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Au 282, à plus d'une heure du matin

Rachel Parker

Rachel Parker

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Lun 12 Aoû - 4:19


AU 282 à plus d'une heure du matin
Rachel & Frank

Rencontre clandestine

Nuit du 6 août 2018 - Great Osmond STreet Hospital

Après le sauvetage héroïque de Frank pour enlever Rachel aux griffes de son tyran de mari, la vie avait bien dû reprendre son cours. Ayant peur de représailles envers le flic, la pédiatre avait préféré fuir son logis où il l’avait ramenée pour aller à l’hôtel une nuit ou deux, le temps que Maxwell se calme. Frank n’avait pas l’air de comprendre qu’elle était prise au piège, elle ne pouvait pas s’enfuir, Max était bien trop puissant, il avait des contacts partout et il graissait la patte à tout le monde pour obtenir ce qu’il voulait. Que faire ? Rien ne semblait plausible. Malgré tout, avoir retrouvé Frank après tant d’années de séparation, retrouvé le lien si fort qui les unissait à l’époque de leur adolescence avait redonné un coup de peps dans la vie de la chirurgienne, et voire même un peu d’espoir. Elle qui n’avait jusqu’à présent que son travail pour l’aider à tenir dans cette vie qui ne lui plaisait pas, désormais, elle avait aussi Frank. Mais ceci, cette lueur d’espoir, il fallait que ça reste dans sa tête, parce que si Maxwell apprenait qu’elle continuait à le voir, ça irait très mal pour l’un comme pour l’autre. L’américaine s’inquiétait bien d’avantage pour son adorable compatriote que pour elle-même.

Elle avait donc décidé d’adopter le mode « silence radio » pour éviter d’envenimer la situation. Mais c’était sans compter sur l’opiniâtreté de Frank qui ne cessait de lui envoyer des SMS. Touchée, Rachel devait bien souvent lutter pour ne pas lui répondre, mais voyant qu’il était blessé de ce silence, elle avait cédé, tâchant de rester la plus distante possible. Elle se sentait comme la dernière des ingrates à se comporter de la sorte, mais c’était pour son bien. Maxwell était un as de l’informatique, il pouvait très bien avoir piraté son téléphone pour voir en même temps qu’elle les appels et messages qu’elle recevait ou envoyait. Dans le doute, mieux valait être prudente.

Ce soir-là, Rachel avait réussi à imposer son choix de rester à l’hôpital. Elle avait dû pratiquer une intervention difficile sur un jeune garçon d’une douzaine d’années, et elle craignait des complications dans la nuit. Hors de question de laisser ça à un confrère. C’était son patient, son intervention, et elle était la meilleure. Elle ne pouvait accepter le risquer la vie du petit en étant chez elle et prenant le risque d’arriver trop tard si on la bipait. Elle était donc installée à son bureau, à une heure du matin, lorsque son téléphone se mit à vibrer. Elle reposa le dossier du petit patient qu’elle avait lu et relu pour la millième fois pour s’enquérir du message, espérant que ce n’était pas un Maxwell bourré qui lui demandait de rentrer. Elle sentit son cœur se serrer en voyant le nom de Frank. L’émotion la gagna lorsqu’elle prit connaissance du contenu du texto :
« Je sais qu'il est tard et que ce n'est pas une heure décente pour écrire. J'ose espérer naïvement que tu es de garde et que tu liras ce petit texto la tête dans le cul entre deux cafés. Rachel tu me manques ! C'est dingue. Je suis passé par plusieurs phases, la peine, la tristesse hjgh level, la colère... j'ai essayé de t'oublier de vivre ma vie comme avant, mais ça ne veut plus rien dire si tu n'es pas là. J'ai l'impression de me perdre sans toi.. »

Les larmes lui étaient montées aux yeux à mesure qu’elle lisait ses mots, ces mots qu’elle avait l’impression d’avoir pu prononcer elle-même dans une autre vie, si elle avait pu.

-Oh Frank… murmura-t-elle en essuya une larme d’un revers de main.

Elle mourrait d’envie de le voir, de lui parler, de le prendre dans ses bras pour se sentir rassurer. Mais que pouvait-elle faire ? Si Maxwell tombait sur un message comme ça, et surtout si elle y répondait, il disjoncterait probablement et Frank aurait des ennuis. Elle décida alors malgré sa fatigue, de tenter un langage codé. Un message qui en apparence le repousserait mais qui signifierait en fait un lieu de rendez-vous. La belle brune se mit donc à taper la réponse :

« Je ne peux pas accepter des messages comme ça. En revanche, je te conseille de retourner au 282. Fais-le et ne m'écris plus. »

Le 282 était le numéro de la chambre qu’il avait eue lorsqu’il s’était fait tirer dessus pendant la prise d’otages au collège. Pourvu qu’il comprenne. Le connaissant, s’il avait compris, il arriverait sous peu. La chirurgienne attrapa le fixe de son bureau et appela l’accueil, prévenant qu’un homme allait sans doute venir, que c’était le père d’un patient et qu’il fallait exceptionnellement le laisser entrer. Elle décida d’aller prendre un énième café pour avoir un tant soit peu les idées claires au moment où il arriverait. Rachel engloutit donc un expresso avant de se rendre devant cette fameuse chambre, non loin de son bureau. Elle attendit, faisant les cent pas, ayant l’impression que les secondes duraient des heures. Elle avait les bras croisés, se demandant ce qu’elle allait bien pouvoir lui dire. Le couloir était silencieux, à part les bruissements de ses pas légers qui tournait en rond de long en large entre les murs, et parfois une aide-soignante ou une infirmière qui passait pour vérifier les tensions des patients fraîchement opérés. Il était 1h30, Rachel venait de regarder l’heure sur son portable, et lorsqu’elle releva le menton, elle aperçut Frank au bout du couloir. Il était là, il avançait vers elle. Elle était incapable de respirer, c’était comme si son cœur avait manqué un battement. Alors qu’il était enfin à sa hauteur, elle resta silencieuse et lui prit le bras, l’entraînant dans l’ascenseur pour monter dans son bureau. En moins de trente seconde, ils étaient enfermés à l’intérieur. Rachel éteignit son téléphone et le posa sur son bureau avant de se tourner vers l’inspecteur Turner.

