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La surdité n'a jamais arrêtée qui que ce soit → Maman et Alan

Elizabeth Porter

Elizabeth Porter

Melbourne
J'ai posté : 27 messages pour un total de : 8 points. Je suis né(e) le : 31/10/2003 ce qui me fait : 15 printemps. Actuellement je vis à : Melbourne où je suis : Lycéenne
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Lun 5 Aoû - 12:07


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 juillet 2019

J’ouvre les yeux, le soleil m’éblouie presque lorsque je me relève. Soupirant, je retire ma couverture et me dirige vers ma fenêtre avant de fermer correctement les rideaux et décide finalement de descendre en bas pour prendre le petit déjeuner, de toute manière, je suis réveillée, alors autant en profiter, même si j’aurais clairement préféré dormir un peu plus. Les vacances, c’est fait pour se reposer normalement mais non, certainement pas pour moi. Je m’approche de mon calendrier et raye la nouvelle journée, le 23 juillet. Mon regard se pose sur ma cicatrice au poignet, déjà cinq mois. Attachant mes cheveux à la va-vite, j’ouvre la porte de ma chambre et fais signe à Pepper de venir avec moi. Elle descends de mon lit et m’accompagne jusqu’à la cuisine où je retrouve ma mère.

« Bonjour maman. » énonçais-je, aidée du langage des signes.

L’accident de voiture m’avait privée de mon ouïe. Je possédais toujours la parole mais désormais aidée des signes. Tout autour de moi est silencieux. Avec le temps, j’ai appris à lire sur les lèvres, je connais par coeur la voix de ma mère même si désormais je ne l’entends plus, je l’entends dans mon esprit si on peut dire ça comme ça. Je m’assieds à table et me verse un verre de jus d’orange. Buvant une gorgée, je me remémore ce jour là, cette dispute qui a finalement finie par ce maudit accident de voiture. Pepper se couche à mes pieds alors que je me perds à observer l’extérieur ensoleillé.

CINQ MOIS PLUS TÖT.

Couchée à plat ventre sur mon lit, je surfe sur le net, répondant en même temps au sms de Chloé. J’écoute en fond sonore la nouvelle playlist créé par Zoé, la soeur de Chloé. J’adore ce genre de musique. Pepper est couché à côté de moi, il dort. Pieds nus, je ferme mon ordinateur et prend mon potable avant de le mettre dans la poche arrière de mon pantalon tandis que je descends au rez-de-chaussée lorsque j’entends la voix de ma mère. La porte se ferme derrière elle, je la retrouve dans le salon.

« Coucou maman ! » m’énonçais-je en sautant les deux dernières marches de l’escalier.

Je la regarde quelques instants avant de m’asseoir sur le sofa, retirant mon portable de ma poche pour ne pas l’écraser. Le déposant à côté de moi, je lève le regard vers ma mère.

« Tout va bien ? »  

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Evanna Porter

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Ven 9 Aoû - 4:20


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 février 2019

La Saint Valentin était passée depuis une grosse semaine, une belle soirée passée en amoureux. La première depuis cinq années. Evanna avait été aux anges. Cela faisait presque deux mois qu’elle sortait avec Alan, deux mois qu’une flamme s’était rallumée dans son coeur en deuil depuis si longtemps. Seulement, cacher tout cela à sa fille paraissait bien difficile pour la biologiste. Elle devait en toucher un mot à Lizzie, il fallait lui dire la vérité, seulement l’Australienne redoutait la réaction de son adolescente. Elle s’était donné une dead-line, après en avoir parlé avec Alan, il semblait en effet qu’il valait mieux mettre au courant Elizabeth. Alors ce soir, en rentrant du travail, elle dirait à sa princesse blonde ce qui devenait trop difficile à garder pour elle.

Il avait fait très chaud en cette journée du 23 février. Lorsque Evanna ouvrit la porte de chez elle, elle savait que sa fille serait déjà à la maison. Comme elle avait fini un peu plus tard que prévu, elle avait ramené à manger, des makis à l’avocat. Elizabeth en raffolait, peut-être qu’elle prendrait un peu mieux la nouvelle ? A peine la porte refermée, elle entendit la lycéenne descendre l’escalier, suivie de près par leur chienne Pepper qui s’empressa de venir faire la fête à l’humaine adulte qui la gratifia d’une caresse après avoir déposé son sac à main.

- Bonsoir ma chérie.

Elizabeth était déjà dans le canapé, une vraie fusée. Pepper la rejoignit tandis que la biologiste vint poser le sac contenant les makis sur la table basse devant Lizzie.

- Japonais ? Je me suis dit que ça te ferait plaisir.

Elle posa aussi son téléphone sur la table et vint s’asseoir à son tour sur le canapé, regardant sa fille qui venait de lui demander si ça allait. Sûrement que son appréhension était perceptible.

- Lizzie, j’ai quelque chose à te dire. C’est important pour moi d’en discuter avec toi.

