprise, non ! Rachel ne quittait plus la caserne, à l'inverse de Frank qui multipliait les sorties. Cela commençait par du jogging tôt le matin, puis ça se poursuivait avec des balades. Il rentrait l'après-midi, puis il ressortait aussitôt, l'atmosphère étant invivable. Rachel se terrait et refusait toujours de parler. Frank tâchait d'être compréhensif et ne lui imposait rien. Pour dire vrai, il jouait la montre avec la police et les inspecteurs en charge de l'affaire qui voulait impérativement interroger la pédiatre. Apparemment, le tueur était toujours dans le coma, l'ancien flic en avait donc profité pour se rendre à l'hôpital. Prenant grand soin de ne tomber sur aucune de ses connaissances, il était parvenu sans mal, à rejoindre la chambre, bien surveillée du malade. Ainsi, il profitait de la rotation de la garde, pour pénétrer la chambre. Il restait là, face au monstre durant de longues minutes. L'homme semblait presque paisible, au grand dam de Frank qui fixait un à un les appareils maintenant cette erreur de la nature en vie.

Je pourrais le tuer, débrancher l'un de ces appareils puis l'étouffer avec son oreiller. S'en rendrait-il compte ? Verrait-il mon visage avant de crever ? Non, cette mort est trop douce et il ne mérite pas autant d'égard.

Oui, il le fixait encore et encore, animait par l'envie de mettre fin à son existence dénuée de sens, de préserver le monde d'un monstre en se soustrayant à la justice. Mais quelle justice ?! Celle pour qui il avait tant oeuvré et qui l'avait littéralement abandonnée ? Où était-elle d'ailleurs à présent ? Nulle part de toute évidence. Toutefois, se délestant de ses pulsions de mort, Turner quitta la chambre. Il avait besoin de se vider la tête. Il opta ainsi pour un pub, avant de se raviser le lendemain. Il ne voulait pas en faire une mauvaise habitude, alors il opta pour quelque chose de plus saint, le sport. Malheureusement pour lui, son envie de cogner fut plus forte que son envie de se sortir la tête de l'eau. Frank avait frappé à plusieurs reprises un type venu le titiller. Le patron de la salle d'autre choix que de virer son nouvel habitué qui retrouva le pub faute de mieux pour se vider la tête.

Retour à la case départ. Je suis fatigué d'essayer. Essayer quoi d'ailleurs ? D'aller mieux ? Connerie ! Je devrais être avec elle, mais je n'y arrive pas. Je ne peux même plus regarder Rachel dans les yeux. La voir comme ça, ça me tue. Elle mérite mieux.

Il fixait son énième verre, adossé au comptoir d'un pub dont il ignorait encore le nom. Il devait rentrer, mais il n'en avait pas la force. Il avait bu, cela se sentait à des kilomètres à la ronde. Il fixa donc le prospectus qu'un des clients de la salle de sport lui avait offert, suite à une rencontre fortuite.

« Tu castagnes bien. Tu pourrais t'en mettre plein les fouilles mon gars ! »

« - Je n'ai pas besoin d'argent ! »

« On m'a dit que tu étais flic. »

« - Je ne le suis plus, je ne suis plus rien en fait ! »

Il fixa à nouveau le prospectus, qui mettait en exergue l'existence d'un tournoi souterrain de combat. Le gagnant empocherait une coquette somme. Bien plus que l'argent, Frank pensait naïvement et sûrement abruti par l'alcool, que la castagne lui permettrait de se défouler, de se vider la tête ne serait-ce que l'espace d'un instant. Il s'y est donc rendu, le jour même. Le lieu bondé, accueillait des adorateurs de ce genre de spectacle. L'on buvait, l'on pariait à tout-va, l'on s'amusait.

J'y suis allé sans ambition, je voulais juste, à défaut de boire, me vider la tête. La violence ! Voilà à quoi j'en étais réduit pour oublier ? La violence comme moyen d'expression, comme c'est ironique, mon père aussi en était adepte à une époque.

Ce soir-là, Frank n'a pas gagné, il s'est alors rendu compte qu'il était allé trop loin, qu'il ne pourrait revenir s'il continuait ainsi. Il ne voulait pas sombrer davantage et encore moins souffrir des mêmes troubles que son père. Et c'est donc légèrement amoché, qu'il rentra, prêt à affronter cette dure réalité qu'il cherchait à fuir depuis des semaines.

« - Je suis rentré ! Rachel, c'est moi ! »




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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Mar 10 Nov - 3:14
Rachel Parker
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Life after Hell
Rachel & Frank

Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Rachel désespérait. Cette tentative de retrouver ses automatismes de chirurgien, ne serait-ce que pour de simples incisions ou points, n’était pas la première qui foirait. Allait-elle pouvoir y arriver un jour ? Ce monstre lui avait tout pris, même sa capacité à être chirurgien, un métier qu’elle aimait passionnément, presque autant que ce qu’elle aimait Frank, et qui la rendait fière d’être sur cette Terre. A présent, plus aucune fierté ne subsistait, elle avait même honte d’être encore en vie. Des idées noires lui traversaient l’esprit sans cesse, mais chaque fois, quelque chose lui rappelait Frank, lui rappelait qu’elle devait se battre et essayer d’avancer. C’était dur, extrêmement dur. Mais pour lui, elle devait essayer. Il avait tant fait pour elle, et elle lui avait fait tant de mal sans le vouloir, elle s’en voulait, elle voulait à tout prix essayer de rectifier le tir. Etait-ce encore possible ? La pédiatre n’avait de cesse de se demander comment Frank pouvait encore la supporter, comment il pouvait la tolérer chez lui. Peut-être n’osait-il pas la mettre à la porte ? Parfois ce genre de pensées lui passait en tête, mais elle faisait son maximum pour se raisonner.

Se raisonner, oui c’était ce qu’il fallait qu’elle fasse. Le pauvre Frank subissait ses silences, l’isolement que Rachel faisait en sorte de mettre en place autour d’elle parce que ça la rassurait, du moins c’était ce qu’elle croyait, le pauvre ex-flic devait sûrement avoir l’impression de vivre avec un fantôme. Il fallait faire quelque chose. L’américaine voulait lui dire qu’elle l’aimait, le lui montrer, arrêter de se murer toute seule dans le silence et la solitude, d’autant qu’elle se doutait bien que ça peinait celui qui faisait battre son coeur. Mais la culpabilité, bien que forte, ne l’était pas autant que cette peur irraisonnée qu’elle avait en elle. Mais ce jour-là, Rachel avait décidé qu’elle essaierait de faire abstraction, qu’elle essaierait de prendre sur elle et de faire un pas vers Frank, au moins pour le rassurer. Elle aurait tant voulu lui annoncer une bonne nouvelle, lui dire que ses mains ne tremblaient plus et qu’elle était parvenu à faire des sutures sur une peau de banane. Mais hélas, ce genre de nouvelle ne serait pas pour aujourd’hui. Tant pis, quand il rentrerait, elle irait lui dire bonjour, elle essaierait de lui sourire et aussi de lui prendre la main. Ce simple contact lui manquait, mais Frank, soucieux de respecter ses angoisses, n’osait plus la toucher. Alors, aujourd’hui, elle essaierait.

Ce moment était arrivé plus vite qu’elle ne le croyait. Alors quelle était assise sur le sol de la cuisine, adossée au plan de travail, les genoux repliés vers elle, la voix de l’américain se fit entendre. La brunette releva la tête pour être sure qu’elle avait bien entendu. Mais oui, l’ancien flic était bel et bien rentré. Rachel sécha ses larmes d’un revers de main et se releva, titubant un peu à cause du geste un peu trop rapide que la prise d’anxiolytiques n’aidaient pas à stabilisée. Appuyée à la table de la cuisine, elle attendit quelques secondes avant de reprendre sa marche vers l’entrée.

- J’arrive ! répondit-elle.

Contrairement à elle qui restait cloîtré dans le confort sécurisé de la caserne, Frank, lui, ressentait probablement le besoin de sortir. Rachel était loin de lui en tenir rigueur et ne lui demandait pas de comptes. Elle lui faisait confiance et n’avait pas à être sur son dos pour savoir ce qu’il faisait. Lorsqu’elle posa son regard sur lui, alors qu’elle s’apprêtait à lui sourire pour lui dire qu’elle était heureuse de le voir, ce qu’elle vit la choqua. La mine qu’il arborait, on aurait dit qu’il était passé sous une voiture. Le coeur serré, inquiète, elle s’ »approcha de lui.

- Frank ? Mais… qu’est-ce qui t’est arrivé ? Tu … tu t’es battu ? Qui t’a fait ça ?

Une angoisse la prit soudain : est-ce que c’était Maxwell qui s’en était encore pris à lui ? Elle s’avançait prudemment tout en lui parlant, observant ses blessures et marques, un réflexe de médecin, et lorsqu’elle fut assez près, elle put sentir une désagréable odeur qu’elle ne connaissait que trop bien.

- Tu as bu ? Qu’est-ce qui s’est passé ?

Hésitant, elle prit sur elle et attrapa sa main dans le but de l’inciter à venir s’asseoir au salon. C’est là qu’elle remarqua que les bases de ses phalanges étaient abîmées. Il s’était bel et bien battu.

- Viens… viens t’asseoir, je vais regarder ça de plus près.

Inquiète, elle l’était. Parvenait-elle à le cacher ? Pas vraiment. Comment avait-il pu se retrouver dans de tels ennuis ? Sans attendre, elle regagna la cuisine non loin de là et revint avec un bol de glaçon et plusieurs torchons propres. Le froid lui ferait du bien et l’eau permettrait un premier nettoyage. Elle s’occupa donc de lui sans attendre d’avantage. Les tremblements de ses mains étaient toujours présents mais elle parvint néanmoins à oeuvrer.

Heureusement qu’il n’a pas besoin de points… songea-t-elle.



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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Jeu 12 Nov - 1:15
Frank Turner
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Messages : 118 Points : 102 Localisation : Hammersmith, une ancienne caserne de pompier Métier : Flic, à la tête de l'USM (Unité Spéciale des Mineurs)une unité de la police œuvrant pour la protection des mineurs
Statut : Père d'un petit garçon de 9 ans. En couple avec Rachel Parker


Life after hell

Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça



Son visage laissait paraître quelques égratignures, tout comme ses phalanges. Frank s'était battu et l'odeur d'alcool froid émanant de son haleine, ne trahissait personne sur son état d'ivresse. À quoi bon, il n'était même pas parvenu à gagner ce fichu tournoi. Mais pire encore, l'espace d'un instant, aussi infime soit-il, il avait pris du plaisir à frapper ces pauvres types et à faire parler sa colère, comme son père avant lui. Un constat qui l'ébranla assez pour se prendre un mauvais coup et laisser la victoire lui filer entre les mains. Mais était-ce le plus important ?

