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A good day ( 29 décembre 2018)

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Alan Murray

Alan Murray

Admin - Melbourne
J'ai posté : 72 messages pour un total de : 70 printemps. Actuellement je vis à : Ca dépend des jours où je suis : Ancien chef étoilé, propriétaire et gérant du Big Apple (un pub) et du O Tartan (un resto)
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Sam 27 Juil - 3:25


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

Ce matin, le réveil avait sonné à plusieurs reprises, sans que cette fois, Alan ne daigne l'interrompre avec violence. Il se contenta dès lors d'ouvrir un œil, puis le second, avant de tendre le bras pour venir presser le bon bouton et mettre un terme au futile discours du chroniqueur. « - Abrutit ! » lança-t-il à l'encontre d'un destinataire invisible. Il se précipita vers les rideaux qu'il tira sans attendre pour que le soleil pénètre la pièce. Aujourd'hui ne serait pas de tout repos, il le savait et se préparait déjà à devoir jouer des muscles pour décharger la multitude de caisses contenant entre-autre de la boisson, des accessoires, encore de la boisson et de quoi préparer des amuses-bouches, car oui, cette année Alan s'était décidé à cuisiner à nouveau. L'essai des cookies à la pomme ayant été un succès, il ne pouvait que réitérer cela et puis qui sait, peut-être que le simple fait de savoir que l'ancien chef s'était remis aux fourneaux contribuerait à rameuter la foule en ce soir de la saint Sylvestre.

Le café noir avalé, en guise de substitut de petit-déjeuner, le Britannique enfila ses « habits de lumière » et quitta son appartement pour regagner le pub où déjà plusieurs membres du personnel attendait. Alan prit le temps de tous les saluer et leur offrit même un café, chose qui étonna l'assemblée peu habituée à voir le patron « aimable » Il s'écoula moins d'une heure avant que le ballet des camions de livraison ne commence. Par chance, en nombre, aujourd'hui, le staff du Kangaroo Whiskey mené par le boss, parvint à très rapidement rangé la multitude de caisses de boissons alcoolisées ou pas, les cinq fut de bières de marques différentes, les dizaines de cartons de décorations et accessoires et les caisses de nourriture. Alan avait vu grand à la surprise de ses employés qu'il avait ensuite convié à ce qui ressemblait à un atelier de cuisine. Bien sûr, il restait quelques aliments à acheter. Il fallait pour se faire, se rendre en équipe à la grande surface réservée aux commerçants. Liste en main et avec une équipe en nombre réduit, Alan mena les opérations. Il se surprit même à passer un bon moment avec son staff. Une expérience qu'il prolongea au retour en lançant l'atelier de cuisine.

Les minutes défilaient, les heures aussi et le moins que l'on puisse dire, c'est que si la bonne humeur était de rigueur aujourd'hui, l'équipe n'en demeurait pas moins productive et à l'écoute. Alan lui-même était à leur écoute et accepta de prendre en considération certaines idées, en l'occurrence celle de réaliser des mets vegan. « - Ok ok je vois que certains sont dans le trip ! » Et puis Eva aussi appartenait à cette mouvance, il ne pouvait de ce fait, passé à côté de l'occasion de l'invité à une dégustation. « - Ok on fera du vegan aussi. Stephy tu gère de la communication là-dessus. Demain j'ai besoin de deux commis. On ira prendre de quoi faire de la bouffe pour les babas. Tout le monde sera content comme ça. Vous êtes ok ? » Tous répondirent en chœur « - Sur ce je vous rends votre liberté. Venez demain à 9 h les volontaires ! Aller ciao » Et c'est tout sourire que la plupart des employés quittèrent le Kangaroo Whiskey. Alan resta quant à lui durant de longues minutes à tout nettoyer, avant de quitter l'établissement pour rejoindre son appartement à l'étage. Le soleil, malgré l'heure (18h) brillait encore intensément et offrait à l'intérieur du Britannique, une magnifique harmonie dans la couleur. Alan se surprit à poser le regard sur l'horizon, le ciel arboré un dégradé qui convergeait vers ce même horizon, l'on aurait presque dit les couleurs d'un cocktail, l'Indien en l'occurrence. Sans trop savoir pourquoi, l'ancien chef s'en alla récupéra son appareil photo, un Canon EOS 1300D pourvu d'un gros objectif, qu'il utilisait jadis pour prendre ses plats en photos. Il enfila sa veste, prit les clés de sa moto et quitta à nouveau son appartement, destination la plage. Cela faisait tellement longtemps qu'il n'avait pas pris de photo, tout comme la cuisine qu'il pratiquait à nouveau, preuve que tout arrive.

Lunettes sur le bout du nez, cheveux au vent, il savourait avec délectation cette sensation indescriptible de liberté. La bécane mordille quelques kilomètres de béton avant de rejoindre la plage. Alan se délesta de ses chaussures qu'il plaça à l'arrière de sa moto, dans le porte-bagage prévu à cet effet. Puis il prit la direction de la plage et du sable chaud. Il y avait encore un peu de monde, en majorité des mordus de glisse. L'ancien chef prit place sur une petite dune, il retira ensuite sa veste qu'il déposa sous ses fesses pour un peu plus de confort et commença à prendre des photos du ciel ou plusieurs oiseaux s'envolèrent, puis de cette petite fille qui tentait de faire décoller son cerf-volant non sans mal. Il reporta ensuite son attention sur les surfeurs et qu'elle ne fut pas sa surprise en découvrant une certaine Evanna dans le lot. Le chef subjugué, ne put s'empêcher de s'approcher afin de prendre quelques clichés. La demoiselle qui ne l'avait pas vu (heureusement) se vautra malgré tout, une chute qu'Alan avait immortalisé en photo et qui lui valut un terrible fou rire qui attira l'attention de tout le monde et certainement de l'intéressée.


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Evanna Porter

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Sam 27 Juil - 15:25


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018


La journée était passée assez vite en ce dernier samedi de décembre. Noël, un de plus au compteur dans Jon, s’était somme toute bien déroulé, en famille, Elizabeth avait été gâtée, comme chaque année. L’adolescente était encore en vacances évidemment, tandis que sa mère travaillait en semaine, aussi avait-elle été confiée à ses grands-parents, comblés de profiter un peu de leur petite fille.
Histoire de terminer en beauté cette fin de semaine, Evanna avait décidé d’aller surfer un peu après le travail. Elle avait anticipé et avait été promener sa chienne sur sa pause déjeuner, histoire que la Pepper poilue puisse patienter un peu plus le soir avant le retour de son humaine, sans risquer de faire de dégâts dans la maison.

Voilà à présent une bonne demi-heure que la biologiste marine était dans l’eau, profitant avec sa planche des vagues incroyables de ce coin de plage qu’elle ne connaissait que trop bien. En général, seuls les surfers s’y rendaient, les vagues importantes ayant tendance à rebuter les baigneurs qui préféraient les criques plus calmes. Soudain, aux prises avec un nouveau rouleau d’une hauteur impressionnante, l’Australienne, qui se débrouillait jusque là parfaitement bien, fut déconcentrée l’espace d’une seconde, ce qui suffit à lui faire faire une chute monumentale non sans une petite pirouette non souhaitée, qui était davantage due à une tentative de se rattraper qu’à un désir de tomber avec style. Cette chute spectaculaire d’au moins deux mètres ne manqua pas de la faire éclater de rire lorsqu’elle regagna la surface, ayant repris sa respiration. Les autres surfers présents, du moins les deux situés non loin d’elle, rirent également de bon coeur en voyant qu’elle allait bien.

« -Voilà pourquoi je l’ai pas tentée ! » déclara l’un des surfers en riant.
« -En même temps Steve, tu prends jamais de risques ! Ça va Eva ? »
-Oui oui, merci.

Le dénommé Steve remarqua la présence d’un « moldu » sur la plage, fait étonnant, qui lui aussi se bidonnait, visiblement à cause de la gamelle d’Evanna.

« -C’est qui celui-là ? »

Eva’ plissa les yeux pour essayer machinalement de trouver la réponse à cette question et se demanda si son imagination ne lui jouait pas des tours en constatant que l’individu lui rappelait un certain Alan Murray. Remontant sur sa planche à plat ventre, elle profita d’une nouvelle vague pour se remettre sur ses pieds et regagner la plage avec beaucoup plus de maîtrise que ne l’avait laissé entrevoir sa chute.
Le sable atteint, la surfeuse se délesta de sa planche et s’avança vers Alan en rabattant ses cheveux mouillés en arrière, tout sourire.

-Salut ! Je pourrais presque croire que tu me suis !

Elle était de très bonne humeur, le surf l’aidait beaucoup à se détendre, c’était une passion qu’elle avait depuis toute petite, comme beaucoup d’australiens.

-Comment tu as atterri ici ? En général, cette plage n’est fréquentée que par les surfers.

La jolie brune remarqua alors la présence d’un appareil photo entre les mains de l’ancien chef étoilé.

-Outre te foutre de ma gueule, j’espère que tu n’as pas immortalisé ma chute ?
demanda-t-elle avec humour, loin de se douter d’à quel point elle était proche de la vérité.


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Sam 27 Juil - 23:36


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

En bon irlandais qu'il était, il ne pouvait qu'apprécier la mer, ses embruns et ce petit goût salé qui vous titille les sens. Mais plus encore cet inexplicable sentiment de liberté qui vous assaillit de toutes parts. Alan aimait aussi, du moins quand il vivait sur le vieux continent et lorsqu'il s'octroyait un peu de temps, se rendre sur les quais pour prendre les bateaux. En général, il optait pour le noir et blanc en guise de filtre et s'en donnait à cœur joie. Il aimait aussi se rendre près des imposantes falaises. Là-bas, les plages n'étaient pas aussi paradisiaques qu'ici et sur le sable trônait de temps à autre quelque douloureux galets qui mettaient à mal la progression. Ici, à l'inverse, le sable était blanc et la mer azur, le genre que l'on retrouve sur les cartes postales et les photos ventant telle ou telle destination pour de prochaines vacances (bien méritées). Les couleurs continuaient à charmer le photographe amateur qui se réjouissant d'avoir pris le temps de venir jusqu'ici pour prendre quelques clichés. Peut-être devrait-il réitérer un peu plus souvent l'expérience. Après tout, il s'était remis à la cuisine, dans la foulée, il pouvait aussi se remettre à la photo. Son psy n'en serait que ravi de voir qu'il cherchait à combler le vide autrement qu'avec de l'alcool et des parties de jambes en l'air. Alan se plaisait déjà à imaginer les réactions du spécialiste qui l'encouragerait dans cette voie à n'en pas douter.

Appareil en main, l'Irlandais captura l'instant et fit jouer son zoom à l'aide de la bague métallique greffée à l'objectif. Il attendit deux petites secondes avant de saisir le moment et fut ravi de voir, sur le visage de la petite, au moment même où son cerf-volant prenait de la hauteur, un sourire étincelant. Il était même parvenu à saisir cet instant fugace durant lequel les yeux, couleur noisette, de la petite, s'étaient illuminés. Ravis de cette capture, Al réitéra l'expérience, mais cette fois, ce n'est pas un sourire qu'il parvint à capturer dans son objectif, mais une gamelle et dans toute sa virtuosité. Il ne pouvait de ce fait que saluer le mode « sport » qu'il avait enclenché en posant son regard sur les vagues et les quelques surfeurs qui se jouaient d'elles. Mais voilà, preuve que le destin se jouait peut-être encore de lui, ou peut-être n'était-ce qu'une coïncidence, l'Européen cru reconnaître Evanna. Pas certain, il prit le risque de s'approcher et constata qu'effectivement, il s'agissait de la demoiselle qu'il n'avait pas recontactée depuis une indécente période. Dans le fond, il espérait ne pas être celui qui fasse le premier pas, bien que dans sa tête, il ne soit nullement question d'un premier pas. Toujours est-il qu'elle était là, face à lui, plus rayonnante que jamais et que lui était incapable de taire son fou rire, l'appareil toujours vissé autour de son cou.

« - Salut ! » lança-il pour répondre à son appel, il ne put cependant s'empêcher de la scruter de la tête aux pieds. Il savait qu'elle surfait, mais ne s'attendait pas à de telles prouesses, et ce, malgré la gamelle. Et puis elle dégageait ce petit quelque chose, d'intriguant et de terriblement sexy, encore plus lorsqu'elle se mit à rabattre ses cheveux mouillés en arrière. La scène aurait pu être ralentie, que cela aurait été pareil. Alan se permit même de saisir à nouveau son appareil pour prendre en photo la demoiselle. « - Je suis paparazzi à mes heures perdues. Je ne te l'avais pas dit ? Mon indic m'a dit qu'une biologiste marine venait surfer ici. J'ai pris ma moto et j'ai foncé. » Il marqua un silence, continuant à arborer un sérieux, qui donna du crédit à ses dires. Puis il se reprit, esquissa un léger sourire et observa à nouveau les environs. « - Tu n'es pas le centre de mes priorités, tu sais ! Et pour répondre à ta question, je suis déjà venu ici, une ou deux fois. Les couleurs étaient magnifiques depuis mon appartement, je me suis dit que ça valait le coup de venir pour prendre quelques clichés. C'est aussi une façon de se détendre après une journée riche. Ah oui et j'ai cuisiné des trucs végans aujourd'hui pour le 31. Je mérite une médaille pour ça et pour avoir aussi repris le tablier. » Les surfeurs observèrent Eva' avant de reprendre leur planche pour s'éloigner et attraper les vagues à venir. Alan ne s'en formalisa pas et reporta son attention sur sa charmante interlocutrice.

« - Me foutre de ta gueule ? Moi ? Non jamais ce n'est pas le genre de la maison. Et puis ce n'est pas comme si je n'avais pas enclenché le mode « sport » pour capturer ce qui me semble être une magnifique gamelle dans les règles de l'art. Et comme je suis un être au combien magnanime, il se pourrait que j'accepte de te montrer le cliché si tu le demandes. Alors ? »


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Lun 29 Juil - 4:15


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

Telle une apparition inattendue mais finalement si plaisante au regard, Alan était là, sur cette plage où Evanna était à mille lieues de l’imaginer. Après tout, cela faisait maintenant un certain temps qu’il n’avait plus donné de nouvelles, ce qui contrastait assez avec les quelques fois précédentes où ils s’étaient vus, puisque le barman s’étant procuré le numéro de portable de la biologiste marine, il n’avait eu de cesse de lui envoyer des SMS ou tenter de l’appeler avant de finalement se pointer devant le bâtiment où elle travaillait. Et depuis leur petite sortie en mer et le déjeuner qui s’en était suivi, plus rien. A croire qu’il avait été vacciné ? Eva’ n’attendait de toute façon rien de cet homme, elle n’était donc pas vraiment déçue, mais le revoir lui fit étonnement plaisir, sans qu’elle ne le réalise vraiment.

Etonnée de voir un non surfeur dans le coin, elle s’empressa de lui demander avec amusement s’il ne la suivait pas, du moins était-ce là une demande implicite, parce qu’au vu de l’empressement dont il avait fait preuve le mois dernier, le silence radio qui avait suivi était étrange. Egal à lui-même, Alan répondit avec humour ce qui fit sourire la jolie brune.

-Loin de moi la prétention d’imaginer être le centre de quoi que ce soit. C’est juste que… Melbourne c’est grand, et croiser quelqu’un par hasard, c’est assez rare. En tout cas oui, tu dois d’éclater par ici si tu aimes la photo.

Elle sourit tout en regardant à son tour l’horizon, se plaçant de ce fait à côté de lui. Le paysage était magnifique, le soleil baissait, laissant entrevoir des couleurs un peu plus rosées. Eva’ pouvait apercevoir quelques uns de ses compatriotes surfeurs reprendre les vagues. Alan alors avoua avoir effectivement réussi à capturer l’instant, et pas n’importe lequel, celui de sa chute magistrale. Elle ne put se retenir de rire.

-Oh non. .. Bon allez, fais voir ! Et puis pour ma défense, t’as vu la taille de cette vague ? Tu sais, ça fait partie du jeu, c’est le challenge, et puis c’est assez drôle au final. Enfin, quand tu évites de te prendre un récif. J’ai quelques cicatrices qui attestent d’un manque de bol certain à une époque…


Grimpant sur la pointe des pieds, elle essaya de jeter un œil à l’écran de l’appareil photo, se tenant néanmoins assez loin pour éviter que de malencontreuses gouttelettes d’eau de mer ne viennent tomber sur le précieux et sans doute très cher appareil. Puis elle réalisa ce qu’elle venait t’entendre.

-Attends, j’ai pas rêvé, tu viens de dire que tu as cuisiné du végan ? Waow, c’est cool. Raconte, qu’est-ce que tu as préparé ? C’est une demande de tes clients ? J’étais sure que ça devait te manquer la cuisine.