Eva’ ne savait à quoi s’attendre. Avec Lizzie, c’était tout ou rien. Soit elle prendrait super bien la nouvelle, soit ce serait l’Enfer sur Terre. La belle brune avait eu beau essayer de trouver la bonne tournure de phrase durant toute la journée et tout le trajet du retour, rien ne semblait assez « bien » pour qu’Elizabeth n’accable pas sa mère de reproches. Elle aurait bien eu besoin d’une petite séance chez sa psy pour se rassure. Mais cette dernière lui avait vivement conseillé d’en parler avec sa fille quand elle serait sure de cette relation. Evanna l’était. Elle l’était cependant moins concernant l’appréciation de Lizzie.

- Je ne sais pas comment te le dire
, avoua-t-elle avec honnêteté, alors je ne vais pas y aller par quatre chemins. Voilà j’ai rencontré quelqu’un. Il s’appelle Alan. On se fréquente depuis presque deux mois. Je pense que… enfin c’est sérieux alors je voulais te le dire.

Voilà, c’était dit. A présent, elle retenait son souffle, les yeux rivées sur sa fille, espérant ne pas se faire fusiller sur place.

 

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Ven 9 Aoû - 15:02


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Si je m’attendais à ça. A l’annonce de maman, mon visage perdit soudain sa douceur, j’avais l’impression qu’elle me disait une bêtise. J’espérais vraiment qu’elle n’était pas sérieuse. Comment elle pouvait l’être ? Comment elle pouvait avoir ne serait-ce que conscience qu’elle pouvait remplacer papa comme ça. Je ne dis rien mais ne la quitte pas des yeux. Il est clair que si le regard pouvait tuer, ma mère serait dans de mauvais drap. Je me mords la lèvre inférieure, laissant juste un long silence s’installer entre nous.

« Tu…Quoi ? »
balbutiais-je finalement « mais maman…tu peux pas. » ajoutais-je, les sourcils froncés.

Je n’avais même plus faim. Peut être que la vie sentimentale de ma mère ne me regardait pas mais j’avais quand même mon mot à dire quand elle choisissait de remplacer papa comme ça, sans même m’avertir avant. On a toujours été deux, pourquoi ça devait changer aujourd’hui ? Papa lui manquait pas ? Je ne pu retenir mes larmes, j’étais triste, j’avais l’impression qu’elle oubliait mon père et ça me faisait mal au coeur.

« T’as pas le droit maman ! T’as pas le droit de faire ça à papa. » m’exclamais-je alors que des larmes roulaient sur mes joues « Je veux pas maman. Je veux pas que tu remplaces papa, tu peux pas, t’as pas le droit. » énonçais-je, les yeux embués de larmes, plongés dans ceux de ma mère. Pepper vint se frotter contre mes jambes pour me « rassurer », la serrant contre moi, je pleurais mais ne quittait pas ma mère des yeux.

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Evanna Porter

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Ven 9 Aoû - 16:13


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Evanna savait que les relations avec sa filles étaient assez soupe-au-lait. Autant elles s’aimaient d’un amour infini, ce qui est normal pour une mère comme Eva’, et pour une fille bien élevée comme Lizzie, mais Elizabeth gardait au fond d’elle cette rancoeur depuis la mort de Jon. Eva’ le savait, il arrivait souvent que sa princesse lui reproche encore son comportement au décès de l’homme de leurs vies. Cependant, il fallait continuer à avancer, c’était ce que leur psychologue n’avait de cesse de leur faire comprendre depuis presque cinq ans et demi que c’était arrivé. Tout ce temps, la biologiste s’était refusée à l’éventualité d’ouvrir son coeur à quelqu’un d’autre, se persuadant qu’aimer et être aimée de sa fille lui suffirait, et que de toute façon elle ne pouvait pas faire autrement. Tout un chacun autour d’elle avait beau lui rabâcher qu’il fallait « se remettre en selle », une expression qu’elle détestait au demeurant, qu’il ne fallait pas rester seule, que c’était du gâchis etc etc, la mémoire de Jonathan, le grand amour de sa vie, était plus forte que tout. Personne ne pouvait comprendre ça. Jusqu’au jour où elle avait rencontré Alan Murray. Lui aussi était veuf, lui aussi savait ce que c’était que de perdre l’amour de sa vie. Et pourtant, il avait accepté en quelques sortes les conseils donnés par son entourage. Il ne s’empêchait pas de voir d’autres personnes. Eva’ avait alors commencé à voir les choses autrement, surtout en constatant qu’il n’était pas si inintéressant, cet ancien chef étoilé. Et contre toute attente, des sentiments étaient nés. Elle était bien avec lui, pour la première fois depuis longtemps, elle s’autorisait à être vraiment bien.

Seulement, comment le faire comprendre à Elizabeth ? Son adolescente était du genre « ça passe ou ça casse », pas de demi-mesure avec elle. Et quand enfin Eva’ lui avoua ce qu’elle avait à lui dire, la réaction ne se fit pas attendre. Elle se mit à pleurer, ce qui fendit le coeur de la biologiste, et à lui interdire carrément cette éventualité.

- Chérie, écoute-moi s’il te plaît. Calme-toi.

Elle sentit son coeur se serrer en entendant Lizzie parler de son père. A son tour, l’émotion gagna Evanna mais elle fit de son mieux pour retenir ses larmes, peinée par les mots de sa fille.

- Lizzie, je n’ai pas l’intention de remplacer ton père, ce n’est pas du tout la question.

Pepper venait de rejoindre ma blondinette. Elles avaient toujours été si proches toutes les deux, plus encore depuis le décès de Jon.