« - Tu te cachais c'est ça ? » laissait-il entendre avec amertume malgré l'ivresse. La jeune femme dont le regard trahissait une inquiétude qui la dépassé, s'approcha avec précaution pour mieux diagnostiquer la gravité des blessures de son beau policier, qui n'avait désormais plus fière allure. « - Ça va, c'est rien. J'ai connu pire » tentait-il de minimiser alors que l'angoisse gagnait Rachel. « - Ce n'est pas ton mari, rassure-toi ! » Elle se mit alors à grimacer, de toute évidence, elle venait de sentir son haleine emplit de volutes alcoolisées. « - Ouais, j'ai bu, ça m'arrive de temps en temps ! » Conciliante, elle lui attrapa la main, il se laissa faire et regagna le salon pour s'asseoir sur le canapé où ils avaient vécu tant de doux moments, qui semblaient désormais se perdre dans l'amas de désespoir de chacun.

Depuis quand d'ailleurs, n'avaient-ils pas pris du temps pour eux ? Frank, bien que sans-emploi, semblait avoir un emploi du temps de ministre et fuyait les lieux à la moindre occasion. Incapable de pouvoir la toucher, il ne supportait que très mal cette situation alors le fait de sentir ses mains contre les siennes, lui fit un bien fou, aussi éphémère soit-il.

« - De temps en temps, j'ai besoin d'un verre, ça me fait du bien. » maugréait-il alors qu'elle s'était éclipsée pour rejoindre la cuisine pour y récupérer un bol plein de glaçons et quelques torchons propres. Elle retrouva ensuite sa place et commença à désinfecter les plaies « - Tes mains tremblent encore hein ! » Observateur malgré l'alcool, bravo.

« - Le monde ne tourne plus rond. C'est comme si quelqu'un avait lancé une putain de malédiction ou comme si on n'avait fait un truc pas bien dans une vie passée et qu'aujourd'hui, on en payait le prix. » Il mit alors à rire, sans raison, alors que Rachel continuait à le soigner. « - Aujourd'hui, je me suis pris pour mon père. J'ai senti toute sa colère, toute sa bestialité, j'étais comme lui. C'est sûrement héréditaire ce genre de truc. Je m'imagine fracasser la tronche de Maxwell et j'aime cette idée. Puis je m'imagine .... » Il peinait à garder les yeux ouverts, son dialogue n'avait plus aucune cohérence. « - Tu ne devrais pas rester là avec moi, je ne sers à rien. » laissa-t-il entendre avant de s'allonger. « - Je voulais juste être heureux moi ! Je voulais être heureux, pourquoi ce n'est pas le cas ? Pourquoi Rachel ? »




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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Jeu 12 Nov - 4:02
Rachel Parker
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Arrivée dans le salon où se tenait Frank, ou du moins ce qu’il en restait, elle fut horrifiée de voir ce qui était arrivé à son visage. L’homme qu’elle aimait avait visiblement été malmené et soudain, des flash des coups qu’elle avait pris cette fameuse nuit lui revinrent en mémoire, la faisant frénétiquement fermer les yeux plusieurs fois. La voix de Frank la ramena à la réalité, pour lui demander amèrement si elle se cachait « encore ». Cette remarque la blessa et elle pinça les lèvres, hésitant à répondre.

- Non.. je … j’étais dans la cuisine, je…

Et voilà qui la ramena à son échec constant.

- J’essayais de faire des points de surjet simple…

Qui n’ont de « simple » que le nom. Elle ne continua pas puisque ce qui l’inquiétait le plus était l’état de Frank. Il était bizarre, il parlait sèchement et elle n’était pas habitué à ça de sa part. La pédiatre comprit rapidement que le nouvel homme d’affaire avait bu, ce qui était loin de l’enchanter.

- C’est pas parce que tu as connu pire qu’il faut te laisser comme ça !

Elle l’entraîna alors au salon, rassurée tout de même d’apprendre que ce visage abîmé n’était pas l’oeuvre de Maxwell. D’ailleurs, ne plus avoir de ses nouvelles, bien que ce soit ce qu’elle espérait, l’angoisse un peu. Elle craignait qu’il ne manigance quelque chose. Un fois l’ex flic assis, la pédiatre partit en cuisine chercher de quoi arranger un peu le visage de son compatriote américain, l’entendant à regret prononcer dans la même phrase les mots « verre » et « besoin ». Elle revint, s’installa à côté de lui et tenta, tant bien que mal, d’éponger le sang et rincer pour que les petites plaies soient propres.

- Oui, je sais ! C'est gentil de le souligner ! répondit-elle avec amertume à son tour lorsqu’il lui fit remarquer que ses mains tremblaient toujours.

Elle sentit les larmes lui monter aux yeux, brouillant sa vision. Elle dut s’arrêter de lui éponger les quelques gouttes de sang présents sur sa peau et détourner le regard alors qu’il énonçait toute l’ampleur de la malchance qui les touchait. Le désespoir dans les propos de Frank la toucha, elle ressentait la même chose. La brunette sentit son coeur se serrer en l’entendant parler de la violence qui l’habitait.

- Oh Frank, non, je t’en prie…

Elle le regarda s’allonger, tandis que des larmes roulaient silencieusement sur ses joues. Il était à présent allongé sur le canapé, elle déposa le plaid sur lui, ce fameux plaid qui les avait entourés tant de fois. Puis, elle prit des glaçons qu’elle mit dans le torchon. Evidemment, deux ou trois tombèrent au sol au vu de la maladresse de ses gestes, mais elle parvint à refermer l’étoffe en faisant tourner la masse froide plusieurs fois, et le déposa contre l’oeil droit du combattant d’un soir.

- C’est pour essayer d’éviter un gros cocard… dit-elle, la voix prise par l’émotion.


Elle prit une inspiration profonde, elle voulait lui répondre. Elle savait qu’elle était fautive, qu’il était malheureux à cause d’elle, cette fois, il l’avait clairement.

- Frank, je… je suis… tellement… tellement désolée. Je t’aime, tu n’imagines pas à quel point je t’aime. Je voudrais tant réussir à te rendre heureux, mais je suis… vraiment perdue en ce moment, tu le sais, c’est pas une surprise. Je fais de mon mieux, je t’assure. Je… je sais pas ce que je dois faire. Toi, dis-moi si tu le sais. Qu’est-ce que je dois faire pour que tu sois heureux ? S’il te plaît, dis-le moi.



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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Sam 21 Nov - 17:01
Frank Turner
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Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça



C'est dur d'affronter une réalité que l'on se cherche à fuir par tous les moyens aussi peu recommandables soient-ils. Mais nous n'avons pas toujours le choix et faute de mieux l'on prend ce que l'on a. Frank avait choisi l'alcool et la violence. Il fuyait une fois encore tant, il se sentait coupable et impuissant. Cependant, il ne se rendait pas encore bien compte des enjeux et du fait que son état puisse affecter Rachel déjà bien accablée par ce qui lui était arrivé. L'ancien flic se revoyait boire plus que de raison et se sentir bien, l'espace d'un instant. Puis il se revoyait frapper Maxwell quelques mois plus tôt, là aussi, il s'était senti bien l'espace d'un instant, tout comme ce moment où il s'était retrouvé dans l'arène improvisée avant d'y être congédié.

Rachel continuait tant bien que mal à éponger son visage pour que le sang cesse de brouiller sa vision. Ses mains tremblaient encore, Frank savait qu'il n'y avait aucun remède contre ce mal, ce qui le désespérait encore plus et en voyant la banane suturée sur le plan de travail, il comprit que la pédiatre était tout bonnement incapable d'exercer. Quel désespoir ! Être flic, c'était toute sa vie et le priver de ça, c'était comme lui enlever une part de lui. Turner ne pouvait que trop comprendre cela en repensant à son propre cas. Être flic, c'était toute sa vie et le priver de ça, c'était comme lui enlever une part de lui.

« - J'crois que j'ai un problème avec ma colère ! » Il marqua une pause pour reprendre sa respiration force est de constater que ses côtes lui faisaient mal, mais pas que. Malgré l'ivresse et l'adrénaline, l'euphorie des premiers temps n'était plus au rendez-vous. Il souffrait à présent, tellement qu'il était incapable de garder sa douleur. « - Il faut que j'en parle à Dylan. Je dois lui dire, il doit connaître la vérité. » Car oui, Dylan ignorait encore la vérité sur Victor Turner et ce qui avait poussé Jude à quitter précipitamment les Etats-Unis. Frank conservait jalousement le secret depuis des décennies, mais ce soir, il était évident qu'il ne pouvait garder son secret plus longtemps.

Encore et toujours cette histoire de fierté mal placée, paradigme du mâle alpha par excellence. Rachel déposa de la glace sur son œil, elle espérait encore le préserver d'un trop gros cocard, lui s'en fichait. Pour ainsi dire, il se fichait de tout surtout de sa propre santé. Il était pour l'heure si épuisé par tant de souffrance, qu'il ne put résister bien longtemps à l'envie de s'allonger avant de faire entendre, avec des trémolos dans la voix, qu'il n'aspirait qu'au bonheur et qu'au lieu de ça, seul le malheur perdurait.

En attendant Morphée, il fut surpris d'entendre Rachel répondre à ses suppliques. « - Arrête ! » commença-t-il lorsqu'elle tenta de présenter, une fois encore ses excuses. « - Les victimes ne sont pas coupables, chacun son rôle Rachel. » Les yeux fermés, il commençait à s'enfoncer progressivement « - C'est l'ancienne Rachel que j'aimais. Elle elle me elle, je suis comme la moitié d'un truc qui ne peut pas exister sans l'autre moitié. » L'argumentaire était rudimentaire, mais l'idée on ne peut plus compréhensible. « - Il faut sortir du tunnel... » fit-il entendre avant de totalement s'endormir sur le canapé avec sur ses épaules leur plaid. Demain sera un autre jour à n'en pas douter, mais parviendront-ils à sortir du tunnel ? Rien n'est moins sûr pour l'heure.





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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Lun 23 Nov - 2:49
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La vie était devenue si difficile, comment était-ce possible ? Comment en était-elle, en étaient-ils arrivés là ? Rachel n’avait de cesse de se poser la question. Une éminente chirurgienne, respectée et admirée dans sa profession, comment pouvait-elle à présent ne plus être capable de faire des points de base ? Comment être en présence de l’homme qu’elle aimait pouvait-il faire naître en elle des angoisses dues pourtant à d’autres personnes ? Comment avait-elle pu ne devenir que l’ombre d’elle-même ? Elle ne se supportait plus, elle détestait cette femme qu’elle était devenue. Jamais la jeune fille pleine de vie qu’elle était quand elle avait rencontré Frank ne se serait imaginé devenir cette petite souris apeurée à la simple idée de parler à un autre être humain, ne serait-ce qu’au téléphone. Elle ne pouvait que comprendre la colère de Frank. Il avait tout fait pour elle, il avait pris tous les risques, il avait été viré de son travail, viré de sa terre d’accueil et séparé de son fils, puis il l’avait accueillie chez lui, il l’avait aimée malgré les casseroles qu’elle se traînait, et finalement il lui avait sauvé la vie, prenant tous les risques possibles. Normalement, être la personne aimée de quelqu’un devait susciter de la fierté chez celle personne. Comment alors l’ancien flic pouvait-il être fier d’elle alors qu’elle ne supportait même plus de vivre ? Oui, elle comprenait parfaitement la colère et la déception de celui qu’elle aimait. Et cette colère, voilà qu’à présent il l’exprimait physiquement, devenant ce qu’il abhorrait le plus : une sorte de version 2.0 de son père. Du moins, c’était ce qu’il disait. Mais Rachel, qui avait entendu parler du comportement de Victor Turner, savait que jamais Frank ne pourrait devenir comme lui. Du moins, elle l’espérait. Pour le moment, il était en colère et essayait d’extérioriser. Elle ne pouvait lui en vouloir. Elle était seulement triste qu’il soit ainsi à cause d’elle, et plus encore d’être incapable de l’aider.