- Est-ce que tu es tombé sur la tête ? Tu es devenu complètement fou ? Tu veux te retrouver à faire la circulation au milieu des chameaux dans le désert de Gobi ?! Frank, tu ne peux pas m’envoyer des messages comme ça ! Déjà parce qu’il pourrait tomber dessus, et aussi… et aussi… parce que c’est… c’est trop dur ! Je… je voudrais…

Elle était si bouleversée qu’elle n’arrivait plus à trouver ses mots, elle se rendait compte qu’elle était en train de le gronder alors qu’elle n’avait qu’une envie, être dans ses bras. Sans réfléchir, elle se jeta dans les siens et le serra contre elle, sa joue posée sur son épaule, laissant ses larmes dévaler son visage en silence.


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Frank Turner

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Mer 14 Aoû - 3:17


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Rencontre clandestine

Nuit du 6 août 2018 - Great Osmond STreet Hospital

Vacances : Qui nous vient du pluriel et du latin « vacare » qui signifie « être sans » et si l'on prend le temps de lire la définition jusqu'au bout, il est écrit, que l'on définit les vacances comme étant une période durant laquelle une personne cesse ses activités habituelles. Cette définition faisait doucement sourire Frank, qui effectivement, avait cessé ses activités habituelles, mais non pas par envie, mais parce qu'une brochette de trois abrutis haut placés dans la hiérarchie policière, n'étaient encore pour l'heure, pas capable de se décider sur le sort du flic, qui avait de ce fait et pour la forme, écopée d'une « petite » rallonge dans sa mise à pied. Et faute de mieux, il acceptait de parler de vacances.Les premiers jours de « congé » disons-le avec les mots de Frank, furent pourris. Pour dire vrai, depuis le sauvetage de Rachel, sa fuite et le silence radio qui en avait résulté, le flic vivait la situation assez mal, bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Que l'on se rassure, les pubs de Londres ne faisaient pas office de nouveaux repères et les pintes de bière et cocktails en tout genre, ne constituait pas la nouvelle alimentation de l'inspecteur Turner qui préférait de loin se défaire des mauvaises habitudes de son paternel. Le fait d'avoir Bowie, lui permettait d'avoir la tête hors de l'eau et de ne pas choisir ce genre de facilité pour sombrer, ou du moins pour déprimer comme il se doit. Lui opta pour le départ et non la fuite, que l'on soit d'accord. Par chance, il n'avait pas Bowie durant son week-end d'exil. Il s'arrangea également pour décaler la garde du week-end suivant, puisqu'il savait qu'il ne serait pas rentré. Il lui fallait du temps pour se reprendre et avoir, il l'espérait, les idées claires.

Galway fut donc sa terre d'exil pour quelques jours et son oncle son compagnon d'infortune. Il en avait vu passer le rustre et ne prenait aucune pincette avec son neveu qu'il savait résistant. « Peine de cœur ?! Mon cul. Ressaisis-toi ! Tu as un petiot et un boulot pour lequel tu es bon. Et puis merde Franky, je me suis décarcassé pour toi ! » Il détestait qu'on l'appelle « Franky » mais curieusement, il savait s'en accommodait lorsque son oncle le nommer de la sorte. Le séjour en terres irlandaises fut agréable malgré le temps. De toute évidence, l'été semblait rebuté à l'idée de poser ses valises en royaume britannique. Soit, la température n'était pas désagréable pour autant. Certes, nous étions loin d'une canicule californienne, l'atmosphère était malgré tout bien plus respirable. Guitare sur dos et appareil photo en poche, l'inspecteur céda sa place à l'artiste à la recherche du temps passé et pourvu de l'envie irrépressible de gratter à nouveau les cordes de sa guitare et de noircir les pages d'un carnet d'écriture qu'il n'avait plus ouvert depuis tant d'années. La plage devint dès lors son nouveau terrain de jeu. L'ami Frank se trouva un coin tranquille, bien qu'il nous faille signaler que la plage était pour ainsi dire déserte au vu du temps pourri. Seul, face à la mer, bercée par le bruit des vagues venant mourir sur les rochers, l'Américain commença à se remettre dans le bain en jouant les premières notes des quelques chansons qu'il avait dans son répertoire. Puis lorsqu'enfin, il se sentit plus en confiance et après avoir observé les quelques photos prises avec Rachel lorsqu'il faisait office de guide touristique, Frank se surprit à poser les premières notes d'une mélodie tout en fredonnant quelques paroles qu'il prit soin de noter dans son carnet. Quelque chose de spécial émanait dès lors, ça sonnait tellement comme une déclaration, qu'il s'interdit de continuer à écrire cette chanson qu'il laissa dès lors dans un coin de son carnet.