- ça me blesse que tu puisses penser ça. Jamais je ne remplacerai ni n’oublierai ton père. D’ailleurs Alan n’a pas l’intention de le faire, je t’assure. Je voudrais que tu le rencontres, quand tu seras prête.

Evanna parlait avec douceur, malgré son coeur meurtri par les larmes de sa fille, et les mots durs qu’elle pouvait prononcer.

- ça fait quatre ans, mon ange. Tu veux que je reste seule toute ma vie ? Quand toi tu seras partie, que tu auras rencontré quelqu’un, tu veux vraiment que je sois toute seule ici avec Peps et les chats ?

Elle allait peut-être un peu loin, après tout, elle ne savait pas si elle finirait sa vie avec Alan, mais Eva’ voulait faire comprendre à Lizzie que finalement, leur psy avait peut-être raison et que rester seule, enfermée sur elle-même, n’était pas la meilleure des choses.
 

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Ven 9 Aoû - 23:04


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Je n’arrivais pas. Je n’arrivais pas à m’arrêtais de pleurer parce que j’avais comme l’impression que maman me trahissait dans un sens et puis qu’elle trahissais aussi la mémoire de papa. La psychologue ne cessait de radoter qu’il fallait que maman trouve quelqu’un, je le savais, je n’étais pas stupide, ma mère est une belle femme en plus, je sais que les hommes aiment bien les belles femmes mais je ne pouvais pas me résoudre à l’idée que ma mère puisse avoir quelqu’un et à chaque fois que quelqu’un de l’entourage lui disait de tenter le coup, je sentais mon coeur se resserrait. Je ne voulais pas, je ne pouvais pas me faire à l’idée que maman puisse avoir un autre homme que papa. Mon meilleur ami. L’amour de sa vie.

« Pourtant… »
commençais-je, me retenant cependant de continuer.

Caressant Pepper entre les oreilles, elle se laisse tomber à côté de moi alors que je me suis assise sur le sofa, je ne quitte pas ma mère des yeux. J’ai de la fureur dans le regard parce que j’ai l’impression qu’elle me « trompe », qu’elle me trahie, Pas l’intention de remplacer mon père ? Et pourtant, qu’est-ce-qu’elle comptait faire au juste ? Mes mains se resserrent, je sens mes ongles qui se plantent dans la paume de mes mains à m’en faire des marques mais je ne dis rien. Elle voulait que je le rencontre ?

« Non. » fut ma seule réponse.

Je ne voulais pas. Je n’en avais aucune envie. Je lui en voulais. beaucoup. C’était stupide pourtant mais je ne pouvais m’en empêcher, j’avais l’impression d’être à nouveau la dernière fois, ce jour là où elle m’a laissé chez Papé et Mamé et qu’elle est partie pendant trois semaines. Essuyant mes larmes, je vins finalement à relever le visage pour croiser le regard de ma mère.

« J’ai jamais dit ça maman. Mais je veux pas, j’ai pas envie de le rencontrer, je veux pas parce qu’il n’est pas papa et que je ne veux pas quelqu’un d’autre, celui que je veux, c’est MON PÈRE ! » hurlais-je avant de me remettre à pleurer « Je veux pas de quelqu’un d’autre, je veux papa, je veux l’entendre me féliciter quand je réussis à surfer une grosse vague, j’ai tellement besoin de l’avoir auprès de moi. Le soir, avant de m’endormir, je regarde sa photo. Et le pire, c’est que c’est pas à lui que j’en veux de plus être là, c’est à toi ! C’est à toi maman que j’en veux, t’as pas été là, t’as pas été là les seuls moments où j’ai eu le plus besoin de toi. Je ne comprenais pas. Je ne savais pas ce qui était arrivé à papa et tu n’as rien voulu me dire. C’est Mamé et Papé qui m’ont expliqué, c’est Mamé et Papé qui ont été là pour sécher mes larmes, pour m’aider à m’endormir et me rassurer et c’est eux qui ont demandé à la mère de Chloé de déposer ma meilleure amie quelques jours chez eux. C’est avec eux que j’ai passé mon dixième anniversaire, je venais de perdre mon père, et TOI ma propre mère, tu n’étais pas là et pour ça, je te détestes ! Et maintenant, tu voudras que j’accepte un autre homme dans la famille, eh bah tu te mets le doigt dans l’oeil jusqu’au coude parce que ça n’arrivera jamais ! JAMAIS ! »

J’étais peut être dur mais j’en avais gros sur le coeur et à un moment, ça devait sortir, comme une bombe qui finit par exploser.

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Evanna Porter

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Dim 11 Aoû - 20:26


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Elizabeth était dure dans ses propos, mais ce n’était pas le pire. Non, pour Evanna, le pire était de voir sa fille pleurer. Son coeur de maman se serrait en voyant les larmes dévaler les joues de son enfant, des larmes qu’elle avait causées. Comment pouvait-elle faire pleurer sa fille, elle qui l’aimait tant ? Culpabilisant, elle sentit à son tour les perles salées se former dans ses yeux, avant d’entendre dans sa tête la voix de sa psy qui n’avait de cesse de lui dire qu’elle était dans son droit, qu’il était légitime d’ouvrir son coeur et de s’autoriser à être heureuse à nouveau, même sans Jon. Le refus net et abrupt de Lizzie quant à la simple idée de rencontrer Alan fit presque sursauter Eva’. Quel caractère ! Et que dire en l’entendant évoquer son père à tout bout de champs, comme si cela pouvait le faire revenir. La biologiste sentait l’émotion l’étreindre.