Elle se mettait à sa place. Si elle devait abandonner son métier qui la passionnait tant, nul doute qu’elle le vivrait mal et qu’elle finirait tôt ou tard par replonger… sans mauvais jeu de mots. Pour Alan, ça se sentait que la cuisine était un domaine particulier, et il semblait de ce fait évident qu’il y reviendrait tôt ou tard. Visiblement, c’était maintenant.

-Tu vas pouvoir me donner des idées alors. Ou peut-être l’inverse, je sais pas.


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Lun 29 Juil - 23:29


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

La revoir lui faisait plaisir, bien plus qu'il ne l'aurait crû ou peut-être s'en doutait-il, mais cherchait à se convaincre du contraire. Alan Murray est un homme compliqué, tellement qu'il lui arrivait parfois de ne pas se comprendre lui-même. Beaucoup de barrières entravent son existence, des obstacles dont il est de toute évidence le principal responsable. Le silence radio était un procédé dont il usait généralement avec les femmes qui se montraient un peu trop insistantes et faisaient montre de sentiments qu'Alan cherchait à éviter à tout prix. Avec la belle Australienne, c'était différent, ce silence radio résultait de l'envie de savoir si la demoiselle, après avoir subi les multiples assauts de l'Européen, consentirait à jouer, à son tour les intéressées en osant renouer par un appel, voire même un sms aussi futile soit-il. Mais il n'en fut rien, Evanna elle aussi opta pour le silence radio titillant un peu plus l'orgueil d'Alan qui se refusait à faire un quelconque premier pas. Et le voilà sur une plage, pas la plus accessible et pourtant, il y était et elle aussi. Les probabilités qu'ils se recroisent sans se stalker au préalable étaient maigres t pourtant...

Alan se surprit à la trouver radieuse et rayonnante, mais se garda de faire étalage de ses adjectifs mélioratifs. En plus de savourer sa beauté, il se réjouissait que le destin joue à nouveau des coudes pour que leur chemin se croise encore une fois. Il était incapable de l'expliquer, parce que ça n'était pas cohérent étant donné qu'il ne la connaissait que trop peu, mais son absence et le fait de ne plus la voir ni de communiquer avec, avait engendré en lui comme une petite entrave légèrement inconfortable dont il se délestait aujourd'hui avec joie. Il n'en demeurait pas moins incapable de reconnaître le prémisse d'un sentiment de manque. Il cherchait donc à se convaincre que cette anodine rencontre était plaisante sans aller plus loin dans la joie. Très vite, la conversation s'instaura entre les deux âmes esseulées. Alan charria Eva' en lui faisant savoir avec malice qu'il avait immortalisé ce qui lui semblait être la gamelle du siècle. Et il est vrai qu'il était parvenu à capturer l'instant, mais continuait à garder ça pour lui en narguant son interlocutrice qui se cherchait des excuses. « - Ouais un sacré rouleau de printemps cette vague, il n'empêche que tu t'es quand même bien viandé, un comble pour une végane. » Il accepta toutefois, ravi de leur proximité, de lui faire voir, via l'écran tactile, ses clichés. « - Ca fait parti du challenge la tête que tu tires ? » C'était plus fort que lui, il ne pouvait s'empêcher de la titiller gentiment.

D'un naturel désarmant, plus qu'avec quiconque, il lui livra ce qui semblait être pour lui une grande victoire. Eva souriait, heureuse, trop pour que cela soit feint. Aussitôt, elle posa toute une série de questions démontrant d'un véritable intérêt pour ce qu'Alan avait à dire. « - Trois questions en dix secondes, nous avons un nouveau record ! » Il lui sourit avant de remettre son appareil à sa place. L'air marin lui faisait tellement de bien qu'il se demandât pourquoi il ne venait pas plus souvent. Mais peut-être que l'océan n'était pas le seul élément responsable de son état « - Ca a commencé avec des cookies à la pomme. Un client les a goûté et a vraiment « kiffer » comme disent les moins de vingt-ans. Du coup ça m'a incité à réitérer l'expérience et à prendre le réveillon du 31 comme excuse pour cuisiner. On a fait des amuses bouche avec mon staff. Quelqu'un a eu l'idée d'en faire version végan pour contenter tout le monde. Et puis c'était aussi la bonne excuse pour éventuellement t'inviter si tu n'as rien de prévu. On pourrait éviter la beuverie cette fois et repartir du bon pied en 2019. » Il lui sourit et plongea son regard dans le sien. Le silence les assaillit, sans pour autant alourdir l'atmosphère, au contraire. « - Peut-être qu'on pourrait…dîner ensemble. Je pourrais franchir une étape supplémentaire dans le processus et cuisiner pour toi. Un Riz au curry, haricots coco et champignons ça te fais envie ? Ou peut-être du chou farcis au tofu en papillote ? C'est des trucs que j'ai vu sur un site. Oui, je me suis renseigné ! Alors ? On peut pique-niquer ici aussi. Peut-être que c'est préférable non ? C'est un peu débile de m'imposer chez toi. Tu as ta fille, j'imagine que de voir un mec certes canon débarquer chez elle, ça va moyen lui plaire. Ou alors on se claque une bise et on se revoit le 31. Qu'est-ce que te plaît comme perspective Némo ? »





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Mar 30 Juil - 4:04


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

Cela faisait en tout quatre fois qu’Evanna voyait Alan. Et cette fois, les choses semblaient différentes. Elle n’avait pas de gêne ou d’appréhension, pas de rancoeur, pas de tristesse, cette fois, elle était simplement enjouée, et elle attribuait ce sentiment à sa passion pour le surf qu’elle pouvait assouvir en cette douce soirée. Néanmoins, toute personne extérieure aurait pu attribuer ce radieux sourire à la présence que l’homme non moins beau qui faisait face à la surfeuse. L’Européen, appareil en main, se targuait d’avoir en sa possession la photo de la gamelle du siècle. Eva’ elle-même était consciente que sa chute en avait fait rire plus d’un, elle comprise.

-Oui ça… je m’en suis bien rendu compte quand j’ai été propulsée encore plus haut que la vague... Eh bien je peux te dire qu’on a une belle vue.

Alan ne put s’empêcher d’en rajouter une couche en lui montrant la tête qu’elle faisait sur la photo au moment précis qu’elle énonçait. En voyant cette image, elle éclata de rire.

-AH oui… OK… là… je crois que tu peux me faire chanter à vie avec ça ! Tu vas devenir riche, ou alors j’aurai plus d’amour propre, au choix.

L’ex chef étoilé lui conta ensuite les nouveautés dans sa vie, à savoir la reprise de la cuisine et quelques petites préparation qui entraient en le régime alimentaire de la belle qui alors fut prise d’un certain enthousiasme, se demandant elle-même d’où ça lui venait. Sans vraiment savoir pourquoi, elle était heureuse d’apprendre qu’Alan renouait avec sa passion première, la cuisine. Pourquoi donc s’en préoccupait-elle autant ? Le barman lui-même le lui fit remarquer en soulignant le fait qu’elle ait posé trois questions en dix secondes, ce qui la fit presque rougir, mais le bronzage et la lumière déclinante empêchait de remarquer de tels détails. La biologiste écouta avec attention et un sourire non feint la petite histoire des retours derrière les fourneaux.

-Des cookies à la pomme ? Voilà qui est original, il faudra que j’essaie.

Et la suite fut des plus inattendues. En effet, Alan, qui venait d’expliquer que le réveillon au Kangaroo Whiskey serait composé d’un apéro dinatoire, proposa à Eva’ de se joindre à lui. Sans qu’elle ne sache pourquoi, cette proposition ébranla la veuve qui soudain ne sut que dire. Le regard bleuté de son bel interlocuteur la désarma complètement et elle eut l’impression d’être prise dans un immense tourbillon. Elle se contentait de sourire, sans doute un peu bêtement, sans rien dire tandis qu’Alan reprit la parole et il semblait avoir des idées à profusion. Les mets qu’il proposait avaient l’air délicieux et ses idées aussi. Bouche bée, elle ne savait que répondre. Il proposait aussi un pique-nique, et puis cuisiner chez, et il parlait de sa fille. Evanna était soudain perdue.

-Ouh là… attends ! Tu vas trop vite pour mon petit cerveau un soir de fin de semaine, n’oublie pas que je ne suis qu’un pauvre petit poisson clown.

Elle lui sourit, passant d’un pied sur l’autre. La brunette ne savait vraiment quelle décision prendre. Le laisser venir chez elle ne serait-il pas une sorte d’autorisation voilée à aller plus loin ? Elle resongea à sa discussion avec Leah qui ne cessait de l’encourager dans cette voie, mais était-elle vraiment prête ?

-Ma fille est en vacances chez ses grands-parents... Tu me fais saliver avec tes plats…


Elle hésitait. Etait-ce raisonnable ? Elle ne voulait pas lui donner de faux espoirs, surtout après ce qui s’était passé. Pourtant, elle avait envie de le revoir, c’était assez contradictoire.

-Un pique-nique, c’est une bonne idée. On peut apporter chacun quelque chose. Et euh… pour le 31, pourquoi pas. Si tu me promets de ne pas me faire boire avec tes tous délicieux cocktails. Je suis faible face au Mojito tu sais. Non, vraiment, je veux plus qu’une telle chose arrive, je suis pas du genre à me bourrer la gueule en public, je t’assure.


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Mar 30 Juil - 23:28


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

Le soleil déclinant se reflétait sur l'océan, conférant une douce lumière au vaste horizon. Il faisait chaud sans que cela ne soit étouffant. C'était agréable surtout pour un mois de décembre. Assit sur le sable chaud, toujours l'appareil en main, Alan montra ladite photo à son interlocutrice, il ne put réprimer un sourire puis un éclat de rire lorsqu'elle lui fit savoir qu'il pouvait la faire chanter avec un tel cliché. « - Je note l'idée ! Ça pourrait toujours servir ! » Il était à l'aise sans faire le moindre effort et il souriait presque sans pause se fichant bien d'avoir mal aux zygomatiques par la suite. Puis il parla cuisine et aussitôt l'azur de ses yeux arbora une teinte encore plus claire laissant paraître tantôt de la malice, tantôt de l'exaltation. C'était son domaine, son univers, son terrain et il arborait de ce fait un tout nouveau visage à mille lieux de ce qu'il avait laissé voir jusqu'alors.

« - Ouais des cookies à la pomme. Je me suis souvenu d'une bride de notre conversation avant qu'on soit trop torché pour aligner deux mots. Tu m'avais dit que tu adorais les pommes. Et j'y ai pensé sans trop savoir pourquoi d'ailleurs. Un cocktail à ton nom et maintenant des cookies pourvus de ton fruit préféré, si ça ce n'est pas de l'inspiration. Evanna Porter vous allez devenir ma muse culinaire. » lança-t-il faussement sérieux avant de checker à nouveau ses clichés presque gêné par ce qu'il venait de dire. L'instant pouvait d'ailleurs prêter à sourire tant il était difficile d'imaginer le grand, l'unique Alan Murray d'ordinaire si sûr de lui, laissé entrevoir quelques petites incertitudes. Mais tel le kangourou qu'il n'est pas, le chef rebondit s'étonnant lui-même d'être aussi entreprenant à l'égard de cette femme qui ne le laissait plus indifférent. Il lui proposa un pique-nique, avant de se rétracter et de s'inviter chez elle pour cuisiner, avant de se rétracter à nouveau conscient qu'il ne pouvait s'inviter comme ça encore moins avec une adolescente qui pourrait voir d'un mauvais œil la présence de cet inconnu. « - Oula oui j'ai conscience que je parle peut-être un peu trop vite. Les idées fusent comme des feux d'artifice petit poisson clown. Je suis du genre speed encore plus lorsque je ne suis pas sûr de ce que je veux. » Passé cet aveu, il se tue aussitôt se tapant intérieurement la tête contre un mur fictif. Mais pourquoi avait-il dit cela ? Les « abrutis » résonnaient encore dans sa tête.

« - Oublie ce que je viens de dire … » Evanna venait cependant de faire savoir à son interlocuteur que sa fille était en vacances donc absente. Alan, une fois encore reprit la parole sans réfléchir « - Laisse-moi te faire saliver… Avec mes plats bien sûr et en tout bien tout honneur. Mais tu as raison, optons pour le pique-nique, c'est peut-être plus raisonnable. Je ne peux pas m'imposer et m'inviter chez toi. On n'invite pas le grand méchant loup à entrer hein ? » lança-t-il sur le ton de la plaisanterie. « - Quant au 31 je te promets de ne te faire boire que des boissons sans alcool. Les virgins sont tout aussi bon, tu sais. Et tu peux de ce fait être faible sans culpabiliser. Quoique niveau calories ce n'est pas l'extase, mais vu ce que je viens de voir, tu ne ménages pas tes efforts, photos à l'appui. » Il se leva aussitôt et lui tendit la main pour qu'elle en fasse de même. « - On ne se ferait pas les courses ensemble pour notre super pique-nique à la plage ?! »





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Mer 31 Juil - 1:42


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

La bonne humeur régnait en maître sur cette petite dune de sable où Evanna et Alan venaient de s’asseoir pour continuer leur petite discussion. La biologiste en avait presque oublié les circonstances, extrêmement gênantes pour elle, de leur rencontre et plaisantait avec lui comme s’il s’agissait d’un vieux pote. Réalisant cela, elle ne put que s’en étonner elle-même. Elle se savait d’un naturel avenant et souriant, mais jamais elle n’aurait cru, au vu des débuts de leur « relation » , qu’elle pourrait si facilement s’entendre avec cet homme. Et même lorsqu’il évoqua leur soirée beuverie qui s’était finie au lit en rappelant qu’elle avait dit qu’elle adorait les pommes, elle en sourit sans se sentir gênée, preuve que les séances chez Leah commençaient à porter leurs fruits.

-Ah oui, j’ai dit ça ? C’est vrai que j’adore les pommes. Les cocktails à la pomme aussi. Et je fais une tarte aux pommes plutôt pas mal d’après ma fille.

Elle eut un petit rire face à la déclaration du grand chef cuisinier.

-Waow, je passe de gouteuse de cocktails à muse culinaire ? Si ça c’est pas du bol ! J’aurais droit à un badge pour ça j’espère.

Puis le reste s’enchaîna très vite, Alan était blindé d’idées et les énonçait à voix haute, sans que la pauvre Eva’ ne puisse faire quoi que ce soit. En son for intérieur, elle avait envie de le revoir et n’osait pas se l’avouer, aussi, le fait que lui semble être du même avis et ose l’exprimer à voix haute en proposant des idées était troublant. L’Ecossais lui-même le reconnaissait, il parlait sans réfléchir, lançant çà et là des idées.

-Pas sûr de ce que tu veux ? répéta-t-elle avant qu’il ne lui demande d’oublier.

Evanna était paumée. D’une part elle avait ses appréhensions, cette peur d’oser s’avouer que l’idée de passer du temps avec cet homme était plaisante, d’autre part elle songeait aux conseils de sa psy qui lui disait qu’elle devait arrêter d’avoir peur de se jeter dans le vide parce que de toute façon il ne pourrait rien lui arriver de mal. Et il y avait le souvenir de Jon. Que dirait-il s’il la voyait, s’il savait ce qu’elle avait fait ? Mais la voix de la psychologue résonnait dans sa tête, lui tambourinant presque l’idée qu’elle n’avait rien fait de mal.

-Le grand méchant loup ? Carrément ? C’est comme ça que tu te vois ?

Elle prit la main qu’il lui tendait pour l’aider à se relever et elle épousseta sa combinaison.

-Alors on fait ça. Un pique-nique demain sur cette plage, et puis le 31 si j’arrive à ne pas finir complètement beurrée, on commencera 2019 avec un cours de cuisine chez moi, est-ce que ça te va ?

Soudain, intérieurement, une grande claque de sa propre main s’abattit sur son front. Que venait-elle de faire ? Lui proposer ouvertement, clairement, carrément, de venir chez elle. Si ça ce n’était pas un pas en avant ? Sans doute que Leah applaudirait à deux mains, mais Evanna se sentit soudain terrorisée à cette idée, sans pour autant rien laisser paraître. La conversation continuait tandis que son cœur se serrait à ce qu’elle venait de proposer.

-Euh oui, c’est une idée. Tu veux manger quoi ? Bon j’ai pas ton niveau, c’est certain, mais je sais faire plein de trucs.

Elle avança vers le sable mouillé pour récupérer sa planche de surf qu’elle avait laissée pour venir le rejoindre et se tourna vers lui.

-On a intérêt à se grouiller si on veut que les magasins soient encore ouverts.