La suite du séjour fut toute aussi calme. L'oncle de Frank l'amena découvrir quelques spécialités du coin. Bien sûr, ils passèrent par la case pub, notre flic ne put dès lors passer à côté d'une dégustation en bonne et due forme de la très célèbre Guinness et du whisky pur malte qui faisait et la fierté de l'oncle et de la région. Bon, les deux lascars se prirent aussi quelques cuites après d'innombrables parties de fléchettes et de billard. Mais à aucun moment, Franky ne s'enivra pour faire taire sa peine, bien au contraire. Le retour à Londres ramena donc Frank à une réalité qu'il aurait préféré continué à fuir, mais dont il ne pouvait se défaire au vu de ses responsabilités. Coaché par son oncle, il s'était ainsi rendu à la convocation qu'on lui avait délivrée, sans surprise aucune décision tomba. Pour dire vrai, malgré la grande influence de l'autre connard, les états de service de Frank parlaient en sa faveur, mais l'acte de violence vivement condamné, rendait la décision difficile à prendre. Plusieurs jours s'écoulèrent et au lieu de se morfondre, l'ami Frank opta pour la sociabilisation. Il accepta de ce fait de revoir la jeune Sharona qu'il avait sauvé d'une agression deux plus tôt. Malgré la petite mise au point sur le manque de nouvelle, l'entrevue se passa à merveille, nos deux amis parvinrent même à s'accorder sur la préparation d'un projet commun visant à convertir les rosbifs aux joies de Thanksgiving. Puis notre flic solitaire, au hasard d'une séance de sport calamiteuse, croisa un collègue et ami, Tom. La culpabilité l'envahit aussitôt, autour d'un café lorsqu'il comprit que son compatriote allait mal, mais pire encore, qu'il se droguait. Frank dont la culpabilité s'alourdissait et malgré la tension avec le jeune flic qui ne voulait pas de l'aide de quelqu'un qui l'avait abandonné, se pourvu dès lors d'une mission sauvetage ne craignant ni les insultes, ni les coups.

Les jours s'écoulèrent à nouveau sans jamais se ressembler. Le congé commençait à faire son petit bonhomme de chemin dans la tête de Frank qui reprit ses séances de réduction, jouant les bons élèves, mais préférant bénéficier d'une aide à domicile pour ne pas croiser Rachel à l'hôpital. Le silence radio perdurait encore, mais Frank multipliait les activités pour ne pas se morfondre. La décoration fut son nouveau cheval de bataille et sa chambre ainsi que celle qu'il réservait à ses invités furent quant à elles les champs de bataille. Notre flic s'amusa donc à poser de la toile de verre avant de se lancer dans la peinture. Puis une fois la phase déco achevée, il opta pour de l'aménagement. Ainsi, il commanda plusieurs meubles qu'il installa avec ses petites mimines. Mais il lui restait encore un aménagement à réaliser. Conscient du potentiel de la terrasse, il ne se risqua pas tout faire lui-même et recontacta l'entreprise ayant réalisé les travaux quand il était à l'hôpital. « -Je veux avoir l'impression d'être à la plage, face à la mer ou en pleine nature. Vous voyez où je veux en venir ? Il faudra du bois, pas mal d'installation en bois. Mais le genre de truc facile à entretenir que je puisse m'y promenais en tongs ou en sandales sans craindre quoique ce soit… » Oui, il avait beaucoup d'exigence, tellement qu'à la fin de l'entrevue, il laissa finalement carte blanche à l'entrepreneur. À ce jour, les travaux ne sont pas encore terminés, mais Franky a bon espoir.

Aujourd’hui…

La journée fut éreintante et d'une longueur incroyable. La veille Frank avait reçu un appel de la clinique où était hospitalisée Dylan. Dès lors le flic fut sommé de se déplacer pour une première entrevue demandée par l'adolescent. L'établissement privé n'était cependant pas tout près et il fallut dès lors plus de quatre heures de route, pour que Frank parvienne à destination. Anxieux durant tout le trajet, il avait presque cédé à la tentation d'écrire à Rachel, la seule personne susceptible de l'apaiser en de telles circonstances, mais il se retint pour son bien, surtout pour son bien et non pour le sien. Pour dire vrai et aussi parce que sur le coup, il jouait bien malgré lui les égoïstes, il ne voulait rien comprendre et continuait à se faire des films dans sa tête. Jusqu'à ce qu'il se lance enfin dans l'arène. La confrontation fut rude avec Dylan qui lui en voulait tellement. Mais Frank accepta de prendre chaque coup sans rechigner. Il était fautif, presque autant que son jeune frère et assumait devant lui toutes ses erreurs. Dylan consentit malgré tout à le serrer une dernière fois dans ses bras avant de repartir. Léger Frank reprit la route et rentra aux alentours de 23 h. Là, assis dans son vieux canapé marron, il alluma quelques bougies, passa un vieux 45 tours dans son tourne-disque et récupéra son carnet de notes. Alors que la joie commençait à l'assaillir, il se mit à repenser à Rachel et ne put nier le manque que son absence représentait dans sa vie. Crayon en main, il reprit la fameuse chanson et commença à griffonner quelques mots. Les minutes s'égrainèrent, il se servit un verre de Whisky et se leva pour s'approcher de la fenêtre et fixer l'horizon. Il était tard et dehors, il pleuvait. Voulant s'enivrer de cette mélodie harmonieuse qui l'apaisait, le flic ouvrit la porte-fenêtre et laissa plusieurs gouttes de pluie mourir sur son visage. Il était trempé, mais se sentait un peu mieux. Dix minutes plus tard, il rentra et sans réfléchir, se saisit de son portable pour y rédiger un sms qui trouva écho auprès de la destinataire qui brisa son silence pour ces quelques mots.