Alors qu’elle voulut s’excuser, encore et toujours parce qu’elle se sentait terriblement coupable des malheurs qui leur tombaient dessus, Frank l’arrêta. Il était allongé sur le canapé, les yeux clos, le visage tuméfié et une torchons renfermant des glaçons posé sur l’oeil. L’américaine tenta de lui dire qu’elle voulait essayer de changer la donne, mais qu’elle ne savait comment s’y prendre. Frank alors déclara que l’ancienne Rachel lui manquait, que c’était cette femme-là qu’il aimait. La détresse s’empara de la chirurgienne qui sentit son coeur manquer un battement. C’était comme si on le lui avait arrêté à distance. Elle n’était plus cette Rachel-là, et ne savait pas si elle pourrait un jour le redevenir. Alors, cela voulait-il dire qu’il ne l’aimait plus ? En plus, à cause de ça, il se sentait comme incapable d’exister, à ce qu’il disait. Il était ivre, certes, et ça s’entendait à sa manière de s’exprimer, mais ne dit-on pas que l’alcool fait ressurgir une certaine sincérité en ôtant tout filtre ? La gorge nouée, le coeur serré, Rachel se leva tendit que Frank sombrait dans le sommeil, elle pouvait l’entendre à sa respiration. Retenant au maximum ses larmes, elle se rendit dans la cuisine, prise d’un haut de coeur, et s’appuya sur le plan de travail avant d’éclater en sanglots. Ses yeux embrumés de larmes se posèrent sur le kit de sutures qu’elle avait ouvert, en vain au vu de ses piètres tentatives, puis sur le scalpel. Elle s’en saisit et l’espace d’un instant, elle se vit entailler dans le sens de la longueur son poignet. Un geste rapide, elle pourrait enfin être libérée de toutes ses souffrances et surtout libérer l’homme qu’elle aimait du fardeau qu’elle était devenu. Alors que la lame éraflait sa peau à cause de ses gestes encore mal-assurés, elle revit le visage et la tristesse de Frank lors de leur discussion le soir où il l’avait ramenée de l’hôpital, puis son visage ce soir lorsqu’il était rentré. Elle réalisa, alors qu’une goutte de sang coulait de son poignet dû à l’épiderme égratigné, que l’homme qu’elle aimait souffrait déjà, qu’il était déjà en détresse et qu’elle ne pouvait se permettre de lui en infliger une supplémentaire. De grosses perles salées s’échappant de ses yeux, coulant à torrent, elle laissa tomber le scalpel dans l’évier et repartit d’un pas rageur vers l’escalier pour monter dans leur chambre. Elle se laissa tomber en pleurs sur le lit et agrippa l’oreiller de Frank pour en humer son odeur tout en sanglotant. Rachel finit par s’endormir, épuisée par toutes ces émotions.

N’ayant pas eu le temps de prendre son médicament du soir, elle se réveilla assez tôt. Pour une fois, ses cauchemars ne l’avaient pas réveillés en sursaut. Elle émergea lentement et se rendit à la salle de bain pour prendre une bonne douche. Il était vraiment tôt, le jour ne s’était pas encore levé. Constatant qu’elle était seule dans la chambre à son réveil, soit Frank avait passé la nuit entière sur le canapé, soit, comme les jours précédents, il s’était éclipsé. Ce matin-là, Rachel avait décidé d’essayer, vraiment, de reprendre sa vie en main. Elle ne voulait pas perdre Frank. Si ça lui arrivait, elle aurait alors tout perdu. Elle l’aimait, cet homme, et elle voulait l’aider. Plus jamais elle ne voulait le voir rentré bourré comme un coing et le visage en sang à cause de bagarres ridicules, seul moyen qu’il aurait trouvé pour extérioriser sa colère. Aujourd’hui, Rachel lui parlerait, elle ferait des efforts, elle se montrerait digne de lui. Ça, c’était sur le papier des résolutions qu’elle voulait prendre depuis longtemps, mais allait-elle y parvenir sans se laisser rattraper par toutes ses angoisses ? Pourvu qu’il ne lui demande pas d’aller parler aux flics…

Une fois habillée, elle descendit au salon et constata que Frank dormait toujours. A pas de loup elle se rendit dans la cuisine, prit ses médicaments avant d’entamer le rangement qui aurait dû être fait la veille. Elle lança la cafetière, et se sachant incapable de préparer des pancakes sans risquer un carnage, elle opta pour prendre des muffins anglais déjà prêts qu’elle mit dans le toaster. Avec autant de précaution que possible, la pédiatre sortit des bols pour le café, des couverts, des serviettes, et posa à chaque fois le tout sur un plateau. Puis l’assiette de muffins grillés et enfin de quoi les garnir. Elle fit un premier voyage avec le plateau pour l’emmener au salon. La porcelaine s’entrechoqua un peu durant le trajet, mais elle parvint à ne rien faire tomber. Puis elle fit un second voyage avec la cafetière qu’elle posa aussi sur la table basse avec mille et une précautions. Puis, elle s’assit à côté de Frank, du côté de sa tête et ôta le torchon désormais humide à cause des glaçons qui avaient fondu.

- Frank ? Commença-t-elle d’une voix aussi douce que possible.

Elle n’osait même pas le toucher, il semblait si paisible, ainsi endormi. Etait-ce humain de le réveiller ? Elle attrapa le paquet de doliprane posé sous la table basse pour le poser devant lui. Il aurait sans doute un mal de tête carabiné.

- Tu te réveilles mon amour ? Je… je voudrais te parler.

Sa voix était bienveillante, et le voir aussi calme et beau malgré les quelques contusions qui ornait de-ci de-là son visage lui avait même donné un léger sourire.



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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Jeu 26 Nov - 1:49
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Ma vie est une montagne russe, mais de vous à moi, je commence très sérieusement à fatiguer de me retrouver la tête en bas. Je veux juste un peu de répit, une dose de bonheur, pas assez pour être accro, mais juste assez pour me dire que ça vaut encore le coup de se battre pour préserver tout ça



Morphée eut pitié de lui et le prit avant qu'il ne s'enfonce davantage dans un tas d'inepties qu'il regrettait, si sa mémoire ne lui jouait aucun tour par la suite. Curieusement, il ne fit aucun cauchemar, preuve que l'alcool peut aussi préserver votre sommeil(parfois) Le pauvre, tout semblait lui tomber dessus, comme si son karma ligué contre lui, lui faisait payer quelque chose. Mais quoi ? La question était trop vaste pour trouver une réponse du moins cette nuit, voire même le lendemain. Toujours est-il que notre ancien justicier avait un problème avec la violence et maintenant la bouteille. À cela s'ajoutait aussi son envie d'alléger sa conscience en acceptant enfin de révéler l'odieuse vérité sur leur père à Dylan. Était-ce cependant le bon moment ? Frank, n'avait-il pas assez à gérer sa détresse plus celle de Rachel ?

« Je me laisse encore le temps de la réflexion. »

La nuit passa lentement, mais sûrement, Frank qui n'avait pas bougé d'un iota, sentait à présent les premiers rayons du soleil lui chauffer la peau, ainsi que l'odeur du café, remontant à ses narines. C'était doux et agréable à la fois, tout comme la voix de Rachel qui achevait de le sortir de sa léthargie.

« - Hum... » grommela-t-il en ouvrant un œil, puis le second non sans difficulté. La douceur du moment cessa instantanément au profit d'une bonne vieille migraine carabinée que tout bon soûlard se doit de connaître. « - Merde mon crâne ! » Il tenta de se redresser non sans mal à cause des multiples douleurs qui assaillaient son corps. Il n'avait pour le coup que très peu de souvenirs de ce qui s'était passé la veille et en posant son regard sur Rachel, il espérait avoir des réponses.

« - Salut mon cœur ! » tenta-t-il en souriant « - J'ai dormi ici ? » Il remarqua la boîte de doliprane et s'en saisit avant d'en gober un. « - Merde qu'est-ce que j'ai encore fait ? J'ai mal partout, même aux côtés. Dis-moi que... » Il fut alors assailli de quelques flashes et comprit bien malgré lui ce qui s'était passé la veille. « - Mais quel trou du cul, ce n'est pas vrai ! Je suis vraiment trop con. Pardon, mon amour, excuse-moi si j'ai fait une bêtise ! » Il s'en voulait encore plus à présent et souffla « - Tu voulais me parler ? Excuse-moi, je t'ai coupé en plus. Je t'écoute ! » tenta-il cependant pour faire diversion.





— Life after hell, for @Rachel Parker
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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Dim 29 Nov - 5:16
Rachel Parker
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Life after Hell
Rachel & Frank

Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Le voir là, allongé, si paisible était une chose plaisante, car au moins, malgré les traces de bagarre sur son doux visage, Frank ne rendait pas l’image de quelqu’un qui souffrait. Il avait l’air bien. Mais c’était simplement parce qu’il dormait, les muscles relâchés de son visage n’étaient pas soumis à la crispation due au stress, l’inquiétude, la tristesse, la colère, la déception et toute cette négativité engendrée par la tragique situation de leurs vies. Tôt ou tard, il se réveillerait et arborerait à nouveau cette mine que Rachel avait le malheur de lui connaître depuis deux semaines, sachant pertinemment que tout était de sa faute. Mais après ce qu’elle avait vu et entendu la veille, elle voulait absolument que ça change. Ce qu’elle faisait jusque là, ça ne suffisait pas. Elle pensait qu’elle finirait par aller mieux, mais ça n’allait pas assez vite. Frank avait besoin d’elle, la chirurgienne l’avait constaté à la détresse émotionnelle qu’elle avait vue. Elle voulait redevenir cette femme qu’il avait aimée, elle ne voulait pas le perdre. Elle le savait, elle devait se battre, même si c’était difficile, même si elle était rongée par la peur, les angoisses, les cauchemars.. elle ne voulait pas rester comme ça. Elle s’était fait peur la veille, se rendant compte que sans Frank, elle était capable du pire. Il fallait qu’elle essaie de se reprendre. Elle espérait qu’en lui préparant un petit déjeuner, certes sommaire mais c’était la première fois qu’elle touchait à la cafetière depuis son retour, il verrait une petite amélioration et que ça lui ferait plaisir.