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Mer 31 Juil - 22:43


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

La vie est étrange parfois. Non pas « étrange, c'est trop réducteur. Elle est ambivalente, le terme est un peu plus technique, mais adéquat. Un jour, elle vous prend sous son aile et vous offre le meilleur, sans rien attendre en retour. Puis le lendemain, elle vous retire tout ce qu'elle vous a offert. L'incompréhension fait naître en vous une certaine méfiance et cette méfiance engendre un voire des changements dans votre comportement. Vous vous interdisez de sourire à nouveau, de rire, d'éprouver des sentiments, alourdi par la peur de tout perdre à nouveau. Oui, ce n'est plus la méfiance qui prédomine, mais la peur et vous voilà phobique de la vie. Le monde est si vaste, il y a tant de personnes qui le peuple, tant d'ancrage potentiel. Comment faire pour s'y soustraire ? Deviens un salaud, pire que celui que tu étais jusqu'alors. Sois désagréable au possible pour éloigner ceux et celle qui auraient le courage de franchir la première barrière. Fais-en sorte que l'on te déteste, c'est tellement plus facile de choisir cette voie. Sois en colère, trouve-toi un ennemi, des responsables à ton état. Les autres, c'est toujours de la faute des autres de toute façon. Ne vis plus pour toi, mais pour ce qui te reste, ton semblant de travail. Et putain par pitié, quitte ce pays, tu y as trop de souvenirs, plus de mauvais que de bons à présent. Oublie l'Europe, oublie ton Ancien Monde, oublie tout.

Que de chemin parcouru. Mon Ancien Monde est encore en moi, il est inscrit dans mes gènes, il fait parti de ce que je suis. Comment ai-je pu croire l'espace d'un instant que je pourrais y arriver ? C'est dingue ! La vie est dingue, toujours ambivalente certes, mais tout aussi dingue. Je me fourvoie en agissant comme le dernier des connards. À quoi bon vivre physiquement si c'est pour survivre mentalement ? Ce n'est pas la vie qui m'a tout volé, mais cette putain de grande faucheuse. C'est elle qui me dois des comptes, c'est vers elle que je devrais diriger toute ma colère. Putain ! Je pourrais, (je devrais) hurler ma colère et tout ce qui obstrue mon cœur depuis ton départ mon amour. Tu me manques tellement si tu savais, sans toi, j'ai longtemps cru que je n'étais rien de plus qu'un bateau à la dérive, condamner à ne jamais pouvoir jeter l'ancre. Sans toi, la vie n'a plus la même saveur. Je pourrais encore lister tout ce qui ne perdure sans toi, mais à quoi bon ? Ça ne va pas te ramener. Je dois l'accepter maintenant. J'ai le droit de sourire, de rire, d'éprouver des sentiments. Je dois te faire honneur et continuer à vivre. Je dois avancer, aller de l'avant, dire au revoir à ce salaud que je n'ai plus envie d'être et retrouver le vrai Alan, celui dont tu étais la seule à connaître l'existence, car mine de rien, il me manque.

Il lui sourit à nouveau, sans culpabiliser de s'octroyer en public cette petite démonstration d'humanité. Un sourire franc, sincère, beau qui lui était dédié rien qu'à elle. Un discourt bateau pour les dragueurs du dimanche, êtes-vous en droit de vous imaginer et pourtant, c'est bel et bien ce qu'Alan se disait dans sa tête en prenant le temps de remettre le capuchon protecteur sur l'objectif de son appareil photo. « - Wow attends tu fais une tarte aux pommes ? Ça, je n'ai pas le souvenir te l'avoir entendu au cours de notre première conversation. Là, tu es obligé de me faire goûter et si en plus ta fille dit qu'elle est pas mal, je dois en avoir le cœur net. J'adore les tartes, surtout quand elles sont au citron meringué, c'est mon pêché mignon. » À son tour, il se prêta au jeu du léger fou rire. Ça lui faisait tellement de bien aussi futile soit la conversation qu'il ne s'en privait plus surtout en si bonne compagnie. Le sourire naissant ne quittait plus son visage, bercé par le vent léger qui consentait à caresser son visage. Le soleil qui avait disparu, laissait sur son passage une immense étendue orangée qui achevait sa course dans l'océan. Le spectacle était si beau que le photographe amateur ne put s'empêcher de prendre quelques clichés supplémentaires tout en proposant à Eva' des plans sans se cacher. Il voulait la revoir alors à quoi bon tourner autour du pot. Toutefois, débordant d'idées, il ne prenait le temps de les refréner et lui qui d'ordinaire contrôler la situation se retrouver face à l'inconnu, presque totalement désarmé. « - Ouais je ne suis pas sûr de ce que je veux donc je compense avec le surplus d'idées. Je n'ai pas l'habitude de courir après les filles, ni de les prendre en photo lorsqu'elle se vautre. » Il lui fit son plus beau sourire en espérant que ce cliché ne l'agace pas davantage. C'est fou, jamais encore, il n'avait pris autant de pincettes avec une fille, d'ordinaire, il ne s'intéressait jamais à une demoiselle si ce n'est pour en faire un plan cul régulier. Bien sûr, il n'était pas insensible au physique de la biologiste et n'était pas contre une nouvelle partie de jambes en l'air, toutefois, il était tout à fait capable de s'en passer si ce n'était pas ce qu'elle voulait. De ce fait, il cessa de jouer les calculateurs et montra enfin ce qui semblait être son vrai visage.

Il lui tendit la main, une main plus incertaine qu'à l'ordinaire et l'aida à se relever sans la quitter du regard. Il avait pris soin de ne point répondre à la question sur le Grand méchant loup. Peut-être n'était-il encore pas prêt à se livrer et à faire part de cette vision erronée de lui qui faisait encore office de bouclier. « - Ouais on peut partir là-dessus. Pique-nique demain, retrouvailles le 31, avec modération et atelier cuisine chez toi le 1er. Tout est noté » Il fit mine de toucher l'une de ses tempes à l'aide de son index. « - Donc passons aux choses sérieuses. Ce que je veux manger ? Et bien étant si gentiment invité, je ne ferais pas le difficile et sans originalité, je te demanderais de me surprendre avec ton univers culinaire. Punaise, ça me rappelle le genre de truc que je sortais aux candidats de ces jeux à la con auxquels je participais lorsque je portais encore l'habit blanc. Mon dieu « surprends-moi avec ton univers culinaire » Je n'arrive pas à croire que j'ai pu dire de telles conneries. » Il se baissa pour ramasser sa veste, ses chaussures et suivi la surfeuse qui s'en alla récupérer sa planche. « - Tu sais quoi ? On ne va pas se prendre la tête ni se presser. Voilà ce qu'on va faire. Chacun va rentrer de son côté. On se donne rendez-vous demain, ici à la même heure. Ça nous laissera le temps de faire les magasins pour ramener quelque chose. Je peux me charger de la boisson. Oui, voilà, c'est ce qu'on va faire. Je m'occupe de la boisson et du dessert. Pour le reste, c'est toi qui gères. Pas de « mais » Demain, ici, à la même heure. Et oui, il se pourrait que je sois plein de contradictions, c'est ce qui fait mon charme. » Il lui offrit son plus beau sourire et s'approcha pour déposa un léger baiser sur sa joue, ne se rendant compte qu'après-coup de la portée de son geste.« - Mais qu'est-ce que tu fous Al ? » Le cœur léger, il souffla longuement avant de retrouver son fidèle destrier. En quittant les lieux, il savait, du moins s'il concentrait à venir le lendemain, qu'il prenait des risques, mais pour vivre intensément, sans regrets, ne doit-on pas prendre des risques ?

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Jeu 1 Aoû - 2:13


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Pourquoi soudainement ces temps-ci, la vie prenait une tournure étrange ? Les choses avaient mis tant de temps à s’apaiser pour qu’Evanna puisse s’autoriser un semblant d’acceptation de la situation, à savoir la perte de Jonathan, alors pourquoi à présent que tout était redevenu un tant soit peu calme dans son esprit, fallait-il qu’un homme vienne tout chambouler ? A quoi jouait-il, ce foutu Destin ? Elle était bien avec sa fille, son job, ses collègues, ses amis, sa famille. Pourquoi avait-il fallu qu’une sorte de force invisible ne la pousse vers ce bar inconnu, à boire plus que de raison, chose qu’elle n’aurait jamais faite dehors et seule en temps normal, pour finalement s’envoyer en l’air avec un parfait inconnu. CE parfait inconnu qui à présent était en face d’elle et la troublait de plus en plus. Pourtant, la biologiste tentait d’ignorer les signes.
Le sourire d’Alan était comme un rayon de soleil sur l’horizon à l’heure du levé du jour, c’en était presque hypnotique, tout comme l’azur incroyable de ses yeux. Elle sortit de sa contemplation rêveuse alors qu’il s’étonna qu’elle sache faire une tarte aux pommes.

-Oh tu sais, c’est pas grand-chose à faire. Enfin oui, tu dois bien le savoir, je suis bête. Suffit de savoir faire de la pâte feuilleté et de la compote et couper des pommes sans se couper un doigt et ça le fait. Ah la tarte au citron meringuée, ça c’est du challenge, et c’est délicieux.

Le rire qu’il laissait échapper était contagieux. Elle détourna le regard un instant avant d’être préoccupée par ce qu’il disait. Ne pas savoir ce qu’il voulait. Voilà qu’il parlait de « courir après les filles » . Était-ce ainsi qu’il la voyait ?

-Ne dis pas ça. Tu ne me cours pas après. Ni moi après toi. Tu le sais. Bon par contre c’est vrai, je me suis bien vautrée, je le reconnais parce que clairement j’ai pas le choix, y a des preuves à l’appui.

Le magnifique sourire qu’il lui fit effaçait la petite tension qu’Evanna avait ressentie. Il l’aida ensuite à se relever avant qu’ils ne continuent la conversation sur le programme de cette fin d’année. Le planning semblait établi, pic-nic le lendemain, puis la soirée du 31 au Kangaroo Whiskey et cours de cuisine le 1er janvier. Alors qu’Alan énumérait cela, la biologiste hochait la tête. Elle ne put s’empêcher de rire en l’entendant lui servir la phrase qu’il sortait visiblement aux candidats des émissions culinaires qu’il jugeait. Sauf que son rire était mi-nerveux mi-amusé.

-Tu me fous la pression là, j’ai jamais prétendu être un cordon bleu, toi c’est ta spécialité… Tu promets que tu vas pas me juger hein ? Je t’ai vu manger tes pâtes carbo, on aurait dit l’examinateur du bac.

Et soudain, l’ancien chef changea encore de plan, plus question de faire les courses ensemble, cette fois ils devaient simplement partir chacun de leur côté pour se retrouver le lendemain soir ici-même. La surfeuse planta sa planche dans le sable avant de poser ses mains sur ses hanches avec un air faussement mécontent.

-Ça t’arrive d’être constant ?

Elle se demanda même si sa phrase était sortie tant la surprise de recevoir un baiser sur la joue fut grande. Elle le regarda s’éloigner, les yeux ronds, avant d’enfin récupérer ses affaires et rejoindre sa voiture.

****

Le 30 décembre 2017

Evanna s’éveilla avec le soleil, sourire aux lèvres. Une bonne nuit de sommeil, voilà bien longtemps que ça ne lui était pas arrivé. Elle mit ça sur le compte des nouveaux médicaments qu’elle prenait pour dormir. Elle se réveilla avec l’un des deux chats lové en boule dans son dos tandis que sa chienne Pepper attendait sagement qu’elle ne se lève. L’humaine se dépêcha d’aller nourrir sa petite tribu poilue avant de prendre son téléphone pour envoyer un SMS à sa fille pour savoir si elle tout allait bien. Elle se fit ensuite un café et se mit à feuilleter son livre de cuisine. Qu’allait-elle bien pouvoir faire au grand chef pour ne pas passer pour la dernière des cruches ? Il fallait trouver quelque chose qui pouvait se manger à température ambiante et qui ne soit pas trop galère à transporter. Et puis elle ne savait même pas ce qu’il aimait ! Se torturant les neurones à essayer de trouver des idées, la jeune femme ne se rendait même pas compte du paradoxe de se prendre autant la tête pour un homme qu’elle voulait garder à distance. Elle trouva quelques idées sympathiques dans son livre et alla checker dans ses placards les ingrédients qu’elle avait. Il lui faudrait faire quelques courses. Parfait pour promener Pepper.

-Tiens-toi prête, Pep’s, on sort dans un quart d’heure !


Café englouti, Eva’ se précipita dans la salle de bain pour prendre une bonne douche avant d’enfiler un jogging et des baskets, et de revenir pour mettre son harnais à sa chienne. Elles allèrent à la petite supérette en petites foulées. Par chance, ce petit établissement local acceptait les animaux, et la biologiste aimait bien faire ses courses ici. Elle acheta quelques légumes qu’elle avait mentalement notés et ressortit, marchant tranquillement avec le sac en papier dans une main, la laisse de Pepper dans l’autre. Une fois rentrée, elle lava les légumes et fruits qu’elle venait d’acheter, s’attacha les cheveux et se lava les mains. Elle était fin prête pour la cuisine. Ne sachant que faire, elle opta pour plusieurs choses : une salade vitaminée composée de laitue, d’avocat, petites tomates, de figues et raisins avec des pignons de pin avec une vinaigrette maison à base de purée de sésame blanc, jus de citron, huile d’olive et sauce soja. Ensuite, pour accompagner, des muffins salés aux tomates séchées et basilic. Et elle opta enfin pour un taboulé cru à base de chou-fleur mixé, petits dés de tomates, concombre, menthe fraîche, raisins secs et oignons rouges. Le tout réparti dans trois tupperware, elle les plaça au frigo en attendant l’heure fatidique. Puis elle se dit qu’elle avait bien le temps de préparer des amuses-bouche, alors elle opta pour des roulés de courgette à la féta végétale, faite maison évidemment. En général, en une seule journée, elle ne cuisinait pas autant de choses différentes, sauf pour les fêtes un peu spéciales, comme les anniversaires ou Noël. Cette petite entrée était l’une des préférées de Jon, cela faisait des lustres qu’elle ne l’avait plus préparée.

Il restait six heures avant le pic-nique et Eva’ commençait à avoir faim. Ayant la flemme de se remettre à cuisiner, elle décida de taper dans des restes qui traînaient de la veille. Le temps passa ensuite à une lenteur incroyable avant que l’heure de quitter sa maison ne sonne. Elle avait promené une dernière fois sa chienne, lui recommandant ensuite d’être bien sage. Elle avait repris une douche et avait opté pour un short en jeans et une chemise rouge aux pans noués devant et des chaussures ouvertes, l’idéal pour un pic-nic à la plage. Puis elle sortit un panier dans lequel elle disposa les tupperware et des assiettes et couverts en bois, ceux qu’elle utilisait pour les pic-niques en famille. En voiture et c’était parti. Elle n’eut pas bien longtemps à conduire avant d’arriver au lieu de rendez-vous. Elle se gara et sortit de la voiture, ses clés dans la poche arrière de son short, panier en main, lunettes de soleil sur le nez. Eva’ observa quelques instants l’horizon, les vagues dansant et mourant sur le sable tandis que le soleil déclinait. C’était beau, elle aimait ce paysage, comme l’attestait le petit sourire qui ornait ses lèvres. Puis elle sortit de sa rêverie et alla s’installer sur la petite dune de sable où Alan et elle s’étaient quittés la veille.


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Alan Murray

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Ven 2 Aoû - 2:28


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 29 décembre 2018

Elle était comme une douce mélodie que l'on ne se lasse d'écouter, mais que l'on n'assume jamais au grand jour. Son regard lui, ces deux amandes sucrées couleur chocolat, était aussi un délice interdit. Pour dire vrai, c'est tout son corps qui se substituait à cette métaphore de gourmandise. Cette inconnue qui l'était de moins en moins à l'égard de l'Européen, était parfaite physiquement et tout autant du point de vue de l'intellect. Preuve que la femme belle indépendante et intelligente que l'on voit en tête de gondole dans les magazines féminins, n'est pas un mythe moderne. Et ce sourire, l'on pourrait aisément lui dédier tout un poème de style Baudelairien pour lui rendre justice et magnifier sa beauté. Sur la lèvre supérieure, se trouvait une charmante petite cicatrice attractive par la curiosité qu'elle suscitait et érotique par son emplacement. Face à tant de beauté, Alan se trouvait bien con, mais continuait par fierté à ne rien laissait paraître, du moins il essayait force est de constater qu'il était de plus en plus difficile de faire semblant de ne rien voir.