Je ne peux pas accepter des messages comme ça. En revanche, je te conseille de retourner au 282. Fais-le et ne m'écris plus.

« -282 ?! » murmurait-il à l'énoncer du message. Il lui fallut bien quelques secondes pour comprendre. Ce numéro était celui de la chambre qu'il avait occupée durant quelques jours. C'était un code, Rachel qui se savait surveillée de près avait ainsi opté pour un langage crypté. Sans réfléchir, Frank se saisit de sa veste et récupéra les clés de sa moto. Il quitta les lieux quelques minutes plus tard et prit la direction de l'hôpital. Son cœur battait à s'en rompre tant l'échéance des retrouvailles était proche. Qu'allait-il se passer ? Que pouvait-il lui dire ? Tant de questions se bousculaient dans sa tête et puis l'heure tardive et la fatigue du flic ne l'aidaient pas à avoir les idées claires. Cependant, il ne pouvait tourner les talons, car il n'aurait à n'en pas douter, plus d'autres occasions pour voir Rachel. Arrivé sur les lieux, il gara son destrier métallique, et avança non sans hésitation vers l'accueil en demandant à avoir le docteur Davis. On lui indiqua le bout du couloir et c'est ainsi qu'il s'en alla retrouver sa meilleure amie, la boule au ventre et le casque sous le bras. En la voyant au loin, il se sentit presque paralysé, son cœur opta quant à lui pour une nouvelle rythmique. Lui-même semblait incapable de respirer, mais il devait continuer sa progression vers elle et ne rien laissait paraître comme toujours. « -Salut… » commença-t-il timidement en arrivant à sa hauteur. Rachel ne s'embarrassa d'aucune manière et le prit par le bras pour l'entraîner jusque dans l'ascenseur afin de rejoindre son bureau. Silencieux, car incapable de mieux pour le moment, le flic accepta de suivre son amie jusqu'à son office, qu'elle prit soin de verrouiller avant d'enfin vers face à son flic qui essuya une fois encore une salve de reproches. « -Rachel s'il te plaît, laisse-moi t'expliquer… » commença-t-il avant que le médecin ne se ravise pour se précipiter dans ses bras. Surprit, Frank resta silencieux et immobiles durant deux à trois secondes avant d'enfin passer ses bras autour de la jeune femme. Les paupières closes, il savoura cet anodin contact pour le commun des mortels ; mais au combien rédempteur pour lui. « -Putain Rachel si tu savais comme tu m'as manqué… J'ai essayé de passer outre, mais je ne peux pas merde ! C'est trop dur de vivre sans toi maintenant que tu es de retour dans ma vie. Et j'en ai rien à foutre de ton mari, des chameaux et du désert de Gobi. Tu me manques putain ! » Il se décolla afin de pouvoir lui faire face. La vue de larmes sur son si beau visage l'ébranla davantage. « -Non ne pleure pas ! » Il passa son pouce sur sa joue pour tenter de chasser ses odieuses perles salées.




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Mer 14 Aoû - 15:28


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Rachel & Frank

Rencontre clandestine

Nuit du 6 août 2018 - Great Osmond STreet Hospital

Était-ce simplement possible ? Était-ce possible que son cœur parvienne encore à s’emballer à ce point, comme vingt ans auparavant, lorsque Rachel voyait Frank ? Non, c’était même pire. En plus d’avoir toutes ces qualités qu’elle avait toujours admiré chez lui, il avait su toucher son cœur, bien plus encore que par le passé. C’était comme si les vingt ans écoulés sans se voir n’avaient jamais eu lieu. Et Frank l’avait sauvée. Il avait su être là pour elle. Elle ne supportait plus de ne pas le voir, c’était si dur. Pourtant, elle savait qu’il le fallait, pour leur bien à tous les deux. Mais pouvait-on réellement oublier quelqu’un que l’on aimait en secret depuis si longtemps ? Y avait-il une potion magique qui permettait de se défaire de ces sentiments si forts qui pourtant s’avéraient destructeurs au vu de la situation ?

Frank avait, comme toujours, pris l’initiative d’écrire à Rachel, et la pédiatre, touchée par les mots reçus, n’avait pu se résoudre au silence. Par une réponse en apparence froide et qui fermait le dialogue, elle lui avait en réalité donné rendez-vous à l’hôpital, devant la chambre qu’il avait occupée. Elle espérait que l’heure tardive et la possible fatigue de l’inspecteur Turner ne l’empêche pas de comprendre le message codé. Mais comme toujours, elle avait pu compter sur lui, il avait compris, il était venu.

Sans attendre, et en silence, le cœur et la gorge serrés par l’émotion, elle l’avait entraîné dans son bureau dont elle avait pris le soin de refermer et verrouiller la poste avant de se lancer dans ce qui s’apparentait à des remontrances. Ça pouvait semblait dur, comme discours, mais elle éprouvait une telle inquiétude à son égard qu’elle n’avait pu s’empêcher de le sermonner un peu. Frank n’avait sans doute aucune idée de ce dont Maxwell était capable. Mais l’émotion était trop grande, et incapable d’en dire plus au risque de prononcer des mots qui la trahiraient, elle se jeta dans ses bras, avide de ce contact Ô combien rassurant. Sentir les bras puissant de Frank autour d’elle était incomparable. Elle l’entendit ensuite parler, écoutant chacune de ses paroles. Pouvait-il se douter de combien il lui avait manqué aussi ? Combien tout ce qu’il disait était réciproque au centuple ? L’émotion était telle que la chirurgienne ne put retenir ses larmes. Elle parvenait à peine à articuler ses mots. Frank était vraiment la seule personne devant laquelle elle se permettait de laisser voir ses émotions. Et ça faisait du bien.