Assise à côté de sa tête, elle lui parla avec douceur pour le réveiller. Le soleil s’était levé, il faut dire que ça lui avait pris du temps étant donné les précautions qu’elle devait prendre pour ne rien faire tomber. Le bel américain émergeait doucement, et comme elle l’avait anticipé, il était pris d’un méchant mal de tête. Rien de plus normal quand on boit de l’alcool sans prendre le temps de boire un grand verre d’eau avant d’aller dormir. Elle le vit ensuite se redresser, la saluer avec un sourire. Ah ce sourire, voilà qui lui réchauffait déjà le coeur. Il demanda s’il avait dormi sur le canapé, ce qui trahit alors la perte de souvenirs de la veille. Le léger sourire de Rachel s’estompa. Elle ne voulait pas qu’il sombre dans cette habitude de boire plus que de raison au point ne plus se rappeler de ce qui s’était passé, ne serait-ce que partiellement. En tant que médecin, elle connaissait les méfaits de l’alcool ingurgité en grande quantité ou de manière régulière. Il posait des questions mais se faisait les réponses et elle n’avait pas le temps de lui en donner. Il s’excusait, c’était touchant.

- C’est rien mon ange. On a qu’à oublier hier soir, et puis se dire que ça n’arrivera plus ? Est-ce que tu veux bien ? Est-ce que tu veux bien rester un peu avec moi ?

Elle posa sa main sur la sienne, avec douceur et délicatesse.

- Je t’aime, Frank. Je me rends compte que si tu es revenu dans cet état hier soir, c’est à cause de moi, parce que tu es malheureux à cause de moi…

Rachel réentendait les paroles qu’il avait prononcées la veille, baissant le regard vers le sol.

- ...parce que je ne suis plus celle que tu as connu, celle que tu as aimée.

Puis elle le regarda à nouveau, les yeux brillants.

- Mais je veux que tu saches que je vais faire de mon mieux, je te le promets. Je veux être là aussi pour toi, comme tu l’es pour moi. Je m’en veux tellement de te décevoir, mais je vais faire en sorte que ça change. Je ne sais pas le temps que ça prendra, j’espère que ce sera peu, mais je te promets que je vais essayer. Et… tu es loin d’être con, ça arrive de faire des conneries.

Elle repensa à ce qu’elle avait failli faire la veille au soir.

- Est-ce que… tu veux bien qu’on se promette de se parler, d’être franc l’un envers l’autre ?


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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Sam 5 Déc - 23:17
Frank Turner
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Rachel & Frank

Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

C’est humain de faire des erreurs ! À ce stade, je suis donc un surhomme

Émergent peu à peu, Frank sentit son corps le trahir. Il avait mal partout et subissait cette bonne vieille migraine bien carabinée qui squatte votre tête, les lendemains de grosses beuveries. Oui, il avait bu, tellement que sa mémoire lui jouait des tours. Ce n'était peut-être pas plus mal tout compte fait. Rachel n'en demeurait pas moins présente dans l'adversité et ça aussi c'était une bonne chose.

Frank remarqua alors le petit déjeuner qu'elle lui avait préparé. Et cette attention le toucha, car il ne savait que trop bien à quel point la demoiselle peinait à se servir de l'électroménager et plus encore de la cafetière, cette alliée d'autrefois qui n'était aujourd'hui plus qu'un objectif à cocher sur une liste.

« - Merci pour cette attention » se sentait-il obliger de faire entendre pour mettre en exergue le progrès de Rachel. Et toujours dans la bienveillance, il lui offrit son petit sourire franc du matin avant de gober avidement son doliprane, priant pour qu'il fasse effet rapidement. Toutefois, il comprit bien assez tôt qu'il avait encore merdé et l'incertitude due à l'amnésie temporaire se mua en culpabilité. Les images lui revenaient peu à peu en tête, il poussa un long soupir avant de fermer les yeux et de crisper la mâchoire, espérant encore naïvement pouvoir faire taire ses souvenirs.

« - Non ce n'est pas rien mon amour »

« - Moi aussi, je t'aime Rachel. Écoute, on fait tous des choix et on doit les assumer. Ce n'est pas de ta faute, rien n'est de ta faute. C'est la situation, le mauvais moment, ce monstre. J'ai sûrement dit de la merde hier. Mon amour, ne baisse pas le regard, je t'en prie. » Il approcha doucement sa main de son visage avant d'enfin se résoudre à lui caresser la joue. « - Moi non plus je ne suis plus celui que tu as connu. Je peux l'entendre, tu sais. » Leurs regards se croisèrent enfin ce qui rassura l'Américain malgré la tristesse qui se reflétait dans les perles sucrées de la pédiatre.

« - Non, arrête, tu n'as pas à faire de ton mieux. Rachel tu as été victime de ... » Il fut incapable de continuer, il ne voulait pas la blesser, ni l'effrayer et parler ainsi de ce qui lui était arrivé, pouvait à n'en pas douter lui faire du mal. « - Je sais, c'est encore trop tôt. Ce n'est pas toi qui me déçois, c'est moi. Je n'arrive pas à gérer tout ça et puisqu'il nous faut être franc et honnête. Je crois que j'ai un problème avec l'alcool et une trop grande propension à la violence. J'ai été viré de plusieurs salles de sport, parce que j'ai tabassé plusieurs gars. Et j'ai participé à des combats illégaux. Je bois plus que de raison. Je me sens mal tellement mal, parce que je n'arrive pas à trouver mes marques, parce que je n'arrive plus à me sentir bien. Je ne sais plus qui je suis, tu comprends ? Mais la seule certitude que j'ai, c'est toi. Je t'aime du plus profond de mon âme Rachel Parker. Tu es le grand amour de ma vie et je n'ai pas le droit de t'abandonner. Moi aussi, je dois faire des efforts. » Le pensait-il ? Oui à n'en pas douter, mais parviendrait-il à y arriver, rien n'était moins sûr pour l'heure.

« - Aller, je vais tenter de reprendre des forces. » Il tenta un maigre sourire avant d'entendre quelqu'un frapper à leur porte. « - Mince c'est qui ? Je vais aller voir ne t'en fait pas ? » Il se leva non sans mal et migra jusqu'à la porte et se retrouva face à deux hommes. « Frank Turner ? » Il acquiesça faute de mieux, ils sortirent alors leurs plaques d'identifications. Deux inspecteurs, il ne manquait plus que ça. « Nous voulons voir, madame Davis, est-elle ici ? »

« - Oui, mais ça ne sera pas la peine. Elle n'est pas prête pour vous parler »

« Et vous êtes qui pour en décider. »

« - Son compagnon. S'il vous plaît, pas aujourd'hui »

« Nous le devons. Son agresseur et sortit du coma » Le cœur de Frank manqua un battement face à cette nouvelle. Il espérait que Rachel n'ait rien entendu.


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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Dim 6 Déc - 18:24
Rachel Parker
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Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Rachel avait réellement touché le fond, mais son Amour pour Frank l’obligeait à ne pas se laisser totalement sombrer. Elle avait décidé que c’était le moment de réagir, d’essayer, encore plus, d’arranger les choses. Et ça commençait par faire un effort pour lui. Plus jamais elle ne voulait le voir rentrer dans un tel état. Elle s’était dit que lui préparer un petit déjeuner, comme lorsque tout était presque normal, lui ferait plaisir. Alors certes, elle n’avait guère pu procéder à des préparations très élaborées comme des pancakes dont il raffolait tant, mais au moins elle avait réalisé l’immense prouesse de préparer du café (bon, de la poudre avait un peu été déversée autour et elle avait dû procéder à un nettoyage express du plan de travail) ainsi que faire griller des muffins anglais, mais c’était toujours mieux que de le laisser tout seul face à sa tasse de café comme elle le faisait ces derniers temps. Le remerciement de l’ancien policier la toucha, il avait remarqué son exploit qui n’en était pas un pour le commun des mortels. Un petit sourire était né. Elle avait essayé ensuite de le rassurer, de lui faire comprendre qu’elle ne lui en voulait pas pour sa conduite de la veille, qu’elle comprenait. Mais c’était sans compter l’ancien flic qui était bien décidé à ne pas entendre raison. Au moins avait-il consenti à rester avec elle à l’appartement, ce qui la rassurait. Autant elle avait peur de sortir, autant elle n’était pas non plus rassurée à l’idée d’être toute seule à la caserne. La pédiatre était pourtant consciente que ses craintes étaient irrationnelles, mais cela ne se contrôlait pas.

Il venait de lui dire qu’il l’aimait, et ces trois petits mots lui redonnèrent du baume au coeur. Il ne voulait pas qu’elle baisse le regard, alors elle posa ses yeux brillants sur lui, n’ayant pas appréhendé sa main qui venait s’approcher de sa joue dont les bleus commençaient à s’estomper, et bien que fait avec douceur, ce geste la faisant légèrement tressaillir. Mais elle réalisa que ce doux contact lui avait manqué, après avoir constaté qu’il ne lui faisait pas de mal. Rachel voulait faire des efforts pour lui, Frank le méritait, il était son rayon de soleil, son phare dans la nuit et elle devait le lui montrer. Elle voulait se reprendre, faire de son mieux, mais il avait l’air de dire qu’elle n’avait pas à le faire.

- Non, s’il te plaît… le coupa-t-elle en fermant les yeux alors qu’il s’apprêtait à dire le mot qu’elle ne voulait plus jamais entendre lorsqu’on parlait d’elle.

Déjà, s’entendre être définie comme une victime était horrible, et l’entendre de la bouche de l’être qu’elle aimait le plus l’était d’autant plus. Ce pauvre Frank avoua avoir du mal à gérer la situation et avoir un problème d’alcool et de violence. Rachel le regarda, surprise et compatissante. Tout était de sa faute. Si l’amour de sa vie avait tous ces soucis, c’était à cause d’elle. Elle devait se reprendre, elle devait essayer d’aller bien pour que lui aille bien aussi. Ce qu’il lui raconta l’horrifiait, l’imaginer complètement bourré se battre dans des combats illégaux lui faisait froid dans le dos.

- OK… on va se reprendre tous les deux. Il ne faut pas que l’alcool devienne une addiction et que la violence devienne un langage.

Seulement deux semaines, cela faisait seulement deux semaines qu’ils étaient rentrés ensemble de l’hôpital. Voilà le temps qu’il avait fallu à Rachel pour rendre Frank ainsi. Elle s’en voulait terriblement.

- Allez, mon amour, on doit se dire qu’on va y arriver. Et on y arrivera. Parce que je crois en toi, et ça m’aide à croire en moi aussi.