- Elizabeth, ça suffit maintenant. Tu crois que je suis heureuse que ton père ne soit plus là ? Tu crois que j’ai pas prié chaque jour de mon existence pour que ce ne soit qu’un cauchemar ? Mais c’est la réalité, Lizzie, c’est la dure et tragique réalité, ton père est décédé il y a cinq ans, on n’y peut rien, personne n’aurait pu y faire quoi que ce soit. Alors oui tu peux m’en vouloir si tu veux, mais ça ne le ramènera pas et ça ne changera pas ce qui s’est passé. Je sais que tu te plais à me le rappeler à chaque fois qu’on se dispute et qu’on n’est pas d’accord sur quelque chose, mais voilà, c’est ainsi, j’ai mal géré mes émotions lors de la perte de ton père, j’avais peur de t’infliger ma souffrance en plus de celle que tu éprouvais, une enfant de neuf ans n’a pas à voir sa mère dans cet état. Alors maintenant je VEUX QUE TU ARRÊTES DE ME LE RAPPELER !

Evanna détestait s’énerver et sortir de ses gonds ainsi, mais parfois, Elizabeth savait se montrer insupportable. Et l’entendre lui reprocher ça encore et encore lui brisait le coeur et l’énervait au plus haut point. Alors oui, elle avait crié sur sa fille, mais le regretta immédiatement. Elle souffla longuement, fermant les yeux quelques secondes.

- Je n’aurais pas dû crier, excuse-moi. Bien, tu ne veux pas rencontrer Alan, je comprends. C’est trop tôt pour toi, c’est entendu. On en reparlera plus tard, quand tu seras prête.

Eva’ avait le coeur serré. Pourquoi était-ce si difficile, pourquoi la vie ne pouvait-elle pas être simple pour une fois ? Pourquoi ? Les bras rassurants d’Alan lui manquaient. Les mots d’Elizabeth étaient durs, mais Evanna savait qu’elle devait lui rappeler que dans l’histoire, c’était elle la mère et ce n’était pas à sa fille à lui dicter quoi faire.

- S’il te plaît, ne sois pas si catégorique. Prends le temps de la réflexion, ma chérie.

L’un des chats grimpa sur l’accoudoir du canapé et vint se frotter contre l’avant-bras d’Evanna, lui apportant ainsi un peu de réconfort. Elle en avait bien besoin avec tout ce qu’elle se prenait dans les dents de la part de son adolescente aux cheveux couleur de soleil.
 

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Dim 11 Aoû - 20:49


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Elizabeth et Evanna

◊ ◊ ◊


23 février 2019

J’en avais gros. J’avais mal au ventre de tant pleurer mais c’était comme ça, ça devait sortir mais ce que je n’arrivais pas à comprendre, c’est que maman puisse imaginer une seule seconde remplacer papa. Peut-être que ce n’était pas mes affaires, que ça ne devait pas me dérangeait mais c’était quand même une part importante de ma vie si on y réfléchit. Les yeux embués de larmes, Pep’s contre moi, moi lui grattant entre les oreilles, je lève le regard vers ma mère et écoute ce qu’elle me dit. Sursautant, quand elle crie, je me mords la lèvre pour ne pas crier à mon tour.

Papa me manquait atrocement, elle ne pouvait pas le comprendre ça ? Je voulais mon père, je ne voulais que lui. Sur le coup, j’avais presque eu peur, maman pouvait se montrer imposante quand elle était en colère.

« Non, je ne veux pas. »
articulais-je à l’intention de ma mère.

J’étais énervée contre ma mère et surtout je détestais quand elle levait la voix parce que je me savais incapable de parler plus fort qu’elle alors ce n’était peut être pas la meilleure méthode mais je me suis levée du sofa, suivie par Pep’s avant de poser mon regard sur ma mère, séchant mes larmes avec la paume de mes mains.

« J’ai pas envie que notre vie change, c’est tout. » énonçais-je, dure.

L’instant d’après, je grimpais les escaliers, suivie par notre chienne avant de m’enfermer dans ma chambre. Me laissant tomber sur mon lit, je m’empare de mon portable et envoie un texto rapide à Chloé. « Tjr ok pour le cinéma ? » « Comment tu vas v’nir ? » « en voiture. » j’avais besoin de changer d’air, il fallait que je bouge, que je vois d’autres choses et quoi de mieux que le cinéma pour ça. Cependant, nous étions accessoirement dimanche après midi et il n’y a pas de transports en communs ce fameux jour du week end donc le seul moyen, c’était la voiture de ma mère mais vu la dispute, elle ne m’emmènerait clairement pas au ciné. Donc, je devais y aller seule. Après tout, je suis assez grande et j’ai déjà conduit un peu dans des endroits tranquilles alors je devais pouvoir me débrouiller.