-Oh Frank… toi aussi, si tu savais.

Il se détacha avec douceur, lui faisant face, et prit l’initiative de sécher ses larmes du bout des doigts. Il était si délicat et prévenant avec elle. Elle lui prit les mains, les siennes tremblaient.

-Frank, j’ai tellement eu peur pour toi. Tu as bien fait de partir quelques temps. Je suis désolée de m’être montrée distante, mais j’avais peur d’envenimer la situation. Si tu savais comme c’est difficile pour moi de devoir ignorer tes messages. Je… je pense à toi sans arrêt, tu sais…

En avait-elle trop dit ? Sans doute que oui. Mais elle ne pouvait plus continuer à nier ce qu’elle éprouvait, elle avait l’impression que c’était écrit en gros caractères sur son front, si bien que la culpabilité l’envahissait.

-Je suis tellement désolée que tu aies à subir tout ça. Je me sens tellement coupable, est-ce que tu peux me pardonner ? Jamais je n’aurais cherché à te nuire. J’espère que tu ne perdras pas ton travail…

Rachel s’inquiétait pour lui, encore et toujours. Elle l’aimait, c’était indéniable, elle ne pouvait plus se le cacher, ni même essayer de le nier ou rejeter ce sentiment en bloc. C’était tellement étrange, elle en éprouvait de la culpabilité, parce que c’était dangereux, très risqué pour l’un comme pour l’autre, mais d’un autre côté, c’était si réconfortant d’être avec lui, lui qui se préoccupait réellement d’elle, qui voulait être avec elle et pour elle, non pas pour ce qu’elle représentait. En lui, elle avait confiance, elle qui n’avait plus confiance en personne, à peine en elle-même.

Ses mains toujours autour des siennes, elle l’emmena s’asseoir sur la canapé situé contre le mur, à droite de son bureau. Ce canapé sur lequel elle avait dormi maintes fois, espérant ainsi se soustraire à l’obligation de rentrer chez elle, prétextant parfois des gardes fictives. A présent assise, elle était tournée vers lui. Il ne voulait pas qu’elle pleure, mais elle retenait toutes ces émotions depuis tellement longtemps maintenant que c’en était difficile.

-Excuse-moi. Je ne suis pas comme ça d’habitude…

C'était qu'avec lui, elle se sentait si libre.


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Jeu 15 Aoû - 3:21


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Nuit du 6 août 2018 - Great Osmond STreet Hospital

La terre pouvait s'arrêter de tourner, le monde pouvait bien imploser, il s'en foutait, Il devait la voir, plus qu'une envie, c'était un besoin, plus qu'un besoin, c'était vital autant que de manger, de boire, de respirer. Ainsi, lorsqu'il eut déchiffré le code dans le SMS, il se précipita hors des murs de la caserne, chevauchant son destrier métallique sans même prendre le temps d'enfiler son casque. Anxieux comme jamais, il s'était ainsi retrouvé devant l'hôpital, puis dans le couloir où son souffle d'oxygène l'attendait. Et même si ça faisait mal, tellement mal, il se sentait si bien à présent. L'étincelle dans son regard reprenait vie et son sourire trop discret ces derniers temps exultait. Elle était belle, tellement qu'il en perdait ses mots et préféra de ce fait s'enfermer dans le silence lorsqu'ils pénétrèrent l'ascenseur. Son cœur tambourinait contre sa cage thoracique, sa gorge s'asséchait pendant l'ascension et lorsqu'enfin les portes s'ouvrirent sur l'étage menant au bureau du docteur Davis, le flic tenta de reprendre un peu de contenance.

Cette fois, ni l'un ni l'autre ne pouvaient fuir, mais en avaient-il vraiment envie ?! La douleur redoubla en intensité lorsque Rachel commença à vider son sac. Le désespoir et l'inquiétude étaient palpables dans son intervention et alors que jusqu'à présent Frank était parvenu à se convaincre de lui en vouloir pour le choix qu'elle avait fait, tout lui parut dès lors limpide et avant même qu'il ne puisse intervenir, elle se jeta dans ses bras, incapable de continuer à porter son armure. Les paupières clauses, Frank put ressentir au centuple ce contact auquel il ajouta de l'intensité en passant ses bras autour de Rachel. Son cœur battait tellement vite qu'il était impossible que la pédiatre ne le sente pas cognait contre elle. Ajoutez à ça son odeur sucrée, la même, soumise de toute évidence à l'immuabilité, mais de ce fait tellement reconnaissable pour Frank qui serra les mâchoires et se remémora chaque moment passé en sa compagnie. Il revivait pour la première fois depuis cette nuit où il l'avait sauvé des griffes de Maxwell. La terre pouvait s'arrêter de tourner, le monde pouvait bien imploser, il s'en foutait, il était là, avec elle dans ses bras. C'était si bon et si douloureux à la fois, si doux et si fort, qu'il en arrivait à se demander comment était-ce possible de ressentir autant de sentiments contradictoires ? Toutefois, il fut le premier à mettre un terme au règne du silence en laissant parler son cœur sans la moindre entrave. Sa voix d'ordinaire si douce et certaine était à présent victime de quelques tremblements tant l'émotion était vive.