La pédiatre avait lu quelque part qu’en étant positif, on attirait les événements positifs. C’était le moment. Elle vit son sourire, certes faible, et lui sourit à son tour. Pleine de bonne volonté, elle s’empara d’un muffin grillé qu’elle voulu tendre à Frank lorsque quelqu’un frappa à la porte, la faisant sursauter et lâcher sa prise qui lui tomba sur les genoux. Le regard de Rachel laissa transparaître une crainte évidente. L’ancien flic était beaucoup plus calme et se leva, assurant qu’il allait voir de qui il s’agissait, tandis que la chirurgienne le regardait faire, prise de tremblements intempestifs. Elle reposa, ou plutôt lâcha, le muffin sur le plateau alors que le bel américain était désormais hors de son champ de vision. A présent debout, Rachel hésitait entre s’approcher de l’escalier qui menait, en contrebas, à la porte d’entrée, ou au contraire s’éloigner le plus possible. Elle était tiraillée entre la curiosité et sa crainte de croiser le regard d’un autre être humain. Plantée sur place, figée, droite comme un i, elle put entendre des voix d’hommes, des voix masculines autres que celle de Frank qui, pour le coup, semblait parler plus doucement. La belle brune était incapable se saisir la conversation qui se déroulait un peu plus loin. Tremblante, elle s’avança, le cœur serré, vers la première marche de l’escalier. Là, elle put percevoir les mots « sorti du coma ». Immédiatement, elle comprit de quoi il retournait et son visage avait pâli en une fraction de seconde. C’était comme si son coeur ne battait plus, comme si tout son sang avait fichu le camp de son corps. Ses oreilles se mirent à bourdonner, elle était incapable de respirer, comme si on l’étranglait, sans lui laisser la possibilité de reprendre son souffle.

En bas, les deux policiers insistaient auprès de Frank.


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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Dim 13 Déc - 2:11
Frank Turner
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Rachel & Frank

Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Les moments de douceur étaient rares depuis le retour. Tellement que lorsque Frank parvient enfin à poser la main sur la joue de Rachel, il sentit comme une délivrance l'assaillir. Le sentiment de victoire vite expédié, il fallait dès lors faire face à cette réalité qu'il cherchait à fuir depuis des jours. Bien sûr, des promesses venaient d'être scellées et l'envie de s'en sortir pour transcender leur souffrance commune, semblait bien plus forte que le reste. Mais Frank le savait, cela ne durerait pas. Sur le moment, le besoin était évident, tout comme sur le papier les plans paraissent clairs, mais une fois encore, face à la réalité, on déchante.

Et c'est une fois encore la réalité qui les rappela à l'ordre alors qu'ils savouraient un semblant d'accalmie. L'on venait de frapper à leur porte, Rachel sursauta et en croisant son regard, l'aîné des Turner comprit qu'elle était déjà en panique. Il ne s'en offusqua point et tenta de la rassurer par un sourire, avant de s'excuser et de disparaître pour regagner au plus vite l'entrée afin de s'enquérir de l'identité des nouveaux arrivants. Et lorsque enfin, il comprit à qui il avait affaire, son cœur se serra un peu plus. Deux flics avides de réponses à leurs questions. Ce moment qu'il redoutait devait pourtant arriver, il connaissait la procédure et ne pouvait espérer y échapper, Rachel encore moins.

« Mr Turner, nous pouvons comprendre votre réticence. Mais vous, tout comme nous, vous savez comment fonctionnent les choses. »

« - Effectivement, je connais la procédure. Mais elle n'est pas prête et vous le savez. Lui demander de faire ça ne l'aidera pas et lui dire que son agresseur est sorti du coma, encore moins. »

« Entraver l'enquête ne vous aidera pas non plus Mr Turner. D'autant plus qu'un certain Maxwell Davis a porté plainte contre vous pour injures et menaces. »

« - Je n'étais probablement pas dans mon état normal. »

L'un des inspecteurs restait silencieux jusqu'à présent, remarqua les coupures et les marques sur les phalanges de son ancien confrère. Cependant Frank préféra l'ignorer pour s'éviter de perdre le contrôle et d'aggraver son cas. « - Je vais m'occuper de ça. Je vous recontacterai en temps voulu. »

« Ne traînez pas Turner. Vous savez qu'à présent, ce n'est plus qu'une question de temps. »

« - Bonne journée, messieurs ! »

Il ne leur laissa même pas le temps de répliquer avant de leur fermer la porte au nez. Puis il s'octroya quelques secondes avant de retourner sur ses pas. Rachel se tenait là dans l'escalier, le teint blafard, les yeux humides. Quelle triste vision ! « - Rachel ! » Il se précipita aussitôt vers elle, conscient qu'elle était peut-être au courant de la situation. Il ne pouvait donc se résoudre à user de stratagèmes pour la préserver, eux qui s'étaient promis la vérité sans artifices.

« - C'était deux policiers. Ils sont en charge de l'enquête et avaient besoin de te parler. Il... L 'homme qui.... Ton agresseur est sorti du coma. Ainsi toutes les procédures sont lancées et ça commence par les témoignages. Je leur ai dit que tu n'étais pas prête, qu'il te fallait encore un peu de temps. Mais tu ne pourras y échapper. Je sais que c'est dur pour toi en ce moment, mais il faut qu'on outrepasse tout ça. Si tu ne témoignes pas, il n'y aura peut-être pas assez à charge contre ce monstre et s'il a un bon avocat, il pourrait être en liberté conditionnelle. Du moins, je crois. Marceau ne m'a rien communiqué sur son travail, j'ignore donc ce qu'il a et ce qu'il n'a pas contre ce type. » Il s'approcha un peu plus et lui prit le visage entre les mains. « - Rachel, on va s'en sortir, ça va aller ! »




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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Lun 14 Déc - 4:31
Rachel Parker
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Rachel & Frank

Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

La journée avait si bien démarré, Rachel avait fait quelques progrès, elle était parvenue à faire un petit déjeuner sans rien casser, sans rien faire tomber, elle avait pu avoir une vraie conversation avec Frank, elle lui avait dit combien elle l’aimait et qu’elle voulait se reprendre en main, pour lui. Sur le papier, tout ceci semblait super positif. Seulement voilà, c’était sans compter sur une visite inopinée de deux flics, bien décidés à faire leur travail. Deux semaines que Rachel-Mary Davis était sortie de l’hôpital, trois que l’agression avait eu lieu, pour la police, il était temps d’obtenir des témoignages, d’autant que le criminel était sorti du coma. La pédiatre pensait que cette journée se passerait un peu mieux que les précédentes, qu’elle pourrait être avec Frank, se sentir apaisée, que l’un comme l’autre s’encourageraient à aller mieux, qu’ils auraient droit à une petite accalmie. Elle se trompait grandement.

En haut de l’escalier, elle avait entendu une bribe de conversation, juste assez pour en être totalement bouleversée. Le reste lui échappa complètement, elle était restée sur le fait que l’enfoiré qui lui avait fait du mal était sorti du coma. Le simple fait de le savoir réveillé, donc potentiellement capable de sortir de l’hôpital, la rendait complètement paranoïaque. Elle avait l’impression de ne plus pouvoir respirer et avait sûrement l’air d’une carpe hors de l’eau lorsque Frank remonta l’escalier et la trouva. Elle ne l’avait même pas vu s’approcher. Ses yeux étaient grands ouverts, ronds comme des soucoupes, mais elle ne voyait rien d’autre que les flash des scènes horribles qu’elle avait vécues. Ses yeux s’embrumèrent de larmes tandis que la voix de l’homme de sa vie s’élevait, la ramenant à la triste réalité. L’entendre dire à haute et intelligible voix que son agresseur était sorti du coma lui fit l’effet d’un coup de poing dans l’estomac et elle manqua de s’étouffer. Elle entendit ensuite les mots « procédures » et « interrogatoires » ce qui la fit éclater en sanglots. Les mots de Frank étaient difficiles à entendre, parce qu’elle avait l’impression qu’ils étaient prononcés par un étranger. N’avait-il pas compris, depuis le temps ? L’américaine secouait frénétiquement la tête de gauche à droite répétant « non » sans cesse. Frank voulut lui prendre le visage et elle recula, repoussant vivement ses mains.

- NON ! Comment veux-tu que ça aille ? Non ! Ne m’oblige pas à faire ça ! Tu m’avais promis ! Comment tu peux me faire ça ? Je te faisais confiance, tu m’as dit que je ne serais pas obligée d’aller parler aux flics ! Je ne veux pas y aller ! Je ne peux pas, tu m’entends ?! J’irai pas, je m’en fous, quitte à rester ici jusqu’à la fin de mes jours, j’irai pas les voir !

Les larmes dévalaient ses joues, elle était à la fois en colère et atterrée par tout ce qui se passait et qui échappait complètement à son contrôle. D’un pas décidé, elle repartit vers le salon.

- Ils savent lire, tes collègues, non ? Tout est dans mon foutu dossier médical, ils n’ont qu’à faire des photocopies !

Elle se laissa tomber sur le fauteuil, la tête entre les mains, laissant ses larmes couler.

C’est l’enfer, comment je vais m’en sortir maintenant ?!



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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Mar 29 Déc - 17:50
Frank Turner
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Les progrès de Rachel n'étaient pas significatifs, il est vrai, mais ils avaient le mérite d'exister. Elle faisait bon nombre d'efforts pour se rapprocher de la normalité, des efforts que Frank peinait à voir malheureusement. Il voulait y croire, il s'y était tellement accroché, en vain. Lui-même était trop abîmé pour porter leur douleur commune sur ses épaules. Il se souvint alors pourquoi il avait choisi de s'éloigner et de boire. Certes, c'était pour trouver une échappatoire, mais sa lâcheté était aussi sa façon à lui de préserver la jeune femme, de vérités qu'il craignait de lui balancer en étant ivre. Des vérités qui malgré la sobriété matinale, refaisaient peu à peu surface dans l'esprit de Frank qui sentit son cœur se briser en découvrant Rachel dans les escaliers.

Où était donc la femme qu'il avait tant aimée, cette femme forte et pleine de confiance ? Où était donc ce médecin brillant, son héroïne ? L'image qui lui faisait face lui était insupportable et lui renvoyait à la tronche cette culpabilité insensée qu'il continuait à se traîner. La gorge nouée, il tenta une première approche. Il lui devait la vérité, ils se l'étaient promise et c'est donc avec une infime précaution qu'il lui expliqua avec ses mots à lui, la situation et ce qu'on attendait de la pédiatre. La réaction de Rachel, que Frank ne voyait plus désormais que comme une victime, fut d'une grande violence, assez pour désarçonner complètement son compagnon qu'elle venait de repousser vivement.