Je devais rejoindre Chloé une demi heure plus tard pour la prochaine séance. Aussi, j’avais pris le temps d’enfiler un pull par dessus ma tenue et attendant de ne plus entendre personne dans la maison, j’ai glissé mon portable dans la poche de mon jean, piqué cinq dollars dans le sac de maman et ses clés de voiture laissé sur la table basse. Je ne savais pas où elle était mais en tout cas, elle n’allait pas m’empêcher d’aller voir un film avec ma meilleure amie. L’instant d’après, je regarde Pep’s.

« Chut, sois sage Pep’s, va te coucher dans ton panier. »

La chienne s’exécute et je quitte la maison familiale avant de monter dans la voiture de maman. Je mets le contact et démarre la voiture. J’étais énervée et je crois bien que je ne contrôlais plus vraiment ce que je faisais. Reculant sur la route, je passe la vitesse et accélère. Je gérais plutôt bien, je connaissais la route par coeur, je l’avais pris plusieurs fois avec maman, je connaissais chaque recoins, chaque priorité mais j’ignorais que je prendrais ce virage trop vite. Fonçant dans la virage, la voiture a glissé, tapé une autre voiture et fais des tonneaux. Il est clair que pour le coup, notre vie n’allait plus être comme avant…

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Evanna Porter

Evanna Porter

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Lun 12 Aoû - 1:27


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Elizabeth & Evalan

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Si depuis cinq quand, Eva’ n’avait plus que Lizzie dans sa vie, depuis maintenant presque deux mois, elle avait aussi Alan, et il était d’un soutien sans borne. Cette dispute avec sa fille l’avait vraiment blessée, et alors que l’adolescente s’était levée pour rejoindre sa chambre accompagnée de Pepper le golden retriever, Evanna avait laissé ses larmes couler sur ses joues et était à son tour montée rejoindre sa chambre après avoir récupéré son téléphone sur la table basse, pleurant un bon coup. Elle avait l’impression d’avoir le coeur en miette, elle se sentait démunie et s’empressa d’appeler la seule personne qui savait désormais comment lui parler pour lui faire voir la vie du bon côté. Alan trouvait toujours les mots, il savait toujours quoi dire. Après quelques sonneries, il décrocha.

- Je suis désolée de te déranger, je sais que tu travailles… commença-t-elle d’une petite voix étranglée par les sanglots. Tu sais, j’ai parlé avec Elizabeth, et ça s’est pas bien passé… pas du tout…

S’il y avait quelque chose que la biologiste détestait par-dessus tout, c’était bien de se disputer avec sa fille. Mais pourtant, dans la vie, surtout en famille, il y avait des sujets importants à aborder, et le fait de se remettre avec quelqu’un après cinq ans de célibat et de deuil était un sujet que l’australienne se sentait obligée d’aborder. Presque deux mois qu’elle sortait avec Alan, elle ne devait pas continuer à le cacher à Elizabeth sans quoi cela se retournerait contre elle.

- Elle l’a mal pris, elle me reproche de vouloir remplacer son père. Je suis sure qu’elle dit ça dans l’unique but de me faire de la peine.

Et elle en avait. Jon lui manquait, elle ne pourrait jamais cesser de l’aimer, mais il n’était plus là, depuis cinq longues années, et Eva’ se sentait enfin heureuse avec quelqu’un sans en culpabiliser, du moins jusqu’à ce soir où son adolescente avait tout fait pour. C’était cruel de la part de la jeune fille d’appuyer où ça faisait mal, et Evanna s’en voulait d’être autant touchée par les propos d’une ado en crise.

- Je sais que je devrais pas tenir rigueur de ce genre de bêtise mais c’est plus fort que moi, et la voir pleurer, c’est pire que tout, ça me brise le coeur.

Elle le savait, Alan saurait trouver les mots pour la rassurer, mais Evanna se sentait vraiment idiote de le déranger pendant son service.

- Je suis désolée, j’aurais pas dû t’appeler en plein travail… Tu m’en veux ?

Puis soudain, elle entendit une voiture étrangement proche de la maison démarrer. Avec la lueur des feux de croisement qui sortaient de son allée.

- Attends… souffla-t-elle en se levant de son lit pour se précipiter à la fenêtre.

Malgré la pénombre inhérente à la nuit, la place vide ne trompait personne.

- Elle est partie ! Elle a pris ma voiture et elle est partie !!! Alan ! Il faut que tu viennes me chercher, je t’en prie, viens vite !

Le coeur serré, Evanna raccrocha et dévala les escaliers pour aller enfiler ses chaussures, et aller dehors, même si elle avait bien vu la voiture partir, comme pour s’assurer qu’elle n’avait pas rêvé. Le stress était à son comble. Comment savoir où elle était allée ?
Elle était assise sur le pas de sa porte, son téléphone en mains, lorsque les feux de la voiture d’Alan arrivèrent dans l’allée. Evanna se précipita à sa rencontre, tremblante d’angoisse. Son mari s’était tué en voiture, et voilà que sa fille de quinze ans lui piquait la sienne, prenant le risque d’avoir un accident, à la nuit tombée en plus, un dimanche, jour de retour de week-end...