Et alors que l'accalmie les étreignait avec douceur, Alan commis ce qui semblait être une première maladresse en laissant entendre qu'il n'avait pas l'habitude de courir après les filles. Eva' ne s'était pas braquée fort heureusement, mais la tonalité sur laquelle elle reprit son interlocuteur, laissa poindre une tension qu'il espéra balayer avec humour « - Non on ne se court pas après. Et puis ce n'est pas comme si j'avais sauté dans ton bateau pour avoir une audience et me faire entendre. Hormis ça, c'est le fruit du hasard que l'on cueille bien malgré nous, je dois dire. Tu remarqueras la métaphore filée en adéquation avec mon désir de tarte. Non plus sérieusement, il est vrai que j'ai désormais en ma possession un cliché d'une surfeuse sexy qui s'est bien vautrée » Il fit mine de se gratter le menton pour illustrer une fausse réflexion « - Hum, je pense que je devrais encadrer ce cliché ! Ouais, je vais le faire et je l'intitulerai… Merde, je n'ai pas d'idée, ça viendra peut-être lorsque la photo sera encadrée dans mon salon ou dans mon pub. » Si le sourire persistait, l'envie de charrier la demoiselle était aussi forte. A les regarder tous les deux, l'on aurait pu croire qu'ils se connaissaient depuis des années, alors qu'en réalité ils n'étaient rien de plus que des étrangers l'un pour l'autre.

Le programme énoncé, Alan, s'en même s'en rendre compte, retrouva l'un de ses anciens gimmick, une phrase toute faite presque devenue sa phrase fétiche lorsqu'il était membre d'un célèbre jury de chefs au sein d'une émission culinaire tout aussi célèbre en Angleterre. « - Mon dieu je ne peux même pas dire que j'étais jeune et con pour justifier ce leitmotiv débile ! » Et alors qu'il tentait d'oublier son célèbre gimmick, Eva' presque intimidée faisait appel à l'indulgence de son interlocuteur, non sans humour sans pour autant parvenir à éclipser sa légère appréhension. « - Tu es trop mignonne ! Je ne suis plus un chef étoilé et encore moins le membre d'un jury qui sous une musique éreintante, poussait des candidats à courir partout pour donner le meilleur d'eux et nous servir quelques fois de la merde. Non plus sérieusement, ne te mets pas la pression. Le coup des pattes à la Carbonara, c'était pour frimer un peu. Et puis c'est aussi un défaut professionnel. Promis, je ne jouerais pas les examinateurs du bac en goûtant tes préparations. Parole de scout que je n'ai jamais été. » Non, il ne la jugerait pas, pourquoi le ferait-il ? Et puis ce n'était qu'un pic-nic, nul besoin d'un quelconque cérémoniel pour savourer l'instant. Il serait avec elle, cela suffisait à passer un bon moment. D'ailleurs, cette pensée, aurait presque pu le faire rougir, si par malheur, il l'avait laissé entendre. « - Je suis constant quand il le faut » Il l'affubla d'un dernier clin d'œil avant de déposer un léger baiser sur sa joue. Il en avait déjà trop fait et privilégia ce qui semblait être la fuite en avant. Son cœur cognait de façon abrupte contre sa poitrine à présent et si la douleur était désagréable, à force d'habitude, elle devint agréable. Cette femme était loin de se douter de l'effet qu'elle procurait sur Alan, lui-même mit du temps à s'en rendre compte. C'était comme s'il était à nouveau un adolescent et qu'il vivait ses premiers émois. Assis sur sa bécane, il prit quelques secondes et repensa à tous un tas de choses. Conscient de la dangerosité de sa réflexion, il préféra mettre les voiles et rentra en songeant au lendemain et à ce pic-nic qu'Evanna avait accepté de partager avec lui, preuve que les miracles existent encore.

Samedi 30 décembre 2017

Le réveil s'enclencha comme tous les matins laissant entendre la gouaille du présentateur de cette station fm devenue familière aux oreilles d'Alan. La main de ce dernier ne s'abattit pas sur l'appareil, mais sur la touche « off » Il venait sûrement de prolonger la durée de vie de son réveil en optant pour cette approche. C'est le sourire aux lèvres, qu'il quitta son lit. Il avait bien dormi, un fait suffisamment rare pour être souligné, et ce, sans prendre de somnifère, ni la moindre goutte d'alcool. La démarche encore incertaine, il s'en alla tirer les rideaux pour délester sa chambre de la pénombre dans laquelle elle se trouvait encore. Dehors sans surprise, le ciel bleu azur et le soleil avaient reprit leur quartier. « - Un temps idéal pour un pic-nic » laissa-t-il entendre à voix haute avant d'aller prendre une douche. Il passa ensuite aux choses sérieuses, lunettes de vue sur le bout du nez, il alluma son mac et commença à surfer sur le web pour explorer l'intriguant monde des vegans. Il lui fallait une recette originale pour le dessert, Eva étant vegan, l'ancien chef avait accepté de faire quelques efforts. Il espérait surtout la surprendre en confectionnant un dessert 100 % vegan. « - Alors voyons voir ce que l'ami google nous proposes sur nos amis les vegans » Carnet en main, il se mit à prendre des notes. « - Ok, je crois que j'ai pigé le délire » Il déchira la feuille de son carnet pour en prendre une nouvelle sur laquelle il inscrit aussitôt tous les ingrédients dont il devrait se servir pour confectionner son cheese-cake aux framboises (vegan et sans gluten) ainsi que de quoi préparer quelques muffins à la pomme façon vegan cela va de soi.

Pour faire les choses bien, il se rendit dans une petite épicerie fine, qui proposait toute une gamme de produits bio et étiqueté vegan. Peu habitué à cuisiner de tels ingrédients, l'ancien chef s'octroya quelques longues minutes de déambulation dans le magasin avant de repartir satisfait et les bras chargés. Il fit toutefois un détour en centre-ville et s’arrêta dans un magasin de bricolage pour y acheter un petit cadre noir. Il rentra donc chez lui, retrouva avec joie sa cuisine pour faire parler ses talents culinaires au rythme de quelques vieux quarante-cinq tours qu'il glissa dans sa platine. Il commença donc par le cheescake et embraya sur les muffins à la pomme puis en fit une autre fournée à la rhubarbe-fraise, un mélange qui l'avait intrigué. Il respecta les préceptes des vegans et cuisina sans œufs, sans lait et autres aliments provenant des animaux. Ce ne fut pas facile pour le non-initié qu'il était, mais il ne se démonta pas et réalisa tout ce qu'il avait prévu de faire. Un marathon de cuisine qui s'étira sur toute l'après-midi sans pour autant venir à bout de sa patience, Alan étant trop heureux de cuisiner à nouveau. Il finit par fixer la pendule à mécanisme apparent accroché sur son mûr en pierres apparentes. Il lui restait encore une petite heure. Consciencieux, il plaça ses deux fournées de muffins dans un grand plateau qu'il recouvrit de papier alu. Il laissa encore un peu le cheese-cake au réfrigérateur pour qu'il continue à prendre et s'attaqua sans attendre à la préparation du mojito à la framboise qu'il allégea en rhum histoire de ne pas le rendre trop fort.

Paré, il plaça le tout en congélateur et remonta dans sa chambre pour aller se changer. Il opta pour un chino straight en lin et coton gris très clair et se décida pour un débardeur blanc qu'il agrémenta d'une chemise de la même couleur. Pour les chaussures, il ne put se résoudre à cogiter bien longtemps et opta pour une petite paire de basket plate et bleue. Il passa par la salle de bain et se remit un peu de parfum avant de remettre ses cheveux en place. Aucun détail n'était laissé au hasard. De retour en bas, il récupéra son précieux appareil photo qu'il brancha à l'imprimante et fit sortir en papier glacé le fameux cliché sans nom sur lequel Eva' se prenait au beau gadin. Ni une ni deux, le Britannique récupéra le cadre qu'il avait acheté en début d'après-midi et y plaça la photo à l'intérieur. Fier de lui il retourna en cuisine plaça toutes ses préparations dans une glacière et c'est le cœur léger qu'il retrouva son SUV et plaça le tout à l'arrière, ainsi que le petit cadre. Derrière le volant, il ouvrit sa boîte à gants pour y récupérer ses lunettes de soleil. Au passage, il attrapa un chewing-gum régla son rétroviseur et mit les voiles, direction St Kilda Beach. Le sourire aux lèvres, il vit le soleil se mouvoir, quel beau spectacle ! Il retrouva le parking de la plage, se gara et récupéra tout ce qu'il avait à prendre. Il se sentait si bien et alors qu'il déchargea son véhicule, il repensa à cette nuit où il s'était rué chez Leah et qu'il s'était retrouvé à lui parler de cette femme qu'il s'apprêtait à retrouver, celle qui mettait à mal bon nombre de ses habitudes, mais celle pour qui son cœur battait avec ardeur.

Il prit donc la direction de la plage et vit sur la dune qu'ils avaient occupé la veille, une silhouette familière qui observait l'horizon avec attention. « - Moi qui pensais être le premier je me suis enfoncé le doigt dans l'œil jusqu'au coude. » Il déposa la glacière sur le sable et sorti de sa poche le fameux petit cadre qu'il lui tendit « - C'est le seul exemplaire, j'ai supprimé la photo de mon appareil. Je me suis dit que ça te ferais peut-être plaisir d'avoir ce magnifique cliché. » Il attendit qu'elle récupère le cadre et prit place à ses côtés tout en ouvrant la glacière. « - Alors, j'ai fait de L'Evanna Cocktail en grande quantité en n'ayant pas la main lourde sur le rhum. Ensuite, pour le dessert, j'ai suivi des recettes vegans. Tu auras le droit à un cheese-cake à la framboise sans gluten et des muffins à la pomme d'une part et à la rhubarbe-fraise d'autre part. Tout est vegan ! Et là, c'est moi qui aie la pression. Et toi qu'est-ce que tu nous a fait de bon ? »


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Evanna Porter

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Ven 2 Aoû - 4:35


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève

30 décembre 2017

Regardant l’horizon aux couleurs pastel et chatoyantes, Evanna en oubliait la petite pression qu’elle ressentait. Cette petite crainte qui lui tiraillait l’estomac était-elle seulement due à l’appréhension de cuisiner pour un grand chef, ou bien était-ce plus profond ? N’était-ce pas plutôt le fait de s’autoriser à revoir cet homme qui avait chamboulé ses petites habitudes, et plus encore sa vie. Oui, c’était fort comme mot, mais c’était vrai. Il l’avait poussée dans ses retranchements sans le savoir, et à présent elle se posait mille et une questions, si bien que sa psy avait du pain sur la planche pour la rassurer, mais la poussait à le revoir. A la vérité, Eva’ savait qu’elle devait arrêter de cogiter parce que ça partait à chaque fois dans tous les sens et au final, elle n’était pas plus avancée. Elle repensa à ce qu’il avait dit, à plusieurs de ses propos. Alan avait dit qu’elle était sexy et ça l’avait un peu étonnée parce que d’une part elle ne faisait rien pour l’être, et d’autre part, en tenue de surf ? Sérieusement ? ça l’effrayait un peu qu’il puisse la voir ainsi parce que ne voulait pas spécialement plaire aux hommes, elle ne voulait pas lui plaire… Tout aurait été bien plus simple si elle ne lui plaisait pas, mais elle n’était pas idiote et pour qu’il s’accroche comme ça après une soirée beuverie se soldant par une partie e jambes en l’air, et malgré les filtrages d’appels et de SMS, c’était bien qu’il cherchait quelque chose. La biologiste essayait de balayer tout ça de son esprit. Elle refusait d’admettre qu’il lui plaisait, qu’elle était heureuse de le revoir, et même qu’il lui était arrivé de penser à lui. Non, elle ne devait pas s’autoriser ce genre de choses, elle avait dérapé une fois, c’était amplement suffisant. Ils allaient se voir en amis, en adultes, sans arrière-pensée. C’était ça le plan. Elle apprendrait à le connaître, en ami, et il apprendrait à la connaître, en amie. Rien de plus.

Rien de plus Eva’, ne te prends pas la tête.


Un peu en avance, elle s’était arrêtée au sommet de la dune de sable pour mieux regarder la mer, cet élément où elle se sentait chez elle et qui l’apaisait toujours, et ce depuis toute petite. Fixer l’horizon lui permit d’effacer de son esprit ses doutes et ses petites angoisses inhérentes à ce rendez-vous fixé la veille à l’improviste. Elle réalisa alors qu’avec ce programme qu’Alan avait établi, ils allaient se voir durant quatre jours de file. L’Australienne commença à se demander si ce n’était pas bizarre, et ses pensées recommencèrent à partir dans tous les sens quand soudain, le silence fut rompu par une voix familière. L’Ecossais était arrivé. Elle se retourna pour lui faire face et sourit.

-J’ai souvent tendance à être en avance.

Elle s’empressa d’ouvrir le panier qu’elle avait apporté pour déplier un plaid qu’elle déposa sur le sable avant de s’installer dessus, invitant du regard Alan à en fait de même. Il lui sortit alors un petit cadre-photo qu’il lui tendit. Evanna s’en saisit et dut retenir un éclat de rire.

-Non, t’as pas fait ça ? Oh cette tronche que j’ai ! OK, tu avais raison… Il faut que je fasse un effort de style pour les chutes. Merci, je crois.

Elle s’étonna qu’il ait quand même supprimé le cliché pour qu’elle soit la seule à l’avoir. Cette attention était plutôt délicate.

-Alors tu as abandonné l’idée de l’accrocher au pub ? J’avoue que ça m’arrange, même si j’aurais pu te saigner en droit à l’image.

Eva’ observa Alan qui ouvrait sa glacière en expliquant ce qu’il avait préparé. Et il s’était donné du mal, c’était vraiment touchant. Impressionnée par tout ce qu’il avait confectionné, elle le regarda avec de grands yeux ébahis, ayant d’avance l’eau à la bouche.

-Waow, dis donc, tu plaisantes pas toi quand tu fais des desserts ! Ça a l’air délicieux, je vois pas pourquoi tu as la pression, tu es dans ton élément. Et pour le cocktail, j’espère bien que tu n’as pas eu la main lourde sur le rhum, plus question de prendre une cuite comme la dernière fois. Parcimonie sera le maître-mot de 2019, lança-t-elle en souriant.

A son tour, elle sortit de son panier à pic-nic les différentes boîtes ainsi que les assiettes et couverts en bois, et ouvrit les tupperwares au fur et à mesure qu’elle expliquait.

-Alors j’ai fait des amuses-bouches qui sont des roulés de courgette au fromage végétal. C’est moi qui l’ai fait, j’espère que tu aimeras.


Elle posa la boite contenant les petits roulés piqués de cures-dents devant lui.

-J’ai aussi fait des muffins salés à la tomate séchée et au basilic avec en accompagnement une salade vitaminée à base de salade verte, avocat, figues noires, raisins blonds et des pignons. Et comme je savais pas si tu aimerais, j’ai aussi fait un taboulé cru à base de chou-fleur.

Un peu stressée à l’idée de voir le grand chef étoilé goûter à des mets qu’il ne connaissait sans doute pas, du moins pas dans cette version, elle lui tendit une assiette.

-J’espère que tu aimeras… et que ça t’aidera à ne pas penser comme tout le monde que les vegans ne mangent que des graines.


Elle sourit avant de se saisir de deux gobelets en bois.

-Alors, on goûte ce mojito allégé en rhum ?

Il faut dire que le mojito portant son prénom, nouvelle spécialité du Kangaroo Whiskey, avait désormais les faveurs de la biologiste marine, et de ce fait, elle était impatiente d’y goûter à nouveau, en étant presque sure cette fois de ne pas finir trop enivrée.
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Alan Murray

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Mer 7 Aoû - 0:39


A Good day
Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

« - J'ai peur Leah, je n'avais pas ressenti ce genre de truc depuis Maya et je l'ai épousé. Tu crois que je… que je suis en train de tomber amoureux ? » Ses derniers échanges avec Leah lui remontèrent en tête. Cette nuit-là, il avait semblé si désemparé sans avoir absorbé la moindre goutte d'alcool. Comment en avait-il pu arriver à un tel état ? « Tomber amoureux ? » Cette interrogation ne quittait plus son esprit. Le sourire, la proximité, l'envie constante de la charrier, de l'impressionner, de passer du temps avec elle. » L'homme ébranlé ferma les yeux « Tu te dis que ça pourrait peut-être aller plus loin ou du moins, tu as envie d'essayer. » C'était à présent les paroles de Leah qui lui revenait en mémoire. Et si c'était vrai et si elle avait raison. L'ancien chef ne se laissa cependant pas le temps de la réflexion et secoua la tête pour se reprendre. Evanna était déjà là et venait de prendre place sur la dune qu'ils occupaient la veille. « - La ponctualité et moi ça fait deux ! » lança-t-il avant de prendre place sur le plaid et d'offrir ce petit cadeau dont il était fier. « - Bah si je l'ai fait, la preuve en image ! » Il la laissa observer le chef d'œuvre « - C'est vrai qu'avec cette tronche il y a de quoi se remettre en question. Après personne n'est parfait hein ! » Il lui fit savoir toutefois, qu'il avait supprimé le cliché de son appareil, un aveu qui pour une fois n'était pas un mensonge « - Ouais, j'ai abandonné cette idée, j'avais trop peur que ça devienne l'attraction phare au profit de mes cocktails. Et puis la perspective de se faire saigner en droit à l'image par une furie sur sa planche, ça m'a quand même un peu refroidi, je dois l'avouer » Il ne put s'empêcher de se marrer en voyant l'expression qu'elle laissait paraître son visage. Ah Sacré Evanna !