« - Rachel, je t'en prie ne réagis pas aussi violemment ! » tenta-t-il avant qu'elle ne lui dame le pion. Elle était en colère et choquée par chacun de ses mots, tellement que Frank se laissa lui-même gagner par la colère, incapable d'accepter de voir celle qu'il avait tant aimée, réagir ainsi. « - Arrête de dire NON. On ne va pas avancer comme ça ! » Mais elle continua et se lança dans une violente diatribe chargée de reproche que Turner digéra très mal. « - Mais putain, tu ne peux pas continuer comme ça. Regarde-toi ! Bien sûr que je ne peux pas t'obliger à faire quoi que ce soit, mais ne me fais pas le coup de la promesse, ne me culpabilise pas davantage. J'ai fait tout ce que j'ai pu pour te préserver, mais aux dernières nouvelles, je ne fais pas les lois et je ne suis plus flic donc même si j'essaie de toutes mes forces, personne ne m'écoutera. Je ne peux pas vivre comme ça Rachel. » Elle repartit alors vers le salon, obligeant Frank à lui courir après.

« - Arrête, je t'en prie. Je ne supporte plus cette situation. Si tu choisis de te conduire en victime le reste de ta vie, c'est toi que ça regarde, mais sache que je n'accepterais pas ce choix. J'ai mis des barrières entre nous, pour me préserver. Inconsciemment, j'espérais peut-être que la distance et le temps passé loin de toi, me permettrais, en te retrouvant, de me rendre compte que je t'aimais encore plus, mais c'est faux. »

Ses beaux yeux bleus s'emplissaient peu à peu de larmes à mesure que son cœur se brisait. « - Je ne peux plus t'aimer. J'ai voulu y croire, j'ai voulu essayer, mais je n'y arrive pas. C'est trop dur de te voir comme ça. On arrête les dégâts Rachel. » Il laissa plusieurs larmes coulaient le long de sa joue avant de tourner les talons, de prendre sa veste et d'enfiler ses baskets « - Je suis désolé Rachel ! » Il lui offrit un dernier regard et quitta l'appartement incapable de comprendre ce qu'il venait de faire et ce qui venait de se passer. Mais au moment où il avait franchi la porte, son cœur acheva de se briser et la colère l'envahit à nouveau, gangrenant ce qui restait de bon en lui.

Plusieurs heures s'écoulèrent, avant que le GOSH ne contacte Rachel et ne lui fasse entendre des paroles qu'elle, sans nouvelles depuis le départ de Frank, redoutaient d'entendre. « Docteur Davis ! Je vous appelle pour vous prévenir que Frank Turner vient d'être admis. Il s'agit d'un coma éthylique et d'une forte absorption de médicaments. »

Le corps humain est conçu pour compenser une perte, il s'adapte pour ne plus avoir besoin de ce qu'il ne peut avoir. Mais parfois la perte est si grande que le corps ne peut compenser lui-même. Il paraît que l'incapacité à accepter une perte est une forme de démence. C'est sans doute vrai. Mais parfois c'est le seul moyen de s'en sortir.

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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Mar 29 Déc - 19:02
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Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

La situation avait totalement dérapé sans que ni l’un ni l’autre ne puisse y faire quoi que ce soit. Frank et Rachel n’étaient, à ce moment précis, plus du tout sur la même longueur d’onde. Lui semblait penser que tout s’arrangerait en coopérant, mais il n’avait pas l’air de saisir, du moins du point de vue de la pédiatre, qu’il lui était totalement insurmontable de sortir de cet appartement et d’aller raconter l’ampleur de l’horreur qu’elle avait vécue à de parfaits inconnus qui lui poseraient sans doute tout un tas de questions auxquelles elle n’avait aucunement envie de répondre. C’était trop tôt, ce n’était pas le moment.

- J’ai besoin de TEMPS ! Laisse-moi du temps, bordel !

Mais Frank s’était braqué, voilà que lui aussi criait. Rachel en avait froid dans le dos, mais elle n’était pas au bout de ses (mauvaises) surprises. Voilà que Frank avait décidé, après avoir proféré des paroles Ô combien douloureuses à entendre, qu’il allait partir, la quitter, qu’il ne supportait plus la situation, qu’il n’arrivait plus à l’aimer. La chirurgienne était restée bouche bée, incapable de répondre en le voyant prendre la direction de la sortie. L’américaine s’était levée de son fauteuil, le souffle coupé, incapable de faire plus que quelques pas.

- Frank… lâcha-t-elle d’une petite voix étranglée.

Trop tard, la porte avait claqué, l’ancien flic était parti. Une douleur et une peine indescriptibles avaient alors envahi tout son corps tandis que ses yeux s’emplissaient de larmes. Elle ne pouvait plus respirer, elle avait juste envie de mourir. Frank était parti, il l’avait abandonné, il ne voulait plus d’elle, il ne l’aimait plus. Rachel venait de perdre tous ses repères.

Après un temps certain passé écroulée au sol en larmes, elle songea à une personne, un ami qu’elle et Frank avaient en commun : Ethan. Cela faisait quelques jours qu’il passait à l’improviste à la caserne, prétextant y chercher Frank, mais Rachel n’était pas dupe, elle savait bien que le psychologue venait dans le but de s’enquérir de l’état de sa collègue de l’hôpital et tenter de lui venir en aide. Si au départ, la brunette n’était très encline au dialogue, finalement elle devait bien reconnaître que les visites d’Ethan l’aidaient énormément. Et il insistait chaque fois en partant, disant que si elle avait besoin de lui, il fallait qu’elle l’appelle. Là, elle avait besoin de lui plus que jamais. Aussi, d’une main tremblante, elle s’était saisie de son téléphone portable pour contacter son collègue.

Une conversation téléphonique entrecoupée de sanglots de la pédiatre s’en était suivie, tandis que le psychologue essayait de la rassurer tout en tachant de comprendre ce qui venait de se passer. Il avait essayé de la faire sortir de la caserne, mais Rachel avait peur. Et à cela s’ajouter la crainte que Frank ne rentre dans le même état que la veille, voire plus amoché encore, et qu’elle ne soit pas là pour s’occuper de lui et de ses blessures. Finalement, Ethan avait convenu que, puisque Rachel n’était pas prête à sortir, il viendrait pour ne pas qu’elle reste seule, et qu’il essaierait aussi de chercher Frank et de lui parler.

La journée avait finalement passé, Rachel n’avait en tête que cette horrible conversation avec Frank, les mots affreusement durs qui étaient sortis de sa bouche. Elle avait essayé de se changer les idées en rangeant une énième fois tout l’appartement. Elle s’était même décidée à rassembler ses affaires, au cas où Frank lui demande de partir. Elle devait s’y attendre au vu de ce qui avait été dit.
Puis, un coup de téléphone acheva de l’angoisser. Un appel en provenance de l’hôpital. Frank y avait été admis, visiblement dans un état d’ébriété frôlant le coma éthylique. Comment une telle chose avait-elle pu se produire ? Pourquoi avait-il recommencé ? La question était trop bête.

A cause de moi !

Pleine de culpabilité, d’autant plus qu’elle était incapable de venir le chercher elle-même, elle s’empressa d’appeler Dylan, le petit frère de Frank. Le jeune homme avait assuré qu’il s’occupait de tout.
Néanmoins, Frank n’avait daigné donner de ses nouvelles et ceux durant soixante-douze heures interminables pour Rachel. Même si Dylan la rassurait comme il pouvait, ce n’était pas pareil. La chirurgienne n’en pouvait plus, elle souffrait atrocement et se demandait si un jour, ça s’arrêterait. Finalement, le bruit de la porte qui se déverrouille se fit entendre. Tel un chien de prairie, la chirurgienne se redressa d’un coup du canapé sur lequel elle était installée et se planta au milieu de la pièce. Elle entendait le bruit des pas qui montaient les escaliers pour quitter l’entrée et rejoindre le salon. Ces pas, elle les reconnaissait, c’était ceux de Frank. Il était rentré. Elle était partagée entre le bonheur de le savoir revenu chez lui, et donc avec la certitude qu’il allait mieux, du moins physiquement, et l’appréhension de l’entendre lui dire qu’il ne l’aimait plus et qu’il fallait qu’elle parte. Enfin, elle put poser son regard sur lui. Son coeur se serra.

- Frank...



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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Mer 6 Jan - 0:05
Frank Turner
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Frank Turner
Messages : 118 Points : 102 Localisation : Hammersmith, une ancienne caserne de pompier Métier : Flic, à la tête de l'USM (Unité Spéciale des Mineurs)une unité de la police œuvrant pour la protection des mineurs
Statut : Père d'un petit garçon de 9 ans. En couple avec Rachel Parker


Life after Hell
Rachel & Frank

Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner.

« - Peu importe à quel point nous sommes résistants, un traumatisme laissera toujours une cicatrice. Cela nous suit jusque chez nous, ça change nos vies du tout au tout. Les traumatismes perturbent tout le monde, n'est-ce pas finalement leur but ? La douleur, la peur et tout le reste ? Peut-être que traverser tout ça nous fait aller de l'avant, peut-être que cela nous pousse, que ça nous met parterres, nous remue, nous atteint et nous blesse. Peut-être que finalement, il faut être un peu amoché avant d'enfin être à la hauteur. »

Frank venait de livrer un soliloque, sans quitter ses doigts qu'il tordait à mesure que le temps filait. Il demeurait inconfortablement installé dans son lit d'hôpital, seul face à un type en blouse blanche, son médecin référant. Voilà plus de vingt-quatre heures qu'il avait été admis à l'hôpital après un petit détour par chez Dylan et une bonne cuite. Frank Turner, l'ombre de lui-même, se sentait à présent tellement honteux face à cet homme qu'il ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Il ne voulait pas être jugé, mais pourtant il n'avait rien fait pour empêcher cet autrui d'émettre un jugement après lui avoir fait part des quelques points de la charte de bonne conduite de l'établissement. L'ancien flic savait qu'il en avait encore pour au moins 24 voire 48 heures avant d'espérer sortir d'ici. Et conscient d'avoir déçu les personnes auxquelles il tenait, il prenait la pleine mesure de sa détresse à présent.

« - Je recommence à fuir, c'est plus fort que moi. Quand la difficulté semble insurmontable, je choisis de me construire une muraille pour ne pas avoir à affronter la réalité. J'ai fait pareil avec ma mère avant qu'elle ne décède. Je me suis enfermé dans le travail, pour ne plus devoir faire face à cet être décharné qui ne ressemblait plus à cette femme si forte qu'était ma mère. Et voilà que je recommence avec ma compagne. Sauf que cette fois ce n'est pas dans le boulot que je me suis enfermé, mais dans du n'importe quoi. Je ne veux pas être alcoolique et encire moins un lâche. Je veux être fort pour la femme que j'aime. Je lui ai dit tant de conneries, je pensais naïvement la réveiller. J'ai vraiment été trop con, elle ne méritait pas ça. Je n'ai pas été à la hauteur tout simplement. Je l'aime doc, du plus profond de chacune de mes entrailles. Je pourrais mourir pour elle et là rien que le fait d'être loin me fais si mal. Vous comprenez ? Je l'aime plus que tout et je ne veux pas la perdre. Je suis prêt à tout pour ça, même à me soigner. »

Sa sincérité était désarmante, ses yeux continuaient à briller d'intensité à chaque fois qu'il évoquait, Rachel. Le médecin, ne pouvait dès lors douter de sa bonne foi et consentit à le laisser partir après quarante-huit heures d'internement. Voilà donc pas moins de soixante-douze heures que Frank avait quitté et Rachel et la caserne. Il avait le cœur lourd en retrouvant Dylan qui le ramena, avec sa voiture. Le reste du parcours, il le fit seul, traînant son sac comme l'on traîne un boulet à sa cheville. Le cœur lourd et la peur au ventre, il regagna l'ascenseur qui le mena jusqu'au premier étage où face à lui se dressait la porte qui le séparait de l'intérieur. Jamais encore, il n'avait été aussi anxieux. Rachel, était-elle encore là ? Avait-elle finalement décidé de retrouver son mari ? Les questions se bousculaient dans la tête du pauvre Frank qui, pour y répondre, devait se confronter à cette réalité qu'il cherchait à fuir à présent.