 

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Alan Murray

Alan Murray

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Lun 12 Aoû - 3:49


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth & Evalan

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Que de chemin parcouru ! Alan en prenait la pleine mesure depuis sa cuisine et en nouant son tablier avant que le service du soir ne commence. Jamais, ô, grand, jamais il n'aurait pu s'imaginer reprendre la cuisine et ouvrir un nouveau restaurant et pourtant il en était là et ça, c'était en partie grâce à une certaine biologiste qui partageait sa vie depuis deux mois. Toutefois, un petit quelque chose, vint enrayer la bonne humeur de l'Écossais. Ce soir, Eva' avait l'intention de mettre un terme à la confidentialité de leur relation et tout dire à son adolescente. C'était courageux et fatalement immanquable au vu de l'ampleur que prenait leur relation. Alan scruta donc son portable, histoire de checker ses sms. De toute évidence, il n'y avait rien à signaler. Il rangea donc le mobile et commença sa mise en place, secondé par son commis. Une heure s'écoula, dans le feu de l'action, en cuisine l'on maintenait la cadence pour faire sortir les plats en temps et en heure. La salle était bondée, fait presque exceptionnel pour un dimanche en début de soirée. « - Je vais m'en griller une. Je vous laisse gérer les petits ! » Tous répondirent « oui chef » en chœur, laissant paraître un sourire sur le visage de l'intéressé, qui sortit par-derrière paquet de cigarettes en main et portable dans l'autre. Il eut à peine le temps de s'allumer un mégot, que son cellulaire se mit à vibrer, laissant paraître sur l'écran, une photo d'Eva'. « - Yep ! Justement, je pensais à toi » Son sourire disparu bien aussitôt lorsqu'il entendit la voix chevrotante de sa petite amie. « - Hey bébé, qu'est-ce qu'il y a ? » Il connaissait déjà la réponse, mais préférait toutefois demander pour laisser la possibilité à la biologiste marine de vider son sac au plus vite, car elle en avait besoin. « - Ev', respire un bon coup avant. Ca va aller, respire ! Qu'est-ce qui s'est passé exactement ? »

Il balança sa cigarette et s'installa sur l'une des chaises à disposition pour écouter avec attention ce qui venait de se passer. « - Non chérie, elle ne veut pas te blesser, j'en suis sûr. Elle est sûrement en colère, c'est tout. Sa réaction est normale, elle a peur et parfois, certaines personnes utilisent la colère comme protection. Et de ton côté, c'est normal que tu réagisses comme ça. Vous avez une relation fusionnelle toutes les deux et c'est ta princesse, ton bébé, c'est normal que ça te fasses mal de la voir comme ça. Tu n'as pas à t'en vouloir, je t'assure. » Il n'avait de cesse de chercher les bons mots pour la rassurer, car cela lui faisait de la peine de la savoir dans cet état alors qu'il n'était pas auprès d'elle. « - Hey, je t'en veux d'avoir posé la question. Je suis en pause cigarette là, donc ça va, ne t'en fais pas et ne t'excuse pas. Tu avais besoin de parler et je suis là, c'est mon rôle. » Un blanc de quelques secondes mit un terme à la conversation « - Ev ? T'es là ? » Elle reprit alors le téléphone en faisant savoir, plus paniquée que jamais, qu'Elizabeth n'était plus là et qu'elle avait en plus, prit la voiture.« - Ok, calme-toi, j'arrive tout de suite ! » Et sans réfléchir, il planta tout le monde et regagna à toute vitesse sa voiture pour prendre la route et retrouver Evanna chez elle. Effectivement, sa voiture n'était plus dans l'allée. Alan quitta aussitôt son SUV et retrouva sa petite amie « - J'ai fait aussi vite que j'ai pu ! Viens, par-là ! » Il l'entraîna vers lui pour la serrer dans ses bras. « - On va la retrouver d'accord ? »


 

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Avec toi,
Je suis le plus heureux des hommes
Tu fais de moi, un homme meilleur
Elizabeth Porter

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Lun 12 Aoû - 10:37


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth & Evalan

◊ ◊ ◊


23 février 2019

J’étais furieuse. J’avais pris la voiture de maman parce que je voulais rejoindre Chloé, je voulais oublier cette dispute en passant du temps avec ma meilleure amie. Mais je n’avais pas pensé au retour de week end et surtout à la nuit qui commençait à tomber. Au moment de l’impact avec la voiture d’en face, les roues avaient déviées et je n’avais pu rien contrôler. J’avais fait plusieurs tonneaux et j’étais tombée dans l’inconscience. Mes jambes étaient coincées par le volant, j’avais du sang qui me coulait sur le visage, mon poignet était brisé et je me souviens cependant juste des premières lumières des pompiers avant de tomber dans les pommes. Je ne sais pas réellement ce qui s’est produit, j’ignore si je venais de vivre un rêve mais je me souviens avoir vu mon père.