« -Je sais… » ajoutait-il en se détachant lentement d'elle pour enfin pourvoir capturer son regard. Un regard embrumé par des larmes qu'elle ne cherchaient même plus à retenir. Frank entreprit ainsi de les chasser du revers du pouce, lui priant de ne pas pleurer. « -Je ne veux pas te voir pleurer comme ça » réitérait-il en lui caressant la joue avant que les mains tremblantes de la pédiatre ne s'emparent des siennes. « -Mais, tu trembles ! » lança-t-il inquiet. « -Ça va ? » Il se tue aussitôt conscient que Rachel avait besoin de parler, plus encore que lui-même, mais c'était plus fort que lui, il ne put s'empêcher de la couper, pour la rassurer. à nouveau « -Non…non… tu n'as pas à avoir peur pour moi je t'assure. J'ai connu bien pire que ça. » Il tenta un léger sourire cherchant à la rassurer davantage. Le premier essai ne fut pas concluant, Frank opta donc à nouveau pour le silence et laissa Rachel parlait sans l'interrompre cette fois.

L'insondable azur de son regard se fixa sur la pédiatre. Il ne pouvait s'empêcher de la regarder, de la sonder dans les moindres détails, elle était si belle et ce même en pleine tempête.« -Rachel, tu n'as pas à t'excuser, c'est moi qui n'aie pas chercher à comprendre à quel point la situation était complexe pour toi. J'ai été égoïste, tellement égoïste que j'en ai honte. C'est à moi de te demander pardon. Pardon pour mon égoïste, pardon pour les ennuis que tu as eu par ma faute. Quant à mon travail…tant pis, ce n'est pas le plus important. » L'avait-il vraiment dit à haute voix ou n'était-ce qu'une odieuse illusion formatée par un cœur trop lourd ? De toute évidence, les mots avaient dépassé ses pensées. Son travail, en plus de son fils, représentait toute sa vie, le perdre était jusqu'alors une alternative impossible à envisager et pourtant à présent il l'entrevoyait sans appréhension. Le plus important était ailleurs de toute évidence, un ailleurs répondant au doux nom de Rachel.

Ils rejoignirent ensuite le canapé qui se trouvait près du mur, à droite du bureau. Frank se laissa guider avant de prendre place aux côtés de la pédiatre qu'il ne quittait plus du regard. « - Ne t'excuse pas d'être toi avec moi Rachel. Tu peux te laisser aller sans crainte, je suis ton ami, jamais je ne te jugerais. » Il lui prit à nouveau les mains qu'il scella aux siennes avant de la ramener à lui pour l'entourer de ses bras prenant grand soin de ne pas faire trop travailler le gauche au risque de grimacer sous la douleur. « -Laisse-toi aller ! Si tu veux pleurer, pleurs. Si tu veux crier, crie. Si tu veux rigoler, rigole. Fais tout ce que tu veux Rachel ! »



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Ven 16 Aoû - 15:18


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Rachel & Frank

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Nuit du 6 août 2018 - Great Osmond STreet Hospital

Rachel avait l’impression que le flot de ses paroles était aussi incontrôlable que celui de ses larmes. Pourtant, dans l’un comme dans l’autre cas, il fallait qu’elle arrête. Elle ne voulait pas inquiéter Frank, et elle ne voulait pas non plus qu’il ait l’image d’elle lui faisant des reproches. D’ ailleurs, elle fut bien incapable de continuer bien longtemps. Incapable de contenir son émotion, la chirurgienne avait laissé couler ses larmes, ces larmes qu’elle retenait depuis si longtemps. Mais avec Frank, point de faiblesse à cacher, nul besoin de feindre, de toute façon il la connaissait trop bien. Il lui avait tant manqué, elle avait vécu un véritable enfer à ne pas savoir s’il allait bien, à ne pas pouvoir répondre à ses messages avec toute la tendresse qu’il méritait, à le savoir loin, mais savoir que s’il était plus près, il serait en danger. A présent il était là, elle n’y tenait plus, elle s’était jetée dans ses bras et avait laissé l’émotion l’étreindre. Elle était dans ses bras, le seul endroit au monde où elle se sentait bien, où elle se sentait en sécurité, le seul endroit où elle voulait être. Mais elle savait aussi que cette place n’était pas légitime, c’en était même douloureux de culpabiliser de se sentir aussi bien à présent que Frank était là et qu’il l’entourait de ses bras. Ils se détachèrent, Frank remarqua alors ses larmes et s’en inquiéta. Mais c’était hors de son contrôle, la pédiatre était envahie par un flot d’émotions indescriptible. Elle s’en voulait, il traversait un véritable enfer par sa faute, cet homme qu’elle aimait tant et qu’elle ne pouvait pourtant se permettre d’aimer. De ses mains tremblantes, elle avait pris les siennes, il avait remarqué ce petit malaise de ses mains d’ordinaire si sures lorsqu’elle opérait, et qui désormais ne pouvaient plus maîtriser leurs mouvements.

-Toi, égoïste ? Ne dis pas n’importe quoi. Frank, en deux semaines, tu as fait beaucoup plus pour moi que n’importe qui dans toute une année.

Il lui avait redonné goût à la vie, du moins à celle où il était présent. Il l’avait sauvée de Maxwell, chose que personne n’avait jamais faite.

- Ne dis pas ça, rien n’est de ta faute enfin ! C’est à moi de m’excuser, mon comportement avec toi a été impardonnable, je te les dois ces excuses, et des remerciements aussi. Et je sais que ton travail compte énormément pour toi, c’est important.