Il opta pour une dernière grande inspiration avant d'ouvrir la porte prenant mille et une précautions pour ne pas effrayer Rachel qu'il espérait encore présente. En pénétrant les lieux, il sentit aussitôt l'odeur de frais. Rachel avec sûrement fait le ménage à plein régime et abusait du febreeze sur les tissus. Odeur « marine », l'odorat de Frank ne s'y trompait pas et c'était tellement agréable comme odeur, lui-même en abusait sur les tissus à la moindre occasion. L'ancien policier avança de quelques pas et vit Rachel qui précédemment assise sur le canapé, se redressa aussitôt. L'Américain acheva de rejoindre le salon et découvrit donc la pédiatre qui avait elle aussi entrepris de faire quelques pas dans sa direction. Leurs regards se retrouvèrent après plus de soixante-douze heures de séparation. Rachel osa prononcer son nom avec hésitation et incertitude. Frank lâcha aussitôt son sac et se précipita vers elle, faisant fi de ses appréhensions, il la colla contre lui et la serra très fort.

« - Pardon mon amour ! » commença-t-il avant de l'obliger à croiser son regard en prenant son visage entre ses mains. « - À aucun moment, je ne pensais toutes les horreurs que je t'ai balancées. Je me suis conduit comme un connard d'égoïste et je n'en avais pas le droit, pas encore et surtout pas après tout ce que tu as vécu. Tu as besoin de moi et je dois être là, c'est mon rôle. Jamais plus je ne t'abandonnerais, tu m'entends ? Je vais me soigner, je te le promets. Je suis là et c'est pour de bon, cette fois ! »

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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Mer 6 Jan - 1:06
Rachel Parker
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Rachel Parker
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Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Interdite debout au milieu du séjour, Rachel entendait les pas de Frank qui approchait. Les battements de son coeur étaient cadencés par le martellement des semelles de l’ancien flic contre le sol. Dans quel état allait-elle le trouver ? Qu’allait-il lui dire ? Les quelques secondes avant qu’il ne se trouve face à elle furent suffisante pour dresser divers scenarii peu enviables. Mais enfin, la pédiatre put voir le visage de l’homme qu’elle aimait, et qui pourtant avait fait saigner son coeur trois jours auparavant. Mais pouvait-elle lui en vouloir ? Bien sûr que non, du moins pas sciemment. Elle le regardait, retenant son souffle, ayant à peine osé prononcer son prénom. C’est alors qu’il se précipita sur elle. Légèrement crispée, Rachel sentit les bras de Frank la serrer contre lui. Malgré l’appréhension, cette étreinte lui fit un bien fou. A son tour, elle passa ses bras autour de lui et se blottit contre son torse, soupirant silencieusement de soulagement, laissant une larme rouler sur sa joue. Il l’entendit ensuite l’appeler « mon Amour », ce qui acheva de la rassurer. La chirurgienne se sentit comme soulagée d’un énorme poids qui entravait sa respiration. Frank l’aimait toujours. La vie reprenait du sens et des couleurs, l’oxygène revenait dans ses poumons. Elle eut à peine le temps de profiter de cette étreinte salvatrice et de sentir son odeur rassurante qu’il lui refit face, tenant son visage dans ses mains chaudes. Le regard bleuté de l’américain posé dans le sien, Rachel se sentait revivre. Et sa voix, les mots qu’il disait… Pourquoi n’avait-il pas dit tout ça trois jours auparavant ? La brunette ferma les yeux, posant ses mains par-dessus celles de l’homme qui faisait battre son coeur.

- Oh mon amour, comme je t’aime ! J’ai eu si peur que tu ne veuilles plus de moi, que tu me demandes de partir loin de toi. Frank je t’aime, je t’aime à la folie. J’en mourrai d’être encore séparée de toi. Serre-moi contre toi s’il te plaît, serre-moi fort.

Elle se blottit à nouveau telle un petit chat contre son torse musclé, l’entourant de ses bras.

- Je suis désolée de ce qui t’arrive, mon chéri. Je me sens tellement coupable. Si je peux faire quoi que ce soit, dis-le moi. Je ferai de mon mieux pour ne pas te décevoir, je t’aime tellement.

La pédiatre, toujours collée contre lui, leva la tête pour le regarder.

- Comment tu te sens, là ? Ça va ? Tu veux t’asseoir ? Tu veux du thé, du café, ou autre chose, du jus d’orange ?

Elle glissa sa main dans la sienne et l’emmena jusqu’au canapé.

- Viens te poser, laisse-moi m’occuper de toi.

Rachel voulait se sentir utile, ne plus avoir l’impression d’être cette personne terne si éloignée de celle qu’elle était vraiment. Cette coquille vide, cette âme esseulée et apeurée. Il lui fallait un but, mais pas quelque chose de trop difficile à atteindre au risque de se décourager. Prendre soin de l’homme qu’elle aimait semblait un compromis parfait.

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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Sam 16 Jan - 2:17
Frank Turner
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Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner.

Frank n'était sûr de rien en retrouvant le chemin de la caserne. Rachel, était-elle encore là ? Si oui, pourrait-elle lui pardonner sa lâcheté ? Le cas échéant, il ne pourrait lui en vouloir, tant son attitude détonnait avec ce qu'il aurait dû faire, la soutenir. Continuant à se fustiger, il se prépara malgré tout à faire entendre tout ce qu'il avait sur le cœur pour que Rachel accepte de le reprendre. Il était loin de se douter, que de toute façon, il était déjà pardonné, malgré sa défaillance, dont il était prêt à se délester pour mieux repartir. Sac sur le dos, il retrouva donc la pièce à vivre, où avant d'être frappés de plein fouet par ce drame qui les avait éloignés l'un de l'autre, ils avaient vécu bons nombres de moments complices, allongés sur le canapé à se partager un plaid. Puis il repensa à son soliloque empli de sincérité et en voyant Rachel lui faire face, il comprit que désormais, il serait prêt à tout pour elle et qu'il ne l'abandonnerait plus quels que soient les obstacles à franchir.

« - Je t'aime aussi plus que tout. Tu es l'amour de ma vie Rachel, le premier et sûrement le dernier. Être loin de toi c'est invivable autant que d'être séparé de mon fils ou de ne plus voir mon frère. » Il la ramena pour exaucer sa prière et la serra contre lui. L'étreinte lui fit un bien fou, c'était comme si enfin, on l'autorisait à respirer, comme si tout le poids qu'il portait sur ses épaules n'avait plus lieu d'être, comme si la normalité aussi brève soit-elle, les avait assaillis à nouveau pour leur rendre ce que la fatalité leur avait pris. Frank ferma les yeux s'enivrant des paroles de la pédiatre et prenant le temps d'en analyser chaque mot afin de retranscrire par la suite et le plus fidèlement possible ce qu'il avait sur le cœur. Il se rappela au passage l'étreinte échangée avec Dylan quelques jours auparavant. Une étreinte durant laquelle il s'était livré comme jamais, acceptant volontiers de fendre l'armure.

« - Mon amour ! » commença-t-il en s'assurant qu'il bénéficiait de toute son attention. « - Il y aura des jours sans et des jours avec. Des jours où l'on s'en voudra, des jours où nous serons en colère, où ça ira mal. Mais il y aura aussi des moments où nous nous sentirons bien, où tu souriras après que j'aie sorti l'une de mes blagues débiles. Des jours où tu pleureras devant un film et où je me foutrais de toi. Mais tous les jours, je continuerais à t'aimer, tous les jours, je serais là pour te soutenir. Tu n'as pas à te creuser la tête pour savoir ce qu'il faut que tu fasses pour que j'aille bien et encore moins pour ne pas me décevoir. Ça, ça n'arrivera jamais. C'est moi qui ai merdé, Rachel. Tu es un être humain, j'ai exigé trop de toi en t'obligeant à griller les étapes. »

Leurs regards se trouvèrent à nouveau, laissant transparaître chacun leur tour, l'émotion qui les assaillait. Frank ne cherchait plus à se préserver à présent, et même si les larmes devaient couler, nul doute que cela lui ferait le plus grand bien. « - Je me sens bien mieux maintenant que je suis là, avec toi. Allez, on va se poser deux petites minutes ! Notre canapé m'a pas mal manqué » main dans la main, ils rejoignirent donc le canapé où Frank entraîna Rachel afin qu'elle puisse se blottir tout contre lui. « - Déjà pour commencer, c'est moi qui vais prendre soin de toi et pas de « mais » c'est mon rôle. Ensuite, il faut qu'on discute de mon futur emploi du temps. Le médecin a accepté de me laisser partir à condition que je suive un programme. J'ai réussi à négocier avec lui pour être en centre la journée et rentrer le soir. On a tablé sur quinze jours voire un mois, grand max. Je vais aussi prendre rendez-vous avec Ethan pour quelques séances. Je dois être un bon père, un bon frère, un bon petit ami et j'ai bien l'intention de m'en donner les moyens. »
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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Sam 16 Jan - 19:34
Rachel Parker
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Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Quel soulagement. Rachel était rassurée, elle respirait enfin, son oxygène était de retour. Il l’aimait toujours, il était désolé pour ce qui s’était passé. Comment pourrait-elle lui en vouloir ? Une partie d’elle avait été blessée dans son orgueil, certes, mais contrairement aux autres personnes qui l’avaient bafouée dans son estime d’elle-même, Frank n’avait pas fait exprès et il s’en voulait. Maintenant, il fallait aller de l’avant, c’était primordial. Il fallait essayer d’oublier le passé et les mauvaises choses pour se concentrer sur l’avenir, la guérison, les bons moments. La pédiatre écouta donc son grand amour parler, il en avait besoin. Ses paroles étaient rassurantes et pleines d’amour, tout ce dont elle avait besoin. Pour la première fois depuis des jours, un petit sourire était né sur le visage de l’américaine.
Ils se retrouvèrent sur leur canapé si confortable. Rachel avait passé les deux nuits précédentes dessus, emmitouflée dans le plaid, essayant de retrouver l’odeur de Frank. Elle se blottit contre lui sans se faire prier, il était là maintenant, il était là pour elle, elle avait besoin de lui.