« Elizabeth... » j’ouvre les yeux, mon père me sourit. Tout autour de nous est lumineux. Je le prends dans mes bras « Papa. Mais… » « Tu as eu un accident ma petite chérie, tu es dans le coma. » je ne comprenais pas vraiment ce que je vivais « je suis si désolée… » « Ne le soit pas, n’en veux pas à ta mère Elizabeth, elle a le droit d’être heureuse et jamais elle ne m’oubliera, sache le. Ce qui compte, c’est qu’elle soit heureuse. » j’avais tellement de choses à dire à mon père mais j’avais un bourdonnement intense dans les oreilles et j’entendais de moins en moins sa voix « je vais veiller sur vous mais toi, tu dois y retourner. Acceptes le, il rendra ta mère heureuse. Je t’aime ma petite surfeuse. »

Une immense lumière qui m’éblouie et un simple murmure « Papa… »

Les machines captent les battements de mon coeur, mes paupières réagissent mais ne s’ouvrent pas. J’ai la main dans le plâtre et de l’oxygène par le nez. J’ignorais que ma mère et Alan se trouvaient dans ma chambre, auprès de moi. Les pompiers avaient appelés ma mère juste après l’accident pour lui dire qu’ils m’emmenaient à l’hôpital. Quand maman était arrivée, la médecin qui s’étaient occupée de moi lui avait annoncé que suite à l’accident, mon ouïe avait lourdement été touchée et que je ne pourrais plus jamais entendre autre chose que des bourdonnements mais que j’étais en vie et que c’était le plus important. Contre toute attente, je finis par ouvrir doucement les yeux et pose mon regard encore couvert de bleus vers ma mère.

« Ma…man. »
murmurais-je avant de me mettre à pleurer « pardon… »

Et contrairement à ce que j'aurais imaginé, quand j'ai posé mon regard sur Alan, j'ai souris.

 

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Evanna Porter

Evanna Porter

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Mar 13 Aoû - 16:26


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth & Evalan

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23 février 2019

Alan faisait tout ce qu’il pouvait pour rassurer sa petite amie, il lui disait des choses vraies qui lui remontaient le moral, mais ça, c’était avant de constater la fugue d’Elizabeth.
Evanna était en train de ressasser dans tous les sens la conversation, ou plutôt la dispute, qu’elle avait eue avec sa fille, espérant y déceler un indice du lieu potentiel où elle aurait pu aller. Chloé, sa meilleure amie ! En attendant qu’Alan arrive, elle s’empressa d’appeler la mère de Chloé qui lui affirma que sa fille n’était pas chez elle mais que Chloé était sortie pour aller au cinéma. Sans doute que Lizzie l’y aurait rejoint alors ! La famille de Chloé habitait plus près du centre ville et la mère de l’adolescente la laisser aller à pied ou en bus. Les Porter avaient une maison un peu plus retirée.
Enfin Alan arriva, il sortit en trombe de la voiture et Eva’ se jeta dans ses bras, en larmes.

- Merci, merci d’être venu ! Je suis désolée… Je crois qu’elle est partie en centre ville rejoindre sa copine au cinéma…


Ils embarquèrent dans la voiture, pour une fois, Evanna accepta de se faire conduire, elle était bien trop bouleversée pour conduire prudemment, et jamais elle ne risquerait la vie de quelqu’un par sa manière de conduire, elle savait mieux que personne à quel point être en voiture pouvait être dangereux, et c’est bien pour cela qu’elle était dans tous ses états de savoir sa fille au volan alors qu’elle n’avait que quinze ans !
Alors qu’ils avaient fait chou blanc aux abords du cinéma, Evanna n’ayant pas reconnu sa voiture nulle part aux alentours, ils avaient repris la route, cherchant partout où il était envisageable de trouver une ado en fuite, quand soudain, le téléphone de la biologiste sonna, affichant un numéro inconnu. Les mains tremblantes, elle décrocha.

« -Mme Porter ? C’est le service d’urgences de l’hôpital royal de Melbourne. Nous avons rentré une présumée Elizabeth Porter suite à un accident de voiture, c’est bien votre fille ? »

Là, Evanna pâlit d’un seul coup, elle crut que son coeur s’arrêtait de battre. Les traits figés, bouche bée, elle revoyait par flash ce moment terrible où elle avait dû identifier le corps de son mari, complètement tuméfiés par les chocs reçus. Les larmes se mirent à dévaler ses joues de manière incontrôlable.

- Est-ce qu’elle va bien ? demanda-t-elle d’une voix tremblante. Oui c’est ma fille, qu’est-ce qui lui est arrivé ? Dites-moi ?!

Elle devenait presque hystérique et la personne au bout du fil lui demanda de venir au plus vite, que sa fille était au bloc. Eva’ n’arrivait plus à comprendre, plus aucun raisonnement logique ne parvenait à s’effectuer.

« - Nous avons besoin de votre consentement pour... »

- OUI oui faites tout ce qu’il faut, sauvez-la !!!

La conversation s’arrêta, l’Australienne tremblait de partout.

- Elle est au royal hospital. Alan …

Elle éclata en sanglots, incapable de se retenir plus longtemps.

Ils arrivèrent finalement sur place. Là, le chirurgien qui s’était occupé d’Elizabeth vint lui parler, lui dire que sa fille était tirée d’affaire mais qu’il y avait de fortes chances, au vu des chocs reçus à la tête, qu’elle ait perdu l’ouïe. Eva’ regardait le médecin les yeux écarquillés, secouant la tête. C’était impossible, pas sa fille… Pourquoi elle ? Un sentiment de culpabilité l’assaillit aussitôt. Le médecin accepta de les conduire, elle et Alan, dans la chambre de l’adolescente où celle-ci émergeraient bientôt.