Rachel ne pouvait que comprendre, elle aussi était dans ce cas. Si elle devait perdre son travail, elle ne saurait pu à quoi se raccrocher. Enfin si, à Frank, mais ce serait encore le mettre en péril, le faire risquer sa place et peut-être même sa vie.
Assis tous les deux dans le canapé, Frank la couvait encore. Il était si prévenant et attentionné, comme jamais personne ne l’avait été. Se passer le lui était devenu trop dur, elle en souffrait, moralement et presque physiquement. Elle sentit la main de l’inspecteur reprendre la sienne, et ce fut comme si un souffle nouveau l’avait animée. Elle sécha ses larmes du dos de sa main et le regarda, les yeux brillants.

-Non, tu as raison, je dois arrêter de pleurer. Déjà parce que quand tu es là, je me sens mieux. C’est une bonne raison, non ?

La chirurgienne tenta un petit sourire. Elle ne voulait pas l’inquiéter davantage. Par contre, elle se faisait du souci pour son ami.

-Et ton épaule ? Est-ce que tu as encore mal ?

A cause d’elle, il n’avait pas suivi sa convalescence comme il l’aurait dû, l’interrompant pour venir la sauver, et qui sait ce qu’il avait fait par la suite. Les soins à apporter à une telle blessure étaient importants, il ne fallait pas les prendre à la légère.

-Je peux regarder ? demanda-t-elle en posant doucement la main sur son bras.

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Frank Turner

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Côté sentimental je suis : Père d'un petit garçon de 9 ans. En couple avec Rachel Parker
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Sam 17 Aoû - 1:22


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Il était là et pour rien au monde, il ne voulait être ailleurs. Le danger ?! Que représentait-il comparé au bonheur de la retrouver ?! Il suffisait d'un regard, d'une caresse pour lui le non-adepte du tactile, de quelques mots, de sa présence à elle, pour enfin se délester de tous les maux qui alourdissaient le cœur du flic depuis des jours, des semaines, peut-être même des années. Maintenant, il ne voulait plus partir, il voulait rester ici dans ce bureau, sur ce canapé pour l'éternité bien qu'un tel prodige soit impossible. Mais comment pouvait-il se résoudre à envisager d'autres alternatives ?! Elle était sa lumière et lui, un papillon qui cherche à se défaire des ténèbres pour retrouver cette lumière qui l'attire tant. Amitié ? Amour ? Il était difficile de savoir lequel de ses deux sentiments dominait l'autre. Tout comme il était difficile d'apercevoir la limite entre les deux. Mais cette limite a-t-elle existé un jour ?! L'amitié n'est-elle pas depuis trop longtemps une couverture ? Le regard de Frank insondable pour le commun des mortels, se faisait étrangement plus clair lorsqu'il se posait sur Rachel et plus il la regardait, plus il prenait conscience de ce qu'il considérait dès lors, comme une « putain de vérité tardive » Il l'aimait, ô bon dieu que lui, il aimait cette femme, et ce, depuis le premier jour.

« -Bien sûr que non je ne suis pas égoïste. Pour preuve, je me suis endetté avec ces cupcakes et les quelques glaces que je t'ai offert » Sentant que la situation commençait à être pesante pour lui, comme pour elle, il sortit dès lors sa carte magique, son humour pourri, aussi légendaire que son amour pour David Bowie. « -Si chacun continue à se pourvoir du rôle de l'égoïste de l'année, on ne risque pas d'avancer des masses. Ce que je veux dire, c'est que je n'ai pas cherché à comprendre. Et puis j'ai repensé à tout un tas de trucs et je continue de cogiter. Ma mère, malgré les coups, est restée avec mon père. Elle ne l'a pas fait par amour, mais pour me protéger. J'aurai dû le comprendre, mais au lieu de ça je t'ai fustigé, j'étais même en colère, parce que tu avais choisi de retourner auprès de ce trou du cul. Quant à mon travail…Oui, il compte beaucoup, il est une partie de moi et ce que je sais faire de mieux, mais à mes yeux, tu comptes tout autant Rachel » Venait-il de le dire ? Oui ! Et si une jauge devait paraître à cet instant, nul doute qu'elle serait à la limite d'exploser et d'indiquer un danger imminent. « N'ouvre pas ton cœur comme ça abrutit ! C'est dangereux » Les deux amis rejoignirent ensuite le canapé sur lequel Rachel s'octroyait quelques heures, voir quelques minutes de sommeil. Incapable de lutter davantage, le flic plus doux que jamais, laissa ses mains s'emparer de celles de la pédiatre pour faire cesser les tremblements avant de la ramener tout contre lui pour que ses bras l'entourent et lui permettent ainsi de se laisser aller sans crainte. Mais Rachel était forte, trop pour craquer aussi facilement ce qui rassura Frank qui la laissa essuyer ses larmes.

« -Je suis ravi d'être la bonne raison qui t'empêche de pleurer. Toi, tu es celle qui m'empêche d'être un gros crétin. A nous deux on se complète, qu'est-ce que tu en penses ?! Attends » Il enfouit sa main dans la poche de sa veste, se souvenant qu'il avait un paquet de mouchoirs à l'intérieur. « -Tiens, ça sert toujours ! » dit-il le sourire aux lèvres en le lui tendant. Mais ça, c'était avant d'évoquer un sujet épineux, tellement que le sourire du beau flic s'éclipsa lorsque la pédiatre lui demanda comment se portait son épaule. « - Bah en fait ça va…J'ai un peu merdé il y a quelques jours en fait. J'ai été faire du sport et j'ai un tout petit peu forcé sur la fonte. Mais je me suis arrêté juste à temps, je te le promets. » On aurait presque dit un enfant qui prit sur le fait, essaye de justifier l'injustifiable. Mais pouvait-il se résoudre à passer outre la demande de cette femme pour laquelle il était prêt à tout, même à être faible ? « -Ok d'accord ! » Il retira aussitôt sa veste qu'il déposa sur le côté du canapé. « -Tu veux que j'enlève le haut où ça ira ? ».