L'ancien chef s'arma donc de sa glacière et la délesta de la boisson et des muffins qui pourraient survivre contrairement au cheese-cake qu'il laissa à l'intérieur. Faisant preuve d'un sérieux qui ne lui ressemblait guère, il énonça ses préparations toutes veganes. Un défi pour lui qui appréhendait l'avis de la spécialiste. « - J'ai la pression parce que je viens de remettre la tête dans les fourneaux. J'ai cuisiné avec très peu d'aliments et je n'ai pas l'habitude de travailler comme ça. C'était un défi très chère, j'espère donc que ça en valait le coup » Elle semblait ébahis et ne feignait pas son intérêt pour ce qui d'apparence, semblait délicieux. « - Je ne plaisante jamais lorsqu'il est question de nourriture surtout pas avec les desserts, c'est ma botte secrète pour charmer la jolie demoiselle, enfin, je l'espère. Pour ce qui est du cocktail, normalement, il est peu probable que l'on se prenne une cuite. C'est limite si ce n'est pas un virgin Evanna mojito. En tout bien tout honneur hein ! Parcimonie ! » dit-il en faisant mine de porter un toast invisible. À son tour la demoiselle délesta son panier de son contenu présentant ainsi différentes boîtes à la vue du chef.

« - Wow une adepte des tupperwares ! Tu me sors le grand jeu-là ! » lança-t-il un brin moqueur. À son tour, après avoir ouvert ses chères boîtes, elle se lança de quelques explications qu'Alan écouta avec une religieuse attention . « - Mais dis-moi, toi non plus tu ne plaisantes pas. Il y a de quoi nourrir un régiment végan avec tout ce que je vois. » Il lorgna sur les muffins salés qui semblaient vraiment très appétissants, mais attendit toutefois que la demoiselle achève ses explications. « - Respire ! C'est important de respirer. dans la vie. En fait là, à mon humble avis pas si humble que ça, nous sommes en train de nous mettre inutilement la pression. » concéda-t-il en prenant l'assiette et les couverts en bois qu'elle venait de lui tendre. « - Franchement je ne pensais pas qu'on pouvait cuisiner autant de bonnes et belles choses. Preuve qu'il faut être ouvert d'esprit, surtout en cuisine. Aller, on se détend la nouille, on va déjà commencer par se boire un petit Evanna. » De ce fait, il attrapa la bouteille dans laquelle se trouvait la préparation. « - Cette fois c'est la bonne. À la parcimonie d'une part et à l'audace d'autre part ! » Il cogna son verre contre celui de la biologiste. Alan se saisit quant à lui de la boîte contenant les petits roulés piqués au cures-dents. Sans formalité aucune, il attrapa l'amuse-bouche composé de courgette et de fromage végétal, maison. Quelle ne fut pas sa surprise en constatant qu'il y avait du goût.

« - C'est… très honnêtement je pensais que cela serait fade, mais c'est vraiment délicieux en fait ! » Il délesta le roulé pour les muffins salés qui lui faisaient de l'œil depuis la présentation. « - J'adore les muffins salés, là tu as la pression ! » Il en attrapa un et croqua sans modération « - Hum… » Il ferma les yeux pour mieux savourer « - La tomate séchée et le basilic sont des âmes sœur. C'est le pied. » Il en reprit un deuxième pour confirmer ses dires. « - Je suis obligé de m'excuser. Je vous cantonnais aux graines force est de constater que je me suis trompé. C'est délicieux Eva et je ne dis pas ça juste parce que tu me plais…enfin je veux dire juste pour te faire plaisir » Mais c'était trop tard, le lapsus venait de parler pour lui. « - Je… » Il posa son regard sur l'horizon espérant y décelait l'ombre d'une réponse, mais rien ne venait. « - C'est délicieux ! » dit-il en croquant à nouveau dans son muffin et en se servant en salade.



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Jeu 8 Aoû - 15:57


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève

30 décembre 2018

Alan était méconnaissable, loin du dragueur légèrement frimeur, il avouait avoir la pression quant à son retour aux fourneaux et avec un mode de cuisine qu’il découvrait. C’en était touchant et mignon, Evanna se surprenait à le trouver adorable d’avoir fait autant d’efforts pour elle. Elle lui sourit avec bienveillance, les yeux pétillants rien qu’à entendre ce qui les attendait pour le dessert.

-Les défis ne sont-ils pas faits pour être relevés ? Et puis quand on sait cuisiner comme toi, omnivore ou vegan, ça ne change pas grand-chose, tu dois avoir une certaine intuition qui t’est propre. Et j’imagine que tu as suivi une recette, ce sera sûrement parfait. Si une cuisinière du dimanche comme moi arrive à faire quelques trucs, toi tu dois cartonner.

Le côté optimiste de la biologiste avait toujours tendance à encourager les autres. Elle avait sorti du panier tous les récipients pour manger et boire et Alan se chargea de leur servir le cocktail tout en continuant d’argumenter sur sa botte secrète des desserts. Eva’ se crispa quelque peu lorsqu’il précisa qu’il s’en servait pour charmer. Non, non et non. Elle ne se laisserait pas avoir. Ce pic-nic n’était pas un rendez-vous galant, c’était juste un pic-nic entre potes. Il n’y avait pas de chandelles, rien de romantique, elle n’avait pas mis de robe ni fait d’effort particulier de coiffure ou de maquillage, elle était comme au quotidien.

-Eh, te moque pas, c’est vachement pratique les tupperwares. C’est ma belle-mère qui m’en a offert toute une collection, et tu vois, ça sert.

Elle sourit à sa remarque sur la diversité de ce qu’elle avait préparé.

-Je ne savais pas ce que tu aimais, du coup j’ai décidé de faire plusieurs choses au cas où, en plus il fallait trouver des plats qui puissent se manger à température ambiante… Donc j’ai opté pour du simple et de l’inratable.

La biologiste hocha la tête, c’était vrais qu’ils se mettaient un peu le stress pour rien, à cuisiner l’un pour l’autre. D’ailleurs pourquoi ? Evanna n’avait jamais été stressée de rapporter des petits gâteaux ou autres préparations au travail pour ses collègues, alors pourquoi face à Alan, elle avait cette appréhension de décevoir ?

-Je suis contente de t’avoir fait découvrir un autre mode de fonctionnement. Et puis en général y a de jolies couleurs avec tous ces légumes et fruits.


Le cocktail fut servi, il était temps. Il lui faudrait au moins ça pour venir à bout de ses appréhensions. Quoi qu’il était allégé en alcool celui-là. Ils trinquèrent et Eva’ dégusta quelques gorgées du mojito qui portait son nom. Elle le regarda ensuite s’attaquer aux amuse-bouche, quelque peu stressée par son avis de grand chef. Elle l’observait, presque comme on aurait observé une bête curieuse dans une cage faisant un numéro savant. Le verdict tomba et la biologiste ressentit un soulagement certain en constatant qu’il avait apprécié.

-Ouf. La vache je plains les candidats des émissions auxquelles tu participais, c’est un tel stress ! Alors que je joue pas ma carrière, alors j’imagine ceux pour qui ça compte vraiment…

Secouant la tête avec un petit sourire, elle attrapa à son tour un cure-dent dont l’extrémité tenait le roulé à la courgette. Elle eut une petite pensée pour Jonathan qui raffolait de ces petites bouchées. Evanna se demanda l’espace d’une seconde si elle avait bien fait d’en préparer pour un autre, puis se gifla mentalement. Leah la gronderait surement de penser une telle chose. C’était bête. Alan ne lui laissa pas le temps de tergiverser et s’attaqua aux muffins. Le retour du stress.

-Je te jure que j’essaierai de te mettre l’angoisse au moment du dessert, tu verras ce que ça fait ! lança-t-elle avec un sourire en coin.

L’Ecossais sembla apprécier tout autant les muffins, ce qui acheva de soulager la biologiste. Bon, au moins il ne mourrait pas de faim ce soir, il aimait plusieurs choses qu’elle avait faites. A son tour elle en prit un qu’elle cassa en deux entre ses doigts.

-Merci, répondit-elle à son compliment avant de porter un morceau de muffin à ses lèvres.

Cependant, elle manqua de s’étouffer avec en l’entendant dire qu’elle lui plaisait. Elle toussa un peu tandis que l’ancien chef cuisinier tentait de rattraper sa bourde. Dans la tête de l’Australienne, c’était le chaos. Elle hésitait entre partir en courant et… partir en courant. Mais elle était complètement paralysée par ce qu’elle venait d’entendre, les yeux écarquillés tandis que le regard d’Alan se portait sur l’horizon. Faire comme si de rien n’était, voilà ce qu’il fallait faire.

-Ravie que ça te plaise alors
, dit-elle alors qu’il entamait la salade colorée. Tu veux que je te serve du taboulé avec ?

Elle lui prit avec douceur les couverts des mains, effleurant les siennes ce qui lui fit comme une décharge en plein cœur, avant d’achever de lui remplir son assiette.

Reprends-toi, c’est rien, il essaie de jouer au flatteur c’est tout, tous les mecs font ça, c'est connu.

En tout cas, elle essayait de s’en persuader tout en servant les assiettes. Pour sa part, elle choisit à nouveau la parcimonie parce qu’elle voulait absolument garder de la place pour les desserts qui, aussitôt qu’elle les avait entendus et vus, la faisaient saliver. La jolie brune se saisit de sa fourchette et mangea un peu de salade.

-Alors, comment tu trouves ? C’est tout simple, mais je trouve intéressant de mettre quelques fruits dans les salades.

Voilà, parler salades et fruits, ça évitera de balancer des trucs du genre « tu me plais aussi mais je peux pas te donner ce que tu veux ».

Eva posa son assiette et ses couverts et reprit une bonne gorgée de cocktail, vidant son verre.

-Je te ressers ? demanda-t-elle avant de se saisir de la bouteille.



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Alan Murray

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Dim 11 Aoû - 1:25


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Tout se passait bien, tellement que l'on pouvait redouter ce qui suivrait cette douce accalmie. Une tornade, une tempête, un séisme… tout était permis avec Evanna Porter. « - Oui effectivement les défis sont faits pour être relevés. A une époque, c'était mon leitmotiv. Ça l'est encore, mais différemment. Donc tu disais « quand on sait cuisiner comme toi… » continue à me passer de la pommade ça fait du bien. » Il ferma les yeux et fit mine de savourer ce doux moment. « - Ouais ok je vois que tu n'es plus apte à jouer les lèches… bottes. Restons polis ! Donc, oui, j'ai mis mes petites lunettes de vue et j'ai suivi les bases de quelques recettes. Je ne suis pas encore suffisamment calé sur le mode vegan pour improviser. Une autre fois peut-être, ce qui laisse sous-entendre que nous devons nous revoir. Ah, mais suis-je bête, on se revoit le premier janvier pour un cours de cuisine en privé. Là, je pourrais peut-être improviser et t'en mettre plein la vue. Si bien que tu pourras à nouveau me passer de la pommade » Il lui offrit un léger clin d'œil. Il reprenait confiance, c'était bon signe pour la suite. Tellement de confiance qu'il se permit à nouveau de charrier la belle brune adepte des tupperwares (qui ne l'était pas ?) « - Non mais je n'ai pas dit que ce n'était pas pratique. C'est juste que moi quand on me dit tupperwares, je pense à vente à domicile. Tu sais ces réunions où une espèce de gourou de la vente rameute des groupes de quadra qui ont dépassé la date de péremption, pour leur vendre des conneries comme des Thermomix, de la lingerie coquine, mais aussi et surtout les sacro-saints tupperwares. J'imagine qu'ici ça fonctionne différemment non ? Ne me dis pas que tu es aussi une adepte de la vente à domicile ? Pas toi ! Tu briserais le mythe, on répondant par l'affirmatif !»

Mais l'heure n'était plus aux jeux d'enfant qui se charrient gentiment pour ne pas avoir à répondre de leurs sentiments. Non là, il était question de dégustation et on ne plaisante pas, l'on savoure ce moment. Un brin moqueur, Al fit jouait le suspens avant de reconnaître non pas son erreur, mais son manque de connaissances. « - Effectivement, vous cantonner à n'être que des bouffeurs de graines n'est pas vous rendre justice. C'est simple, mais efficace. Et effectivement, c'est frais, coloré, appétissant et équilibré tout en étant goûtu. Que demander de plus ?! » Il s'en mettait plein la panse, c'est le moins que l'on puisse dire, mais il ne se forçait pas pour avoir ses faveurs, il appréciait réellement ce qu'il gouttait, tellement qu'il y retournait gaiement. « - Tu sais, c'est rare que je fasse des compliments ! La dernière fois, c'était une sorte d'exception. Je suis tombé sur les bonnes pattes à la Carbonara, j'aurais été malhonnête de ne pas le reconnaître. Devant l'écran, on m'a construit une image de rustre, voir même d'enflure. J'avoue, j'en ai joué, le personnage plaisait, mais putain qu'est-ce que j'en ai sorti des conneries. Je regrette aussi parfois d'avoir été trop sévère avec certains candidats. » Il attrapa un verre et le sirota gentiment avant de commettre une bourde, non-rectification une GROSSE bourde que le commun des mortels se plaît à appeler lapsus révélateur. Un léger froid s'installa dès lors, imperceptible si on n'y prête aucune attention et pourtant….

« - Euh ouais ouais, un peu de salade s'il te plaît ! » Il y a des jours sans et des jours avec. Il y a des jours où tu gères une crise et d'autres où tu te vautres comme une merde. S'il fut un temps pas si éloigné que ça, je pourrais me targuer de gérer la crise, maintenant, j'en suis presque au stade bouffer les pissenlits par la queue ou d'aller me terrer je ne sais où pour que l'on m'oublie dans le meilleur des cas. « C'est délicieux Eva et je ne dis pas ça juste parce que tu me plais… » Bah tu lui carrément que tu es en kiffe sur elle ! La demoiselle tout aussi gênée lui tendit les couverts, immanquablement leurs doigts se frôlèrent, mais pouvaient-ils faire autrement ? Alan attrapa donc les couverts faisant comme si rien ne s'était passé et joua le jeu de l'autruche faute de mieux. Une fois servit l'ancien chef porta les fameux couverts à sa bouche et goûta la salade. Il mâcha encore et encore, faisant montre d'un long silence cette fois. Elle proposa même de le resservir en Evanna cocktail, chose que d'ordinaire, il n'aurait pas refusé.

« - Non…enfin si je veux bien. La salade est délicieuse…. Merde… Oui, elle l'est vraiment. Eva' on va longtemps tourner autour du pot ? Écoute, je ne sais pas comment te prendre… non oublie cette phrase... Écoute je… je suis paumé là au moins autant que toi. Il faut qu'on en parle, on ne peut pas continuer comme ça. »


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Dim 11 Aoû - 18:33


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève

30 décembre 2018

Evanna apprenait à connaître Alan par le biais de quelques petits détails qu’il laissait entendre sur sa vie, ou plutôt son ancienne vie, et pour une raison qu’elle ignorait, tout ceci titillait sa curiosité, elle avait envie d’en savoir plus. Pourquoi donc ? A première vue, ils n’avaient rien en commun et si on en oubliait cette nuit torride due à un surplus d’alcool ingurgité, jamais ces deux êtres n’auraient dû se rapprocher. Et pourtant, n’étaient-ils pas tous deux ici sur cette plage, face aux rayons sur soleil couchant à l’horizon, à se découvrir et partager ? Eva’ appréciait le fait que l’ancien chef ait fait l’effort d’apprendre quelques rudiments de la cuisine végane, juste pour elle. Il n’en restait pas moins assez brute de décoffrage et plutôt franc du collier. Il sous-entendait qu’ils devraient forcément se revoir avant de se rappeler du programme que lui-même avait établi. La biologiste était partagée entre deux feux, deux sentiments contradictoires, à la fois enjouée à l’idée de le revoir dans d’autres contextes, et en même temps appréhendant, se demandant pourquoi elle avait accepté tout ça.

-Oui, il me semble que c’est ce qui est prévu. Sauf si tu as changé d’avis, ce que je pourrais comprendre.

Il embraya sur tout un discours à propos des tupperwares, et à la vérité, l’Australienne ne s’était jamais posé plus de questions que ça sur le système de vente de cette marque. Sa belle-mère lui avait offert toute une panoplie une année, et elle s’en était contentée. Elle regarda donc Alan, l’air étonné qu’il en sache autant.