- Je t’aime, souffla-t-elle en posa sa tête contre son épaule, laissant ses bras glisser autour de lui.

Comme elle était bien, là, dans ses bras. Si c’était humainement possible, elle aurait volontiers passé le reste de ses jours ainsi lovée contre lui comme un petit chat.

- Ethan est venu me voir, plusieurs fois. Il te l’a dit ? Je… je voulais pas le reconnaître, mais ça me fait du bien de lui parler. J’espère que ce sera pareil pour toi. En plus, c’est ton ami.

Il évoqua son emploi du temps par rapport à sa cure en centre. Jamais elle n’aurait pensé qu’un jour Frank ait à suivre ce genre de programme. Pourtant, ils en étaient là, et elle sentait que c’était de sa faute, bien qu’il s’escrime à laisser entendre le contraire.

- Je suis si contente que tu puisses rentrer le soir. Je serai là si ça va pas. Dis au médecin référent de m’appeler si tu veux, quand tu rentres, comme ça, s’il a des consignes il pourra me les donner. Quinze jours, ce n’est pas grand-chose, tu vas t’en tirer. Et même si ça doit durer un mois, ce sera un mois, ce n’est pas grave. L’important, c’est que tu ailles mieux.

Si elle ne doutait pas un instant de la guérison de son cher et tendre, elle était bien plus pessimiste pour son propre cas. Est-ce qu’elle arriverait à « guérir » en si peu de temps ? Rien n’était moins sûr, mais elle voulait, elle aussi, s’en donner les moyens.

- Je ne veux pas te faire de promesse que je ne pourrais pas tenir, alors je vais juste te promettre de faire de mon mieux, moi aussi. Et tu n’as pas à douter, tu es un bon frère, un bon petit ami et un bon père.

Soudain, à force qu’il ne parle de famille, quelque chose lui revint en mémoire.

- Attends, je pense à un truc… C’est pas la semaine prochaine que tu as Bowie pendant dix jours ? Est-ce que… tu penses que tu dois parler à Megan de tout ça ?

Rachel savait que ça avait été tendu entre Frank et son ex-femme et il avait déjà lutté pour obtenir, dès son retour, quelques jours de garde, alors faire faux bond au dernier moment ne risquait-il pas de ternir un peu plus l’entente fragile qui régnait entre eux ?

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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Lun 18 Jan - 18:40
Frank Turner
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Le retour à la maison fut ô combien salvateur pour Frank qui en plus d'assumer ses erreurs, commençait à retrouver peu à peu ses repaires et cette force de caractère qui lui permettrait de soulever des montagnes. Il n'allait plus fuir, ce n'était pas des paroles en l'air et bien que la difficulté puisse s'accroître dans les jours et les semaines à venir, il était enfin prêt à affronter les obstacles aussi nombreux soient-ils avec Rachel. La retrouver, lui permit aussi de comprendre qu'il était désormais impossible d'être loin d'elle. Ils avaient perdu trop de temps ainsi éloigné, et ce à cause de mauvaises décisions. La vie étant ce qu'elle est, Franky ne voulait plus laisser le Destin s'interposer et l'éloigner de l'amour de sa vie. Pour l'heure, il ne voulait qu'une chose, se posait sur leur canapé et serrait Rachel de ses bras, sans penser à rien d'autre. Ce moment serait le leur et rien ni personne ne pourrait mettre un terme à cela.

« - Tu es bien installée ? » demanda-t-il avant qu'elle ne lui fasse savoir qu'elle l'aimait. C'était devenu tellement naturel entre eux de faire entendre ces trois petits mots. Frank n'en demeurait pas moins touché. « - Je t'aime encore plus beauté ! » lui murmura-t-il à l'oreille. Comme il était bien là, en la tenant tout contre lui. Il aurait à son tour, si cela eût été possible, passer le reste de sa vie dans ce canapé, en la serrant contre lui. Mais il devait se résoudre à penser à l'avenir le plus proche et malheureusement pour lui, ce n'était pas encore conciliable avec la glue sur le canapé.

« - Moi aussi je suis content de pouvoir rentrer le soir. Je n'aurais pas survécu à la bouffe. Crois-moi, ce n'est pas une légende urbaine. La nourriture à l'hôpital est infâme autant que celle du self au lycée à San Francisco. Tu t'en souviens ? On nous laissait le choix entre deux plats, histoire de nous faire croire qu'on échappait au pire. Après, je ne sais pas si je gagne au change. Je crois que ma petite amie n'est pas un fin cordon-bleu. » Doucement, mais sûrement, il se laissait aller à quelques taquineries pour alléger l'atmosphère et parce qu'à une époque, ils fonctionnaient comme ça. Une époque lointaine, mais durant laquelle l'amour les avait surpris sans crier gare. « - On va la jouer collectif ! On ira mieux ensemble et peut m'importe le temps que cela prendra. Cette fois super Franky a sorti la cape et les collants. Moi non plus je ne veux pas faire de promesse, car j'ai l'impression que c'est un peu comme les bonnes résolutions, on peine à les tenir. En revanche, j'ai bien l'intention d'être un bon frère, un bon père et surtout un bon mec. » Il s'approcha légèrement et déposa ses lèvres avec douceur contre les siennes. « - Je suis même prêt à regarder tes séries à l'eau de rose ! »

Rachel se détacha alors, provoquant l'étonnement de son compatriote. « - J'ai dit une bêtise ? » qu'il se rassure, il n'était pas question d'une bêtise, mais d'un oubli qui lui rappela l'indignité de son comportement les jours passés. « - Mais qu'est-ce que je suis con ! J'avais complètement oublié que c'était à mon tour d'avoir le petit. Putain espèce d'abruti fini, qui n'est même pas fichu d'assumer ses responsabilités. Écoute, je préfère ne rien lui dire, elle serait capable de changer d'avis et de faire en sorte de me l'enlever définitivement. Je vais trouver une excuse. Quoique, tu n'es pas obligé de dire oui, mais tu pourrais t'en occuper quand je ne suis pas là ? Je sais que c'est beaucoup te demander et que j'abuse de le faire, mais je ne vois pas d'autre personne en qui j'ai assez confiance pour le faire, hormis le frérot. Mais je ne veux pas l'embêter avec ça. Je peux éventuellement faire croire à Megan que j'ai un job qu'est-ce que tu en dis ? »
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Sujet: Re: FB/ Life after Hell   Lun 18 Jan - 21:38
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Janvier 2019 - Caserne-appartement de Frank Turner

Ainsi blottie dans les bras de Frank, tous deux installés dans ce confortable canapé, c’était presque comme si tout était normal. L’entendre lui dire qu’il l’aimait tout autant sinon plus lui réchauffait le cœur, cela faisait un bien fou, tout comme la chaleur de son étreinte. Rachel hocha la tête avec un petit sourire pour signifier qu’elle était bien installée effectivement. Malheureusement, elle devrait accepter en journée de le laisser partir à sa cure, mais pour mieux le retrouver le soir. Il fallait qu’il se soigne et c’était une bonne chose pour lui que de se reprendre en main. Elle devrait en faire de même.

- La cantine de San Francisco, comment oublier ça ? Nos parents payaient des fortunes ce lycée et on avait des légumes transgéniques aux couleurs fluo… Je sais pas comment on a pu atteindre l’âge adulte sans avoir des poils verts qui nous sortent du nez. Toujours est-il que je ne laisserai pas mourir de faim… J’apprendrai à cuisiner, je trouverai des tuto sur internet, ou je ferai livrer des repas de traiteurs à la maison si tu préfères assurer tes arrières.

La pédiatre n’avait jamais réellement eu le temps d’apprendre à cuisiner, et ces six dernières années, une cuisinière professionnelle travaillait à lui confectionner des repas de qualité à elle et son mari. Entendre Frank l’appeler par son nom de jeune fille ne fit que lui rappeler combien il fallait qu’elle se défasse de l’emprise de Maxwell. Il fallait qu’elle obtienne le divorce, elle ne pouvait plus continuer à vivre ainsi. Aussitôt qu’elle se sentirait de quitter la caserne, elle se rendrait chez une avocate renommée pour espérer avoir gain de cause. Si Maxwell s’entêtait, elle balancerait tout, elle n’avait plus rien à perdre désormais. Le fil de ses pensées fut interrompu par la voix si apaisante de Frank.

- Tu es et seras toujours mon héros, Frank. Et pour ça, je ne t’obligerai jamais à regarder mes séries à l’eau de rose.

Mais la réalité les rattrapa. Rachel venait de songer au planning de son amoureux, un planning qui disait qu’il devait garder son fils la semaine suivante… qui commençait d’ici deux jours. Megan n’était pas du genre conciliante lorsqu’il s’agissait de Frank, elle était plutôt dure en négociation, et le père de Bowie craignait qu’elle ne lui fasse des difficultés s’il demandait à décaler sa semaine qu’il avait déjà eu du mal à obtenir. Il demanda alors à Rachel si elle pouvait prendre soin du petit la journée. Elle en resta interdite quelques secondes. En soi, elle était tout à fait apte à s’occuper d’un enfant de huit ans, ce n’était pas le problème. Le problème était qu’elle avait peur de ne pas être à la hauteur. Elle ne pouvait pas quitter la maison de peur de faire une crise d’angoisse en pleine rue. Mais Frank avait besoin d’elle, il n’avait pas d’autre solution et elle ne voulait pas le mettre dans l’embarras. Il ne lui demandait jamais rien, elle ne se sentait pas de lui refuser le seul service qu’il lui ait jamais demandé.

- Écoute je… oui, je peux veiller sur lui, bien sûr. Par contre, ne mens pas à Megan. Ne lui dis rien. Le mensonge, c’est vraiment la pire des choses et ça pourrait se retourner contre toi. On dira à Bowie que tu as des impératifs d’adulte la journée, tout simplement. Ce n’est pas mentir, il n’a pas à savoir ce que tu fais. Je m’occuperai de lui la journée, je lui ferai faire des jeux, et ses devoirs, j’apprendrai même à faire des cookies s’il le faut. Et quand tu rentreras, il sera content comme tout de te retrouver.

Il fallait que ça se passe bien. Il ne pouvait en être autrement. Samuel-Bowie était un petit garçon adorable et vif d’esprit. Rachel en était sure, elle ne s’ennuierait pas avec lui, et puis n’avait-elle pas toujours préféré la compagnie des enfants ? Ça l’aiderait à se changer les idées.

- Il va falloir que tu ailles acheter des quantités de feutres et de feuilles blanches, on va redécorer la porte du frigo.

Le dessin et coloriage, les gamins de huit ans en raffolaient. Ça et les jeux de société. Hors de question de le coller devant un écran toute la journée, en tant que pédiatre, elle ne savait que trop bien combien c’était nocif pour leurs petits neurones. Frank lui confiait son fils, elle ferait de son mieux, même si la pression qu’elle se mettait était énorme.



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