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Rachel commençait à se sentir mieux, Frank était là, il allait bien, il avait envie de la voir tout autant qu’elle au vu des messages qu’il lui avait envoyés, et à présent, il la serrait dans ses bras. Il essayait même de détendre l’atmosphère avec son humour légendaire, parlant de dettes avec les cupcakes qu’ils avaient mangés lors de leur petite semaine de tourisme londonien. La chirurgienne secoua la tête avec un petit sourire naissant. Il n’y avait que lui qui parvenait à ainsi désamorcer les situations les plus chaotiques. Elle le savait, elle le ressentait du plus profond de son être, avec lui, elle était en sécurité, jamais il ne lui ferait de mal. Elle le laissa lui expliquer ce pour quoi il culpabilisait. Il évoqua sa mère qui avait été victime des coups de son père. L’air désolé, Rachel hocha la tête avant de baisser les yeux vers le sol. La jeunesse de Frank n’avait pas été aussi rose que celle de son amie, et elle s’en voulait de n’avoir rien vu. Ce qu’elle avait pu être égoïste, aveuglée par tout ce qui lui souriait au lycée, ne voyant pas qu’elle s’éloignait de ce garçon qu’elle avait tant aimé et qui avait toujours été là pour elle. Et à présent qu’ils s’étaient retrouvés, il était encore et toujours présent, se moquant des risques qu’il prenait pour pouvoir lui venir en aide. Il lui disait qu’elle comptait tout autant que son travail, et c’était sans doute énorme, elle pouvait le comprendre, elle-même ayant son travail qui prenait une part énorme dans sa vie. Elle plongea à nouveau son regard dans le sien, un peu vexée par ce qu’il venait de dire.

-J’ai choisi...quoi ? Attends, Frank, tu penses vraiment c’est par choix que je reste avec lui ? Je crois que tu ne te rends pas bien compte de l’étendue de son réseau, de ce dont il est capable. Tu crois que je n’ai pas déjà essayé ? Il y a trois ans, quand ça a commencé à dégénérer, je lui ai demandé de divorcer. Tu aurais vu son regard, Frank, il n’avait plus rien d’humain. Il me tient, il se complaît à me tourmenter, il m’a forcée à venir ici pour m’éloigner de ma famille et de mes repères. J’ai honte de le dire mais il me fait peur. Il est capable de tout. Je n’ose même pas imaginer ce qu’il pourrait faire si je ne coopère pas dans son délire de faire penser qu’on représente la famille parfaite. Alors sois en colère contre moi si tu veux, mais ne dis pas que je suis avec lui par choix. C’est loin d’être une décision facile à prendre, mais la raison m’y pousse. C’était ça ou en finir. J’y ai pensé il y a deux mois quand il m’a annoncé fièrement qu’on viendrait à Londres. Mais je ne voulais pas infliger ça à mes parents. Ils n’ont pas à souffrir parce que j’ai été idiote au point d’épouser un psychopathe sans m’en rendre compte.

Jamais elle n’avait autant parlé, jamais personne n’avait su avec autant d’exactitude ce qui pouvait bien se passer chez les Davis. Rachel avait osé se confier à la seule personne en qui elle avait encore confiance : Frank Turner. Les larmes aux yeux, qu’elle tachait malgré tout de retenir, elle continua.

-Toi aussi tu comptes pour moi, Frank, tu comptes énormément, beaucoup trop pour que ce soit raisonnable, et c’est pour ça que je ne veux pas être un danger pour toi. Maintenant, il connaît ton identité, je ne veux pas qu’il fasse de ta vie un enfer comme il le fait de la mienne.

La pédiatre aimait trop son compatriote pour lui infliger ça. Ces trois mots lui brûlaient les lèvres. Un « je t’aime » qui menaçait de sortir mais qu’elle retenait de toutes ses forces. Elle préféra alors demander des nouvelles de sa blessure, espérant ainsi éloigner la menace. Elle accepta avec un petit sourire le mouchoir qu’il lui proposa et acheva de sécher ses yeux avec.

-Du sport ? Déjà ? Mais c’est beaucoup trop tôt, il te faut faire de la rééducation progressive avant. Ne brûle pas les étapes, c’est important.

Elle demanda alors à voir l’étendue des dégâts, et l’inspecteur retira sa veste.

-Oui, s’il te plait, enlève ton haut, je ne voudrais pas tirer dessus au risque d’appuyer sur la cicatrice.

Elle le laissa se défaire de son haut et retira avec délicatesse le pansement, sûrement fait par Frank. La cicatrice était rose, les points encore là.

-Ce n’est pas infecté, mais tu as trop tiré dessus. Fais attention, d’accord ? Je vais te refaire un pansement propre, ne bouge pas.

Elle sortit de son bureau pour aller chercher le matériel adéquat et revint rapidement, refermant à nouveau la porte de son bureau. Elle s’appliqua alors à passer un peu de désinfectant puis un pansement qu’elle apposa avec délicatesse sur sa peau.

-Voilà.

Elle ne pouvait que constater à quel point il était beau. Son regard s’attarda furtivement sur ce torse si bien dessiné par sa musculature, avant que la culpabilité ne s’empare d’elle et qu’elle ne lui tende son haut.


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