-Ben dis donc, pour quelqu’un qui semble abhorrer le truc, t’as l’air bien au courant ! lança-t-elle avec un petit sourire. Et les Thermomix c’est hyper pratique ! Ma collègue en a un et je peux te dire que ça change la vie. J’hésite à m’en prendre un aussi.

Evanna était rassurée sur un point, l’Ecossais semblait apprécier ce qu’il mangeait. Autant dire que ça enlevait un certain poids de ses épaules, elle qui s’était mis une pression pas possible en se disant que cuisiner pour un chef, c’était mission impossible. Finalement, il paraissait ouvert d’esprit à l’idée de découvrir de nouvelles façons de faire, il revoyait ses préjugés et c’était assez agréable à entendre.

-Ça fait plaisir d’entendre que ça te plait. Bon c’est pas très élaboré mais on fait ce qu’on peut, surtout pour un pic-nic. Quant aux compliments, eh bien du coup me voilà flattée d’y avoir droit. Merci.

Elle sourit face aux explications sur l’image qu’avaient pu renvoyer de lui les médias à l’époque où il participait en tant que jury aux émissions culinaires et où, visiblement, les candidats en prenaient pour leurs grades.

-Comme je n’ai jamais regardé ce genre d’émission, je n’ai jamais pu te voir être un juge hyper sévère avec ces pauvres candidats, je suis obligée de te croire sur parole. Mais, peut-être qu’à l’occasion j’irai faire un tour sur youtube pour entendre et te voir dire ces fameuses phrases cultes propres à l’univers culinaire de chacun. J’avoue que je trouve ça assez marrant.

Puis, quelque chose se passa. Autre qu’une phrase culte, un boulet de canon était sorti de la bouche du gérant du Kangaroo Whiskey. Eva’ tenta autant que possible de ne pas relever, mais elle était assez perturbée. Elle s’empressa donc de lui servir de la salade, puis un verre et reposa le tour sur la nappe. Et comme le rustre qu’il était, Alan fonça tel un taureau, ne se gênant pas pour la bousculer encore par ses propos. La brunette sentit son cœur se serrer, n’osant plus le regarder. Ses yeux se fixaient sur l’horizon qui laissait voir de belles couleurs rosées pastel à mesure que le soleil descendait. Il voulait parler. Il était trop tard pour prétendre ne pas savoir de quoi il voulait parler. D’une main un peu tremblante, elle attrapa son verre qu’elle avait empli à nouveau et le vida d’une traite, puis elle reposa le gobelet avant de se mordiller la lèvre. Que lui dire ? Elle n’avait qu’une envie, disparaître, partir en courant, se volatiliser, même courir jusqu’à l’eau et se tirer de l’Australie à la nage lui semblait une option plus acceptable et moins stressante. Ses pensées fusaient dans tous les sens, elle se rappelait les paroles de Leah, mais d’un autre côté, elle revoyait Jonathan. Puis elle repensait à sa psy, la seule à savoir ce qui s’était passé puisque la biologiste ne s’était pas même confiée à ses amies ou sa collègue. Et elle lui disait sans cesse de laisser une chance à cet homme. Pourquoi était-ce si difficile ? Elle prit une grande inspiration en fermant les yeux, il fallait qu’elle pèse chaque mot qu’elle lui dirait, de peur que ce ne soit mal interprété.

-Alan… commença-t-elle d’une voix hésitante. Non, à la vérité, je ne sais pas quoi te dire. Je sais pas quoi penser, parce que… parce que tu me troubles. Voilà. J’arrive pas à me concentrer, et j’ai besoin de temps, et toi, toi tu fonces à mille à l’heure. J’ai peur que tu te fasses des idées sur moi, que tu en attendes trop et j’ai pas envie que tu te sentes blessé par ma faute. Oui, je suis perdue, c’est vrai, et je me prends trop la tête, c'est vrai aussi, ma psy me le dit tout le temps. Je suis comme ça, c'est difficile pour moi et je crois que tu peux pas comprendre ce que je vis. Mais toi, non, tu n’as pas l’air si paumé que ça, tu as l’air de savoir ce que tu veux.

Plus elle parlait, plus elle s’embrouillait. Elle aurait donné n’importe quoi pour être sur sa planche de surf, ou bien sous l’eau avec ses bouteilles à observer les fonds et les poissons, voilà qui l’aidait à se calmer et à se recentrer. Là, face à cet ouragan que représentait Alan, elle n’en menait pas large. Même les vagues les plus hautes étaient plus faciles à maîtriser que cet homme qui la chamboulait complètement.



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Alan Murray

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Dim 11 Aoû - 22:50


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève

30 décembre 2018

Il devait le reconnaître, ses a priori sur le véganisme en avaient pris un coup. Lui qui jusqu'alors, comme la plupart des non-initiés, les imaginaient sans peine à ingurgiter des graines et divers aliments sans goût, devait à présent reconnaître son erreur. Ce qu'Eva avait préparé été simple, il est vrai, mais assez bon pour s'y intéresser et pourquoi pas réitérer l'expérience de son côté. Encore faudrait-il que ses préparations soient bonnes à leur tour. Le doute l'assaillait toujours malgré les encouragements d'Eva, qui contrairement à lui, se montrait positive au possible. C'était amusant et troublant à la fois. Elle se muait d'une positive attitude presque constante alors que lui, la face obscure du ying-yang, avait plutôt tendance à ne voir que l'aspect négatif des choses. Une aptitude d'autant plus flagrante depuis la mort de Maya. C'était comme si son départ avait déchiré le voile du monde, le délestant de ses plus belles couleurs pour ne laissait que du noir et du blanc comme seule alternative. Et puis, sans elle, sa confiance s'était effritée, un handicap qu'il cachait derrière cette attitude d'odieux connard que l'on ne pouvait se résoudre à apprécier. Une attitude cependant mise en berne en la personne d'Eva. Avec elle, il faisait montre d'une gentillesse dont il ignorait l'existence. Certes, il n'en demeurait pas moins lourd dans le procédé à certains égards. Que voulez-vous, il n'est de base pas l'archétype du romantique. Sans que la certitude ne défaille plus qu'à l'ordinaire, il faisait montre de quelques maladresses qui ne le rendait que plus attendrissant encore.

« -Je suis affable sur le sujet Thermonix, c'est la grande passion de ma vie voyons ! Et je l'aime tellement que je te conseillerais de ne pas l'acheter. » lança-il avec un sourire presque angélique. « - Tu veux mon avis sur la question ? Pour moi, si tu aimes cuisiner, ce n'est pas l'idéal. Ce tas de ferraille te fait la moitié du boulot. Où est le plaisir de l'effort ? Mais le pire ce n'est pas les particuliers qui le possèdent, cela reste tolérable, mais les grands chefs qui en ont. De vrais trous de cul cela. Autant de ne pas avoir de brigade et s'acheter une armada de ces boites de ferrailles. » Il marqua une pause dans son pamphlet contre le Thermomix, se rendant compte après coup, de la véhémence dans son discours. « - Je sors les dents là non ? Ouais pardon, je suis le genre de gars qui démarre au quart de tour sur des sujets culinaires. Mais nous ne sommes pas là pour parler de ça, enfin, je crois ! » Pour dire vrai, il ignorait encore la véritable raison de ses énièmes retrouvailles du moins il tentait encore de s'en convaincre pour ne pas rendre la situation plus complexe qu'elle ne l'était déjà. Par chance, la cuisine endossa le rôle de pacificatrice et sembla adoucir les passions éventuelles. Alan découvrait tout un univers de saveurs insoupçonnées et des qualités de cuisinière à Eva. Un fait qui ne le laissait de toute évidence pas indifférent. « - Je t'assure que tu les mérites ces compliments, même si de toi à moi je ne suis pas un habitué des compliments. Et si par malheur, tu te rends effectivement sur Youtube pour me voir à l'œuvre, tu verras par toi-même que je suis plus adepte des « fuck » ou « c'est de merde, même ma grand-mère ferait mieux et elle est morte » que des compliments. J'imagine que comme le bon vin, on se bonifie avec le temps. Mais loin de moi l'idée de t'inciter à aller voir les vidéos hein ! »

Et alors que l'accalmie semblait s'instaurer tout naturellement bercé par le rythme enivrant des vagues au loin, Alan se pourvut d'un semblant de courage et mit les pieds dans le plat. Une perspective qu'il n'avait pas envisagé avant de se rendre compte qu'Eva elle aussi ramait, mais dans la direction opposée. On ne peut nier sa franchise et cette façon bourrue de mettre les choses au clair. Mais pouvait-il en être autrement. Il était clair qu'Evanna ne ferait pas le premier pas, elle semblait si effrayée à l'idée de le faire, qu'Alan lui emboîta, sans certitude aucune, le pas et se lança à l'eau. Cependant, était-il prêt à entendre ce que la belle australienne avait à lui dire ? « - Evanna ? Tu es avec moi ? » La demoiselle se pinça la lèvre, avant de prendre une grande inspiration et de commencer sa tirade avec au moins autant d'hésitation que l'appel d'Alan qui commençait déjà à regretter sa démonstration de courage. Il l'écouta, sans la quitter du regard, avec la plus grande des attentions. Il fut touché, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer, par sa détresse, par ses silences, ses incertitudes, sa faiblesse. Il aurait voulu parler, mais se retint par politesse, mais aussi parce qu'il voyait l'effort que cela représentait pour elle. Il ne pouvait de ce fait, l'arrêter dans son entreprise. Malgré tout, la dernière réplique, certainement la plus piquante, le titilla et l'obligea à sortir de son silence poli.

« - Je ne suis pas paumé ? Je sais ce que je veux ? J'ai l'air de le savoir ? Tu crois que moi non plus je ne suis pas troublé ? Jusqu'alors je me définissais comme un connard, je prenais les nanas, on passait du bon temps et hop, je les envoyais valdinguer comme des clinex sans états d'âme. J'avais même un plan cul régulier, tout ça pour baiser sans avoir à m'attacher. Et voilà que tu débarques. Je t'ai vu de suite et inconsciemment, j'ai su au fond de moi que tu étais dangereuse. Je ne me suis fait aucune idée sur toi et je n'attendais rien, mais après ce qui s'est passé la première fois et ce même en ayant été complètement ivre, j'ai conservé des souvenirs, des moments futiles, des instants éphémères où pour la première fois depuis longtemps, je me sentais bien en la compagnie d'une personne. Puis, je me suis mis à penser à toi très souvent et quand l'un de tes collègues m'a filé ton numéro, je t'ai harcelé. Oui, je n'aurais pas dû, je m'autoflagellais déjà suffisamment comme ça, mais j'ai continué. Jusqu'à te coincer dans le bateau. C'était débile, immature, mais je l'ai fait sans trop savoir pourquoi d'ailleurs. Et j'ai retrouvé ces petits instants éphémères, sans vouloir me l'avouer. Jusqu'à peu, je me suis rendu compte que j'aimais ces petits instants éphémères, que ça me faisait quelque chose et que ce n'était pas arrivé depuis longtemps. Tu dis que je vis à mille à l'heure, mais tu ne t'aies jamais demandé pourquoi ? Tu dis que je ne peux pas comprendre ce que tu vis, mais laisse-moi te dire que tu te trompes Eva. Le deuil et la perte se gèrent différemment en fonction des gens. Et ouais, moi aussi, j'ai perdu la personne que j'aimais, celle avec qui je voulais passer le reste de ma vie. Elle s'appelait Maya. Je l'ai perdu il y a cinq ans et ma vie est devenue une incertitude constante. Donc, non, je suis paumé, je ne sais pas ce que je veux tout autant que toi. Je sais que tu ne veux plus m'écouter, mais je profite encore d'avoir un semblant de courage pour te parler. Tu me fais peur Eva', tu as déréglé toute ma vie, j'arrive même plus à aller voir mon plan cul sans me sentir coupable, parce que je ne pense plus qu'à toi maintenant. Ouais, c'est flippant, mais le garder pour soit l'était tout autant. J'aimais Maya à tel point que je me suis convaincu, après sa mort, de n'avoir plus aucun sentiment, de ne m'attacher à personne, quitte à me retrouver tout seul comme un vieux con. Mais tu es arrivée Eva, tu as défoncé ma vie avec tes fonds marins, des orques et ton univers culinaire. Regarde-moi ! Arrête de regarder l'horizon en espérant y trouver une échappatoire. Eva » lança-il avec un peu plus de douceur « - Je n'attends rien de la vie, ni de personne et tu ne pourras plus me blesser que je ne le suis déjà. Je ne te demande rien, je n'attends rien de toi, je voulais juste vider mon sac. Est-ce que ça fait du bien ? Non, pas vraiment, je suis juste encore plus paumé qu'avant. Tu ne trahiras pas ton mari en faisant de même. Il est et restera le grand amour de ta vie, mais il n'est plus là désormais. Ma femme non plus n'est plus là. Ils ne voudraient pas nous voir les pleurer durant le reste de leur vie. Je sais qu'il faut du temps, mais je pense aussi que tu te retranches derrière cette excuse. Je faisais pareil avant. Je te comprends plus que tu ne peux le penser, tu sais ! »



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Lun 12 Aoû - 4:03


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Naturellement, les sujets de conversations tournaient autour de la cuisine. Mais le point « Thermomix » suscitait un certain désaccord entre l’Ecossais ancien chef et l’Australienne biologiste. Amusée, Eva’ sourit en secouant la tête.

-Je comprends ton point de vue, en tant que professionnel de cuisine, parce que cuisiner était ton métier, mais il faut aussi te mettre à la place de ceux qui, comme moi ou ma collègue par exemple, n’ont pas forcément le temps et l’énergie après une longue journée de travail, de se livrer à des heures de préparation. Disons qu’en étant mère de famille, j’apprécierai bien l’idée de pouvoir faire autre chose que surveiller la cuisson d’une soupe ou autre. Mais en effet, concernant les professionnels, je comprends que le challenge ne soit plus vraiment de la partie.

Au moins Alan découvrait-il un nouvel « univers culinaire » qui semblait l’intriguer et lui plaire un tant soit peu. Et il avait éveillé en elle la curiosité d’aller voir à quoi il pouvait ressembler en jury tyrannique, tant elle avait du mal à y croire en le voyant si gentil et prévenant. Bon, elle avait bien décelé un petit côté caractériel chez lui, mais tout de même. Les exemples de propos qu’il avait pu tenir à certains candidats l’étonnèrent au plus haut point, lui faisant écarquiller les yeux.

-Ah oui… A ce point ? Waow… j’aurais jamais osé dire une telle chose…

Et probablement que si quelqu’un lui avait parlé comme ça, soit elle se serait mise à pleurer, surtout s’il s’agissait d’un truc important comme pour ces cuistots en herbe ce que devait représenter cette émission, soit elle serait partie en courant. Sa sensibilité et son altruisme naturels la rendaient incapable de comprendre une telle méchanceté dans les propos. Mais loin d’elle l’idée de juger qui que ce soit, Alan avait dit qu’il avait changé et cette attitude était une sorte de rôle dans lequel on l’avait placé. Elle sentait en lui une profonde gentillesse mais un souhait de se protéger du monde extérieur. Chacun trouvait sa propre solution pour cela et lui s’était sans doute enfermé dans ce rôle-là. A présent il était ici, à Melbourne, loin de tout ce remue-ménage que pouvait lui conférer sa célébrité.

Puis la discussion vira du tout au tout et Evanna ressentit le besoin de s’enfermer dans sa bulle. C’était comme ça qu’elle faisait pour se protéger, mais elle avait bien du mal à retrouver la sérénité avec Alan à côté qui venait de lui balancer un boulet de canon et qui insistait pour avoir une réaction. Alors, avec ses mots, comme elle le pouvait, elle lui avait répondu. Elle était cependant loin d’imaginer et de se douter de la teneur des propos qu’elle aurait en guise de réponse. A mesure qu’il parlait, elle le regardait comme si elle le découvrait pour la première fois. Il semblait se livrer avec authenticité, sincérité, même si certains propos pouvaient paraître durs aussi bien à dire qu’à entendre.

Moi, dangereuse ?

Elle se retrouvait dans ce qu’il disait, aussi incroyable que ça puisse paraître. Elle aussi, sans avoir jamais eu le cran de se l’avouer, appréciait ces petits moments passés avec lui, même si au départ elle s’était montrée réfractaire. La biologiste l’écoutait, même si les dires de l’Ecossais la perturbaient plus encore qu’elle ne l’était déjà. Il disait qu’elle avait déréglé sa vie, mais pourtant elle n’avait rien fait pour ça. Elle apprit soudain que lui aussi avait perdu sa moitié. Loin de s’imaginer à quel point leurs histoires se ressemblaient, elle resta bouche bée face à cet aveu. Elle qui pensait qu’il ne pouvait pas comprendre ce qu’elle ressentait. Elle fut soudain prise d’une grande tristesse, une grande compassion pour lui et regarda à nouveau le vaste horizon qui s’assombrissait peu à peu, retenant ses larmes. Mais c’était sans compter sur Alan qui alors lui demanda de le regarder, chose qu’elle fit. Tout ce qu’il avait dit était si touchant, si vrai, si personnel, Evanna était émue au possible.