Elle est en vie, c’est tout ce qui compte…

C’était ce que la biologiste se répétait. A présent assise au chevet de sa fille, elle lui tenait la main qu’elle caressait de son pouce. La maman observait sa fille, la couvant d’amour par son regard. Le visage de la blondinette était couvert de bleus et de petites plaies, un bandage entourait sa tête couvant ses oreilles. Eva’ avait bien du mal à retenir ses larmes, mais son bébé était en vie, c’était le plus important. Soudain, l’adolescente ouvrit les yeux et Evanna sentit son coeur faire un bond.

- Mon bébé… souffla-t-elle en s’approchant pour la prendre délicatement dans ses bras. Ça va aller mon coeur.

Elle lui caressait les cheveux avec tendresse, retenant à son tour ses larmes.

- Ne pleure pas mon ange.

Elle avait oublié l’espace d’un instant que Lizzie n’entendait probablement pas. Elle se détacha d’elle pour lui faire face et essuya ses larmes de son pouce, tachant de le pas lui faire mal.

- Ne pleure pas, dit-elle en articulant bien pour qu’elle puisse lire sur les lèvres. Je t’aime, ma chérie.

 

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Alan Murray

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J'ai posté : 61 messages pour un total de : 59 printemps. Actuellement je vis à : Ca dépend des jours où je suis : Ancien chef étoilé, propriétaire et gérant du Big Apple (un pub) et du O Tartan (un resto)
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Aujourd'hui à 2:34


La surdité ne m'a jamais arrêtée

Elizabeth & Evalan

◊ ◊ ◊


23 février 2019

Il n'avait pas réfléchi une seule seconde en plantant tout le monde, mais savait qu'il avait un personnel assez compétent pour se débrouiller sans lui. Le O Tartan devrait donc faire sans son chef pour ce soir. Voilà qu'à présent le cœur de l'Écossais cognait ardemment contre sa poitrine, quelque chose venait de se passer et Eva' avait besoin de lui. Il devait donc garder la tête froide pour deux. Son portable allumé, il fixait de temps en temps l'écran pour s'enquérir de la situation avant de finalement regagner la rue, puis l'allée devant laquelle il se gara en catimini pour y retrouver sa petite amie et la serrait aussitôt dans ses bras pour la rassurer. « - Non, pas d'excuses, c'est normal que je sois là. Aller, on ne va pas traîner, on embarque ! Le cinéma n'est pas très loin, à vol d'oiseau, avec un peu de chance, on va pouvoir rapidement retrouver ta fille. » Il glissa sa main dans la sienne « - On va la retrouver d'accord ! » Puis reprit la route, plus concentré que jamais et pour cause, c'était la première fois que la biologiste acceptée d'être conduite. « - Siri, envoie un message à Tina » Le téléphone s'activa aussitôt attendant les instructions de son propriétaire « - Gère le service avec Andrew. Je ne pourrais pas revenir. Merci beaucoup. Envoyé ! » Le mobile se chargea du reste. Ils prirent de ce fait, la direction du centre-ville avant d'enfin arriver au cinéma où Lizzie n'était pas. Sans rien ajouter, le chef Murray reprit la route. Lui-même était légèrement tendu et se sentait quelque part un peu responsable de la situation. Il préféra malgré tout taire sa culpabilité, car ce n'était pas le moment de faire entendre ses états- d'âme. Il devait rester disponible et en alerte, chaque détail pouvait avoir son importance. Et alors que l'imposant SUV reprenait la route en direction de la plage, le portable d'Evanna se mit à vibrer. Alan serra la mâchoire, priant, quiconque voulait l'entendre, pour qu'enfin une bonne nouvelle parvienne aux oreilles de sa petite-amie qu'il ne supportait pas de voir dans un tel état d'impuissance.

« Parfois, il suffit d'un mot, d'un geste pour que tout ce que vous avez cherché à oublier, vous revienne en pleine gueule. Mon cœur, une fois encore, a raté un battement et les larmes qui dévalaient les joues d'Eva, me rappelaient celles qui n'étaient pas coulées au moment du coup de téléphone fatidique. Tout me revenait en mémoire, comme si j'y étais encore, comme si je revivais à nouveau la mort de ma femme. » Il n'avait pas le droit de faillir, pas maintenant, pas ici, pas comme ça. Eva venait d'apprendre que Lizzie était à l'hôpital, s'en était trop pour elle. La main de son Écossais enserra donc plus fort la sienne avant qu'il ne prenne sans attendre la direction de l'hôpital où ils retrouvèrent rapidement le médecin en charge de la jeune adolescente. La main, toujours fermement agrippée dans celle de sa petite amie, Alan accepta de suivre, sans dire un mot pour l'instant. Que pouvait-il ajouter de plus ? De quel droit ? Il était déjà bien assez mal comme ça et le fut encore plus lorsqu'il pénétra la chambre allouée à la jeune fille. Les deux adultes prirent place aussitôt, Alan resta toutefois légèrement en retrait pour laisser de l'espace à Evanna et à sa fille d'autant plus que cette dernière émergée doucement au grand soulagement de l'Écossais qui l'espace d'un instant, cru voir Lizzie lui sourire. « - Je vais me prendre un café. Je rapporte quelque chose ! » C'était surtout son excuse pour laisser les deux femmes seules.



 

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