-Alan… je suis tellement désolée, je ne savais pas. Je voulais pas te faire de peine, ni… dérégler ta vie. Je sais pas ce que j’ai fait pour te chambouler à ce point. Je t’assure que ce n’était pas volontaire.

L’Australienne se sentait à la fois mal et en même temps soulagée. Soulagée de sentir qu’il était un peu comme elle, qu’il la comprenait, qu’ils se ressemblaient, elle se sentait moins seule soudainement. Mais quelque part, ça lui faisait mal de savoir que quelqu’un d’autre, et qui plus est quelqu’un de bien, était dans la même détresse émotionnelle qu’elle. Ses yeux se rivèrent sur la nappe sur laquelle ils étaient assis. Les lampadaires qui bordaient la plage s’étaient allumés. Alan avait dit des choses tellement vraies, des choses qui rejoignaient ce que Leah lui disait bien souvent et le fait de l’entendre de la bouche de quelqu’un d’autre, quelqu’un qui connaissait ce qu’elle traversait, lui faisait prendre conscience que c’était peut-être vrai.

-Je réalise que tu as sans doute raison. Je me cherche des excuses et j’essaie de me persuader que ma vie est bien comme elle est, et qu’il ne faut pas que ça change. Pourquoi ? Parce que j’ai peur du changement. J’ai peur qu’une nouvelle donnée dans le système puisse rendre les choses pires qu’elles ne le sont. J’ai peur de souffrir à nouveau, que ma fille souffre aussi. La vérité, c’est que je gère vraiment très mal la situation, j’ai l’impression de ne pas avoir avancé beaucoup depuis cinq ans deux mois et deux semaines. C’est… c’est comme si c’était arrivé hier. Tu comprends ? J’ai l’impression que le temps a passé mais qu’en réalité je suis toujours au lendemain du 10 octobre 2013. C’est pour ça que je dis toujours qu’il me faut du temps, parce que je n’ai pas l’impression que le temps passe. On dit que le temps apaise les blessures, mais je souffre toujours autant. Pourquoi ? Est-ce que ça te fait ça à toi aussi ? Qu’est-ce que je dois faire pour que ça s’arrête ? J’en peux plus Alan, c’est de plus en plus difficile. Pourtant, je le reconnais et ça me coûte de le dire, mais c’est vrai, les quelques instants passés avec toi, j’arrivais à oublier ma peine. Comment est-ce que tu fais ça ? Explique-moi, je veux savoir.

Son regard s’était plongé dans le sien depuis quelques secondes, empli d’émotions et de sincérité.


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Mar 13 Aoû - 3:09


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Il y a des vérités bonnes à dire, mais pas à entendre tout comme il subsiste des vérités bonnes à entendre que l'on ne parvient toutefois à dire. L'esprit humain est complexe, l'on n'y peut rien et c'est aussi ce qui le rend si fascinant. Alan était certainement le meilleur des exemples pour illustrer la complexité de l'être dans sa globalité. On a peur, mais on prend quand même des risques, si ça ce n'est pas paradoxal ! Il n'était plus sûr de rien et si avant de se lancer, cette incertitude le faisait flipper, à présent, il la percevait d'un œil nouveau. Plus il parlait et osait se confier, plus l'appréhension et l'incertitude s'envolaient au profit d'une légèreté qu'il n'avait plus connu depuis tellement longtemps. L'espace d'un court instant, il se sentis même coupable d'éprouver cela en sachant que la dernière personne à l'origine de ce bien-être était Maya. Eva n'était pas Maya, c'était évident, toutefois, elle titillait en Alan des ressentis devenus familiers avec sa défunte femme. Mais pire encore, elle le faisait sourire sans calcul, elle le faisait se sentir bien sans rien attendre en retour, elle animait en lui le meilleur sans le brusquer et sans le délester de ce caractère si particulier. Alan se souvint alors de cette nuit, où il s'était confié à Leah, il ne devait plus avoir peur et devait laisser parler son cœur.

« - Eva ? » La demoiselle avait les larmes aux yeux, mais luttait encore pour les retenir. L'ancien chef exigea tout en douceur qu'elle le regarde pour ne pas briser l'échange. Il savait qu'il lui en demandait beaucoup, mais c'était ce qu'il y avait de mieux à faire. « - Tu n'as pas à t'excuser. À moins d'être Madame Irma, tu ne pouvais pas savoir et puis ce n'est pas le genre de truc que je crie sur tous les toits. » Il osa un premier contact en lui prenant la main, à ses risques et périls, mais il n'avait plus peur, alors pourquoi douter ? « - C'était désagréable au début. Je n'aime pas que l'on me sorte de ma quotidienneté, qu'on me chamboule. J'imagine que c'était un mécanisme de protection. Le retournement de situation est tout récent. Ce que je veux dire par là, c'est que j'ai pris conscience, il y a peu, que je ne devais pas avoir peur d'être chamboulé, déréglé, titillé et tous un tas de verbes du premier groupe qui veulent dire la même chose. » Il lui sourit à nouveau, espérant ainsi la rassurer. Progressivement, sa main quitta la sienne pour retrouver une distance convenable et ne pas rendre les choses plus complexes. Il opta ensuite pour le silence, espérant qu'Eva saisisse à son tour la parole pour se confier. Au loin, un à un, les lampadaires commencèrent à s'allumer. Alan se resservit un verre pour pallier le silence, Eva reprit la parole pour le briser. Attentif comme jamais, l’Écossais se délesta très rapidement de son verre.

« - Tu sais, je ne cherche pas à entendre que j'ai raison. J'ai mis beaucoup de temps pour me reconstruire, et même après cinq ans, il y a toujours ce petit quelque chose en moi qui peine à être réparé. Le temps ne cicatrise pas les blessures, c'est des conneries. Il les apaise de temps à autre, mais quoique l'on fasse, c'est toujours là en nous. On n'oublie pas un premier amour, c'est évident, mais en sa mémoire, nous n'avons pas le droit d'arrêter de vivre et de porter notre deuil jusqu'à la fin. Je suis convaincu que nous avons le droit à une seconde chance, sinon nous ne serions pas là. La vérité, c'est que depuis que je te connais, cette perspective ne m'a jamais semblé aussi agréable. » Il approcha sa main de son visage et lui caressa la joue avec douceur. « - Ça coûte quoi d'essayer ? Toi et moi, les handicapés sentimentaux. Laisse-moi te prouver que je ne suis pas un odieux connard et que jamais je ne te ferai souffrir. Laisse-moi nous offrir ce qu'on mérite tous les deux, cette fameuse seconde chance.»




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Mar 13 Aoû - 15:26


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Peu à peu, Evanna acceptait de se livrer, de laisser tomber son masque et de dire ce qui lui pesait vraiment sur le cœur. Alan était l’une des rares personnes à la voir réellement, à vraiment comprendre ce qu’elle pouvait ressentir, il venait de le prouver en parlant avec une telle justesse que c’en était désarmant pour la biologiste. Lui aussi avait perdu sa moitié, son épouse était décédée cinq ans auparavant, et si elle en ignorait les circonstances, Eva’ sentait bien que l’Ecossais en avait énormément souffert, tout comme elle souffrait toujours de la mort de Jonathan. C’était la première fois que la jeune femme rencontrait quelqu’un qui pouvait potentiellement réellement comprendre ce qu’elle traversait. Tout le monde disait toujours « je comprends, je comprends ta peine », mais non, tant qu’on ne le vit pas, on ne peut pas. Alan, lui, le pouvait. C’était presque un soulagement, bien qu’Evanna, pleine d’empathie, était triste que lui aussi ait connu l’horreur du deuil.

Le sourire qui se dessinait sur les lèvres de l’Européen avait quelque chose de rassurant. La main chaude qui attrapa la sienne aussi. Comme s’il savait ce dont elle avait besoin. Pourtant, elle avait le cœur lourd d’être aussi troublée par cet homme alors que jusqu’à présent, elle se martelait l’esprit d’interdictions, malgré tout ce que son entourage lui disait. Le cœur serré, ce fut à elle de parler et elle le fit, essayant de lui expliquer au mieux où elle en était. Et elle dut bien reconnaître qu’Alan avait raison. Elle admit ce qu’elle avait refusé d’admettre pendant trois ans. Elle avait peur, elle se cherchait des prétextes pour que plus rien ne change, parce que le dernier changement en date avait été une véritable catastrophe, et qu’elle ne voulait plus revivre une telle chose. Lui, il savait, il comprenait, et même lui semblait dire qu’il était possible de s’ouvrir au changement. A une seconde chance. Ils y avaient droit. Pourquoi n’avait-elle jamais osé y penser ? Peut-être qu’Alan était la première personne à vraiment avoir su trouver les mots pour lui ouvrir les yeux.

-Une seconde chance, répéta-t-elle dans un murmure.

Ça lui semblait si inconcevable jusqu’à cinq minutes auparavant. Pourtant, il était là face à elle, à présent sa main chaude posée sur sa joue dans un geste plein de douceur. Les yeux brillants, Eva’ eut un petit sourire.

-Des handicapés sentimentaux ? C’est vraiment comme ça que tu nous vois ?

Elle posa sa main par-dessus la sienne.

-J’ai vraiment envie de te faire confiance. Ça me fait très peur, mais pourtant j’ai l’impression que c’est toi qui es dans le vrai. Je sais que tu n’es pas un odieux connard, ne parle pas de toi en ces termes. Ce que je ne sais pas, en revanche, c’est de quoi l’avenir est fait, et c’est ça me terrifie. J’ai envie de te croire, je voudrais bien voir si tu as raison et si, comme tu dis, on peut vraiment avoir une seconde chance. Tu as l’air si confiant alors que je suis morte de trouille. Comment tu fais ?

D’habitude, Evanna était d’un naturel optimiste, mais s’il était bien un sujet sur lequel elle ne l’était pas, c’était celui-là. Une seconde chance, mais comment ferait-elle pour gérer un échec ? Si elle s’attachait pour finalement s’apercevoir que cet homme ne lui convenait pas ? Elle se retrouverait à ruminer une seconde peine de cœur, se disant qu’elle aurait mieux fait de s’écouter et de rester comme elle était. Que faire ? Alan semblait pourtant sûr de lui, il fallait que ce soit contagieux.




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Mer 14 Aoû - 2:56


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Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

D'ordinaire, il était sur la réserve et dans le contrôle, cela pouvait éviter quelques désagréments. Aujourd'hui, il ouvrait son cœur et se prêtait non sans peur au jeu de l'improvisation. La conversation avec Leah, il y pensait sans cesse et force est de constater qu'elle lui avait ouvert les yeux, il s'autorisait enfin à vivre en s'exposant à un potentiel gros vent. Advienne que pourras ! Son courage, à mesure que les révélations se faisaient entendre, gagner en intensité. Quelque chose était en train de se passer, le genre de petit moment qui reste gravé dans nos mémoires, cet instant infime, mais qui quoique l'on fasse, aura une influence considérable sur la suite de notre vie. Il faut bien parler, choisir ses mots avec justesse, ne pas trop en faire, être soi-même, sans fioriture, se laisser aller, ne rien prévoir, saisir l'instant. Alan avait souffert, tellement que même en présentant ainsi la chose, l'on tendait vers l'euphémisme. Pour lui, l'ancien Alan Murray avait cessé d'être le jour où il décrocha son téléphone et que la voix mal assurée de son beau-frère se chargea de lui transmettre une nouvelle qu'il n'aurait jamais préféré entendre. « Maya est morte Al ! Elle est partie ! » Cinq minutes, peut-être dix, voire une heure, il ne parvenait à se rappeler combien de temps, il lui avait fallu pour s'ancrer à nouveau dans la réalité après avoir appris la nouvelle. Il n'avait versé aucune larme et se demandait ce qui clochait chez lui. Il venait de perdre l'amour de sa vie et il restait là, assit sur un inconfortable canapé et attendre dieu seul sait quoi.

Personne ne pouvait comprendre, la pitié se lissait dans les yeux de ceux et celles qui tentaient une approche, Alan les repoussait alors sans ménagement pour mieux se complaire dans sa tristesse et sa solitude. Personne ne voulait comprendre ce désintérêt pour la cuisine, sa passion, ce qui faisait de lui ce qu'il était. Personne ne savait à quel point, la vie était sans saveur et les passions sans ardeur. Personne, si bien qu'il avait fini par se convaincre, que c'était mieux ainsi, que la solitude semblait être la meilleure des alternatives. Un constat qui n'avait plus lieu d'être à présent. Eva était à s'y m'éprendre la version féminine de sa propre souffrance. Ils se comprenaient, liés par la perte de l'être aimé. De ce fait, ils n'avaient pas à se résoudre à sortir, les phrases que l'on sort pour rassurer une personne et lui faire savoir que l'on partage sa peine, le drame commun de leur vie, parlait pour eux. Jamais encore Alan ne s'était senti aussi à l'aise avec une personne pour évoquer un tel sujet. D'ailleurs, il ne l'avait fait avec personne, pas même avec le journaliste en charge de la rédaction de son autobiographie. Il ne lui avait pas donné tous les détails et s'était contenté de survoler ce qui le touchait d'un peu trop près. Avec la belle brune, c'était différent, rien n'était prémédité, il parlait sans filtre, avec son cœur, et même au début si c'était difficile à présent, il se sentait délesté d'un poids énorme.

Il en arrivait presque à frissonner lorsque la belle biologiste déposa sa main au-dessus de la sienne qui venait de caresser sa joue non sans douceur. Ses yeux brillaient, son incertitude-là rendait quant à elle tellement désarmante que le bel Écossais hésitait encore à se rapprocher pour la prendre dans ses bras. « - Notre capacité à aimer est comme brisée non ? Moi, je le vois comme une espèce d'handicape et puis avoue que c'est plus difficile d'aller vers les autres. Pour moi ça l'est en tout cas, si tu veux, je peux ne pas t'englober dans ma définition de l'handicapé sentimental ! Je ne veux pas te blesser Evanna ! » Il insista bien sur ce point avant qu'elle ne reprenne la parole, continuant au passage à pointer du doigt les défaillances de l'ancien chef. « - En perdant ma femme, j'ai perdu confiance et je me suis par la suite convaincu qu'il serait plus facile pour moi d'être un odieux connard. Mais c'est évident qu'avec toi, il n'a plus lieu d'être. Ca fait du bien de voir autant de bienveillance dans le regard de quelqu'un. Tu es une belle personne Evanna, ça faisait longtemps que je n'en avais pas croisé. Tellement belle qu'il est impensable pour moi de te raconter des conneries. L'avenir me fait flipper aussi, pour un maniaque du contrôle, c'est normal me diras-tu ! Malgré tout, j'ai envie de sauter dans le vide cette fois, de prendre des risques. Je ne suis pas confiant, crois-moi ! C'est de la poudre de perlimpinpin tout ça. Tu as peur de l'échec hein ? Laisse-moi te dire et alors ! Si on vit dans la peur sans oser l'affronter, on ne vit plus. J'ai envie de prendre ce risque parce qu'une petite voix au fond de moi me dit que je ne dois pas passer à côté de toi. Je ne te ferais pas le moindre mal, je serais ta bouée si tu veux. Je serais ce type que toi seule arrive à voir et pas le dernier des connards. Eva' laisse nous une seconde chance de vivre, de reprendre la route.




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Mer 14 Aoû - 15:23


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Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Cinq ans, deux mois et trois semaines. Cela semblait remonter à la veille comme à une éternité. Evanna pouvait encore se rappeler avec exactitude la voix qu’elle avait entendue au bout du fil lui demandant de venir expressément à la morgue. Le froid quand elle était entrée dans cette salle. Cette impression que le sol se dérobait sous ses pieds et son sang qui se glaçait lorsque ses yeux s’étaient posés sur le corps sans vie de Jonathan à la peau tuméfiée et au visage méconnaissable. L’odeur du sang séché. Les voix qui se faisaient sourdes du policier et du médecin légiste qu’elle n’était pas parvenue à entendre distinctement tant ses oreilles bourdonnaient au moment précis où l’homme en blouse avait soulevé le drap mortuaire. Tous les détails étaient encore si présents, si vivace, et pourtant il s’était écoulé tout ce temps. Tant de travail effectué pour ne pas lâcher prise, pour ne pas abandonner, pour continuer à vivre parce qu’Elizabeth avait besoin d’elle, tant de séances de thérapie, tant d’heures à essayer de positiver, d’être encore la personne souriante et joviale qu’elle avait toujours été. Si les choses allaient un peu mieux en apparence, intérieurement, c’était une autre affaire. Les efforts considérables qu’avait fait et que faisait toujours la biologiste marine permettaient de renvoyer l’image d’une jeune femme à la vie normale, avec une adolescente à élever et un métier qui la passionnait. Pourtant, son cœur était toujours rongé par le chagrin. Elle avait cessé de rembarrer gentiment tous ceux qui essayent d’être aimables à coups de « je comprends mais ». Ça ne servait à rien, chacun y allait de sa petite théorie, de son petit conseil, de son « il faut » et « tu n’as qu’à », mais la vérité, c’était que jamais personne parmi ces gentils donneurs de leçons n’était passé par ce qu’elle vivait. Alors certes, ce n’était pas méchant, mais ça avait un petit quelque chose d’agaçant. Mais l’Australienne avait dû s’y faire.

Aujourd’hui, la donne avait changé. Elle avait en face d’elle quelqu’un qui pouvait réellement comprendre, quelqu’un qui avait traversé la même épreuve, qui la traversait toujours d’ailleurs. Quelqu’un dont les dires étaient dignes d’être écoutés puisqu’ils ne résultaient pas d’une simple supposition. Alan était cette incroyable exception qui lui permettait d’ouvrir les yeux sur de nouvelles éventualités. Pour la première fois, Eva’ entendait avec un réel intérêt et surtout une véritable envie d’y croire. Si lui le disait, si lui le pensait, c’était peut-être vrai. Il lui faisait entrevoir une possibilité d’avenir et non pas ce présent monotone qu’elle s’obligeait à vivre. Il était vrai, il parlait sans détour, et même si elle n’aimait pas être brusquée, lui, il avait une aura qui faisait qu’elle l’écoutait quand même.

-Je me permettrais une petite correction. Ce n’est pas vraiment la capacité d’aimer qui est brisée. C’est plutôt la volonté. C’est un handicap, ou ça ne l’est pas, j’en sais rien, j’avoue que je ne me suis jamais posé la question parce que je n’ai jamais envisagé de changer ça.

Elle secoua légèrement la tête avant de reprendre avec un léger sourire.

-Pour reprendre tes paroles, tu ne pourras sans doute pas me blesser plus que je ne le suis déjà.

Elle le sentait sincère, c’était la première fois, lui semblait-il, qu’on l’était autant avec elle. Il était plein de force et de courage, tout ce dont elle avait l’impression de manquer. Mais Alan parlait avec tant de conviction qu’il parvenait enfin à la rassurer complètement. En fait, ce qui la rassurait, c’était que malgré cet air sûr de lui qu’il renvoyait et ses propos pleins de véracité, lui-même avait peur. Ne pas être seule à avoir peur, ça c’était rassurant. Elle hocha timidement la tête lorsqu’il demanda si elle avait peur de l’échec. Mais Eva’ avait confiance en lui, en ce qu’il disait. Et ce qu’il disait était si beau et si vrai qu’elle en avait les larmes aux yeux.

-Tu as raté une vocation de politicien ou d’avocat ! lança-t-elle avec un sanglot dans la voix.

Du dos de la main, elle essuya une larme qui s’était échappée de son œil droit. Oui, elle avait peur, mais oui, elle voulait leur laisser à tous deux cette seconde chance dont Alan parlait. Il avait fallu que ce soit lui qui lui ouvre les yeux sur l’acceptation de cette idée. Là où Leah la psychologue avait essayé depuis des mois sans succès, un bel Européen avait réussi. Evanna prit une grande inspiration avant de le regarder droit dans les yeux, le cœur battant la chamade à cause des mots qu’elle s’apprêtait à dire.

-J’ai décidé de te faire confiance, Alan, de A à Z. Je veux bien te laisser une chance de me prouver que j’ai eu tort de penser comme je l’ai fait jusqu’à maintenant. Je te laisserai être ma bouée si tu me laisses être la tienne.

Tout en parlant, elle entrelaça ses doigts dans les siens.

-Est-ce qu’on scelle cet accord par un baiser ?



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Alan Murray

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Jeu 15 Aoû - 3:40


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Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

« Je n'ai pas besoin d'aide ! » avait-il commencé lors de son premier entretien avec un psy. Le ton était sec, froid et empreint d'une fausse certitude. Son regard d'acier, prit en grippe le praticien, qui ne se démonta pas. La bête souffrait, mais ne devait être délaissée sur le bas-côté. « Vous vous contentez de prendre le pognon et basta ! » La seconde séance ne fut pas productive, comme la première, toutefois le psy continuait à se pourvoir de la certitude que tôt ou tard, il parviendrait à apprivoiser la bête sauvage. Les séances suivantes furent chaotiques, cependant l'Écossais consentait à se livrer peu à peu. Et il devait le reconnaître, ça lui faisait du bien, suffisamment pour ne pas sombrer totalement, mais il n'était pas naïf, désormais, il lui faudrait se contenter de survivre. Et pour se faire, paradoxalement, il abusait de la vie qu'il brûlait par les deux bouts. Il parlait au psy, mais son cœur n'en demeurait pas moins verrouillé et il ne fallait lui en demander plus, il en aurait été capable.

« - Enchaîner les gonzesses ! C'est frénétique, mais de là à parler de sex addict nous en sommes loin. Je les prends et je les jette comme des clinex. »

« Qu'est-ce que cela vous fait ? »

« - Franchement ? Je m'en balance. C'est juste parce que j'en ai envie et sans sentiments, sans engagement. Je ne suis pas un prince charmant et je ne cherche pas à le devenir. »

« Plaire sans engagement ? »

« - Ou juste baiser ! »

Le Alan de cette époque, pas si éloignée, semblait bien terne comparé à celui qui se trouvait sur la nappe improvisée. Le discours n'était plus le même, le regard non plus. Finis l'acier et bonjour l'azur océanique. L'ancien chef semblait méconnaissable et il le serait si par mégarde d'anciennes connaissances venaient à le croiser. Lui-même se surprenait à faire preuve de tant de patience, de douceur. Bien qu'il ait au préalable poussé Evanna dans ses retranchements, il tendait à redevenir avenant, conscient qu'il était préférable qu'il cesse de la titiller pour aujourd'hui. Mais force est de constater que les résultats parlaient d'eux-mêmes, il pouvait d'or et déjà se féliciter d'avoir poussé la biologiste à tomber le masque. Elle aussi était sincère, autant que lui, plus aucun doute ne perdurait à présent, ils s'étaient trouvés l'un et l'autre. « - Hey, je ne veux pas te faire pleurer ! » lança-t-il en percevant les trémolos dans sa voix. « - Aussi fou soit-il, plus je passe du temps avec toi et moins j'ai d'incertitudes. » Il essuya à son tour, du revers de son pouce, la seconde larme qui menaçait de s'écouler sur sa joue. « - Ce n'est pas bien de faire pleurer les filles ! » tenta-t-il avec maladresse conscient que la demoiselle s'apprêtait à laisser « enfin » son cœur s'exprimait.

« - Tu vas dire quelque chose d'important hein ? Je me tais ? » Il lui sourit acceptant volontiers de noyer son regard dans le sien, tout en se rapprochant inconsciemment pour la rassurer, car à son tour, elle s'apprêtait à se lancer dans le vide et quel vide ! Alan sentit les doigts de la surfeuse s'entrelaçaient aux siens, un geste qui en disait long « - Wow, si je m'attendais à ça ! Tu te sens légère, car moi si. Je sais ce que ça veut dire pour toi et à quel point c'est difficile. Je ferais tout pour être à la hauteur de ta confiance, tout pour que ça marche et tout pour nous prouver qu'on avait tort de penser que c'était plus la peine d'espérer. J'accepte d'être ta bouée tout en acceptant que tu sois la mienne. Donc maintenant effectivement, nous devons… » Il se rapprocha un peu plus, jusqu'à n'être plus qu'à quelques centimètres de son visage « -…sceller notre accord » Il s'approcha à nouveau presque timidement et déposa ses lèvres avec douceur contre les siennes. Jamais encore, sauf avec sa défunte épouse, il n'avait fait montre d'une telle douceur à l'égard d'une femme. Il se dégagea ensuite de l'étreinte buccale pour plonger son regard dans le sien « - Hum… effectivement tu embrasses bien et je suis content d'en faire le constat sans alcool, enfin presque. » Il attrapa ensuite l'un de ses muffins « - Est-ce que je peux achever de te charmer avec ma cuisine maintenant ? »




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Ven 16 Aoû - 15:22


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Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Qui aurait pu croire que se retrouver sur cette plage, pourtant un domaine Ô combien connu par la biologiste amatrice de surf, serait si déroutant, si déstabilisant, si effrayant ? Oui, Evanna avait cette petite angoisse qui lui étreignait le cœur, elle avait peur parce que ce qui se déroulait à présent n’était ni plus ni moins que de l’inconnu, de l’inédit. Et pourtant, à mesure que les secondes et les minutes défilaient, elle se sentait un peu plus en confiance auprès d’Alan qui ne ménageait pas ses efforts pour lui prouver qu’elle pouvait lui laisser une chance sans crainte. Ils se ressemblaient beaucoup, au final, et c’était bien la première fois que l’Australienne veuve se sentait aussi proche d quelqu’un, quelqu’un qui pouvait réellement la comprendre, pas juste le dire pour se montrer sympa ou rassurant. Lui, c’était vrai. Alors oui, elle était émue par ses paroles, touchée par la véracité de ses dires, et elle avait de plus en plus de mal à contenir tout ce flot d’émotions. Alan le remarqua et à son tour effaça une larme de sa joue en y passant délicatement son pouce. Pour elle aussi, les incertitudes se faisaient moindres à présent, bien que malgré tout une petite pointe de doute subsistait, mais c’était ancré en elle. Malgré tout, elle accepta ce que jamais deux mois auparavant en le rencontrant elle n’aurait pu imaginer accepter. Elle avait donc glissé timidement sa main dans la sienne, laissant leurs doigts s’entrelacer, tout en lui disant ouvertement et simplement qu’elle était prête à tenter le coup, laisser cette seconde chance de vivre bercer leur nouveau quotidien à venir. Rarement elle avait eu autant d’appréhension à dire quelque chose, le cœur serré, et pourtant, une fois que les mots eurent franchi le seuil de ses lèvres, c’était comme si elle avait été libéré d’un poids trop lourd à porter. Alan était si semblable à elle qu’il lui posa même la question, ressentant la même chose, et Evanna hocha la tête avec un petit sourire. Elle le regarda s’approcher doucement tout en parlant, jusqu’à ce que leurs lèvres ne s’étreignent pour un doux baiser. Un baiser significatif et empreint de délicatesse, aux accents sucrés d’un mojito sans alcool. Evanna eut un sourire amusé à la remarque de son « nouveau petit ami ».

-C’est sûr que ça change de notre première rencontre. Et tu embrasses bien aussi, c’est un fait.

A présent soulagée d’une pression qu’elle s’était mise finalement sans raison, elle leva la tête pour regarder le ciel qui s’était délesté de ses couleurs pastels de coucher de soleil au profit d’une nuit qui montrait les quelques premières étoiles visibles. La voix d’Alan la rappela et elle le regarda à nouveau, sourire aux lèvres. Son estomac s’était dénoué avec le stress envolé, et le dessert serait le bienvenu.

-Oh oui, il me tarde de goûter ce que tu as préparé. C’est la première fois qu’un chef de ton acabit cuisine pour moi, surtout pour un pic-nic sous les étoiles.

Elle observa le muffin qu’il avait pris.

-Alors, à quoi ils sont déjà ? En tout cas ils sont très jolis.

Délicatement, elle coupa entre ses doigts un morceau de celui qu’il tenait pour le porter à ses lèvres. Objective ou pas, Eva’ avait l’impression de déguster le meilleur muffin à la pomme de sa vie. Quoi qu’elle ait rarement eu l’occasion d’en manger à ce parfum. Elle-même adorant les pommes, elle n’avait jamais pensé à les utiliser en muffin. En général, plutôt en tartes, compotes ou même gelées, mais en muffins, jamais.

-Alan, c’est… waow c’est vraiment délicieux et original. Tu les as faites caraméliser avant, non ? Franchement, c’est une tuerie ! Goûte !

Elle reprit un morceau qu’elle amena contre ses lèvres pour qu’il goûte à son tour à sa création.

-Tu t’es peut-être découvert un nouvel univers culinaire, lança-t-elle avec malice pour reprendre son expression.


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Alan Murray

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Sam 17 Aoû - 1:07


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Eva & Alan

Un jour nouveau se lève


Le 30 décembre 2018

Le soleil achevait sa course folle et vaincu par la nuit en approche, il laissait ses derniers rayons se noyaient dans la vaste étendue bleue. La mer tendait quant à elle à reprendre son calme, offrant aux surfeurs ses dernières vagues avant l'accalmie. Les doigts entrelaçaient, Alan et Eva ne semblaient plus enclins à se quitter du regard. Ils venaient d'échanger leur premier véritable baiser sans que cette fois l'ivresse n'impose ses règles. Le cœur d'Alan manqua d'ailleurs un battement avant de battre avec plus d'ardeur. Son corps tout entier fut assaillit par un frisson lorsqu'il scella cette belle promesse de seconde chance avec le baiser. Il se refusait encore à faire preuve de trop de mièvrerie, mais il le savait, ce baiser loin d'être anodin venait d'amorcer un profond changement dans sa vie. « - C'est pas désagréable ce petit goût de mojito sur tes lèvres et effectivement nous sommes loin voir à des années lumières de notre première rencontre. » Il lui caressa la joue, reprenant son sérieux, le sujet l'exigeait. « - Ev, je peux t'appeler Ev au moins ? » Il attendit son consentement puis reprit là où il s'était arrêté. « - L'approche était mauvaise, je parle bien sûr de notre première rencontre, mais avec du recul et après tout ce que l’on a partagé, prends-moi pour un malade, mais je ne regrette rien, enfin presque « rien » C'était maladroit ! » Il tenta un petit sourire pour enjoliver la chose, mais pour dire vrai, il faisait preuve d'une gêne semblable à celle d'un adolescent accablé par la maladresse d'un premier flirt.

Pourtant, malgré la difficulté, du moins ce qu'il pensait être difficile, force est de constater que lui aussi, s'était mis la pression pour rien, Alan ne put que constater à quel point il se sentait bien à présent, comme libéré d'un point qui commençait à dangereusement l'alourdir. C'était si facile maintenant, tellement que dans un coin de sa tête, l'ancien chef se demandait si cette facilité n'était pas appelée à être éphémère. Une pensée qu'il verrouilla presque aussitôt, préférant se focaliser sur le hinc et le nunc (ici et maintenant) plutôt que de laisser son esprit se perdre dans des futilités. « - Et bien je t'en prie, exalte donc tes papilles sous les étoiles. » Il lui tendit donc l'une de ses créations vegan du jour, satisfait par l'allure, mais incertain sur le goût. « - Ils sont aux pommes et j'en ai fait aussi à la rhubarbe-fraise. » Elle porta l'une des pâtisseries jusqu'à sa bouche, Al quelque peu anxieux fit mine de regarder ailleurs, pour ne pas trop l'oppresser. « - C'est un premier essai ! » se justifia-t-il avant même de connaître le verdict final. « - Alors ? » osa-t-il presque timidement avant qu'Eva ne concède enfin à mettre un terme au suspens.

« - Tu aimes ?! » Elle vient de te le dire patate. « - Ouais j'ai préféré les caraméliser avant, j'ai mis un peu de cannelle aussi. Je suis content que tu apprécies et encore plus ravi de savoir que je peux aussi cuisiner vegan sans l'être. » À son tour, elle prit un muffin et l'approcha de la bouche de son nouveau petit ami, qui accepta de se prêter au jeu. « - Mouais, il manque un petit quelque chose encore ! Mais effectivement madame, je crois que je me suis découvert un nouvel univers culinaire. Et ce n'est pas terminé, il y a encore le cheesecake framboise à la mode vegan. Si le goût est au rendez-vous, on pourra définitivement parler d'un nouvel univers culinaire à explorer et je compte sur toi pour être ma goûteuse attitrée. » Il en profita pour se rapprocher à nouveau et affubla ses lèvres d'une nouvelle étreinte. « - Hum le mélange pomme fraise rhubarbe match pas mal ! C'était peut-être ça le petit quelque chose qui me manquait. »

Son regard pétillait, son sourire étincelait, la regarder était un plaisir dont il ne se privait plus à présent. « - Tu sais, c'est bête, mais j'ai l'impression de me retrouver peu à peu et je suis content que ça soit cet Alan que tu apprennes à connaître. » Il sortit le cheesecake de la glacière et en coupa une part qu'il déposa sur l'assiette en bois d'Evanna. « - Maintenant passons aux choses sérieuses Némo ! »



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